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Documentaire : mondialisation et élevage porcin en Roumanie (vidéo)

Il s’agit d’une série de reportages de La Chaîne Parlementaire (LCP). Nous vous parlons ici de l’épisode intitulé « Roumanie : éleveurs porcins à terre ». A voir en entier ci-dessous.
Il est consacré au géant agroalimentaire américain Smithfield Food (détenteur d’Aoste, Justin Bridou, Cochonou, ce qui en fait le premier producteur de charcuterie européen), spécialisé dans le porc, qui s’est installe en Roumanie en 2004. L’émission fait le bilan de son activité, huit ans après.

Quelques chiffres édifiants :

  • 4 salariés pour gérer 8000 bêtes
  • 600 bêtes abattues par heure, à 6 mois de maturité
  • Au premier semestre 2012, Smithfield a importé 1400 tonnes de porc en France (porc nourri au soja OGM) sans la moindre traçabilité
  • La multinationale Smithfield a touché 823 000€ de subventions agricoles de la PAC, et quelques millions d’euros du gouvernement roumain, bien qu’ils ne respectent pas la réglementation européenne en matière de distance minimale entre le village et les halles à cochons
  • 60% des pruniers, 90% des cerisiers et pommiers de l’exploitation biologique voisine sont morts du fait de la pollution des sols engendrée par les déjections porcines
  • Smithfield a écopé d’une amende de 9,4millions d’euros aux Etats-Unis, berceau du groupe, et d’une amende de quelques milliers d’euros seulement en Roumanie…

Voici le résumé qu’en fait Télérama :

Pour l’ogre Smithfield, tout est bon dans le cochon roumain. En débarquant en 2004 du côté de Bucarest, le géant mondial du secteur, propriétaire des marques Cochonou, Justin Bridou, Aoste ou Jean Caby, avait de quoi se lécher les babines. Un pays traditionnellement producteur de porc, des fermes, des abattoirs et un réseau de distribution à vendre une bouchée de pain, des salariés low cost, des aides publiques en guise de bienvenue… Moins de dix ans plus tard, le king du cochon règne sans partage sur le marché roumain, assurant 75 % de la production nationale, tandis que les petits producteurs sont exsangues : leur nombre est passé de 470 000 à 50 000 en quatre ans.

C’est une fable amère de la mondialisation, l’ogre dévorant les petits cochons, que narre cette courte mais édifiante enquête. Avec ses porcs hybrides à la croissance express, nourris au soja OGM, ses fermes mécanisées où quatre ouvriers gèrent l’ordinaire de 8 000 bêtes, le géant impose la mécanique infernale de l’élevage intensif face à des éleveurs locaux qui peinent à s’adapter aux normes sanitaires européennes et ne peuvent s’aligner sur des tarifs imbattables. S’ils ne profitent guère de l’activité florissante de Smithfield, les habitants des villages subissent les effets collatéraux en ouvrant leur robinet, dont l’eau est gravement polluée aux nitrites. Appétit prédateur de l’agroalimentaire, dommages écologiques, traçabilité toujours plus floue (au premier semestre, Smithfield a exporté vers la France 1 400 tonnes de porc, sans plus de précision) : cette histoire cochonne dit beaucoup de son époque.

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A propos de Lili Gondawa

Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je milite auprès d'Animal Amnistie, association toulousaine en faveur des droits des animaux.
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