Hollande et le chameau, Mitterrand et l’éléphant

On ne cesse de l’entendre : François Hollande vient de se voir offrir un chameau par les autorités de Tombouctou.
En réalité, il s’agirait d’un bébé dromadaire. Et l’animal fait polémique car il aurait été volé à son propriétaire.

En réalité, la petite bête appartenait à un agriculteur dont la maison a été détruite par les bombardements français lors de l’attaque de Tombouctou, et qui vit maintenant dans un camp de réfugiés.

mongolie-039-portrait-chameau-big[1]Quoi qu’il en soit, ce dromadaire ne quittera pas son pays natal. Le président n’a pas souhaité l’emporter dans ses bagages en raison, dit-il, de la rigueur du climat en France.
On peut saluer cette sage initiative, alors que la plupart de ces prédécesseurs n’ont pas eu cette présence d’esprit.

On a longtemps offert aux chefs d’Etat des animaux sauvages en guise de cadeaux diplomatiques.  Ces animaux-cadeaux (ou leur descendance) se visitent au parc zoologique de Vincennes, à la ménagerie du Jardin des plantes ou à la galerie du Muséum.
Heureusement, cette tradition est désormais révolue.

Voici la liste des animaux sauvages offerts par le passé : dromadaires du Tchad, bisons d’Europe, oryx de Djibouti, ours malais, lions, zèbres, singes, perroquets, cercopithèques, gazelles, tortues, singe, python, girafes et éléphants.

Kaveri, un éléphant du PS

De tous les animaux passés des chefs africains à ceux des chefs blancs, Charles de Gaulle détient la palme des offrandes d’animaux sauvages.
Mais le plus connu est un éléphant d’Asie, offert à François Mitterrand par le Premier ministre de l’Inde en 1985 (Kaveri l’éléphante a survécu à Mitterrand et est toujours en vie). A peine sevrée, cette jeune éléphante fut présentée aux Parisiens du haut du premier étage de la tour Eiffel.
Quelle drôle d’idée…

On s’en doute, certains animaux n’ont pas survécu à leurs conditions de détention, ou à leur déracinement.
C’est le cas d’un couple de tigres du Bengale et mort au zoo de Vincennes, mais aussi des deux oryx mâles du Tchad et du panda chinois Li-Li, tous offert à Georges Pompidou.
Valéry Giscard d’Estaing reçut pour sa part un adorable lionceau âgé de deux mois des mains du président de la République du Mali : arrivé à Vincennes, l’animal s’ennuya à mourir et succomba dans l’année.

Logo de la CITES
Logo de la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species)

Depuis 1973, date de la convention de Washington (dite aussi CITES), ces traditions d’un autre âge ne se pratiquent plus. La convention de Washington a largement restreint le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, et a été ratifiée par la France.
L’action sur le terrain d’ONG comme le WWF a également attiré l’attention sur la conservation des espèces naturelles dans leur milieu.

Aujourd’hui, dans les ménageries, on obéit à des programmes très stricts et scientifiques. Plus question d’accepter par exemple des tigres blancs, comme il en a déjà été question (Indira Ghandi voulait faire don d’un couple à la France).

On ne peut que s’en féliciter.

Pour assister à la remise du petit dromadaire au président François Hollande :

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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