Nietzsche et les animaux

Extrait de l’excellent ouvrage La planète des sages – Encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies, par Charles Pépin, illustré par Jul, que je ne saurais trop vous recommander…

La plupart des philosophes occidentaux (Platon, Descartes, Kant…) ont défini avec arrogance un « propre de l’homme » : sa supériorité sur l’animal. Pas Nietzsche. Sous sa plume, l’homme est parfois inférieur à l’animal, capable, lui, de vivre pleinement le présent. L’homme est souvent présenté comme un animal malade, amoindri par de mauvais instincts. Sa « philosophie de la vie » rend Nietzsche sensible à l’énigme de la vie animale, si loin et en même temps si proche de nous. Il aurait pu écrire cette magnifique phrase d’Hölderlin : « qui aime le plus vivant pense le plus profond. » Entre les bêtes et nous, Nietzche ne voit qu’une différence de degrés, non de nature. Un matin de 1888, il se jettera aux pieds d’un cheval fouetté par son cocher, dans un accès de folie dont il ne se relèvera pas.

L’anecdote du cheval est véridique : le 3 janvier 1889, à Turin, Nietzsche se précipite sur un cheval sévèrement battu par son cocher, lui fait un bouclier de son corps, l’enlace et s’effondre en larmes. Cet incident achève de lui faire perdre la raison, et Nietzche est interné. Jusqu’à sa mort en 1900, il ne reconnaîtra plus ses proches.

Bergson disait : « J’ai invariablement soutenu que la vie d’un philosophe ne jette aucune lumière sur sa doctrine. » En protégeant ce cheval maltraité, Nietzsche, quant à lui, a eu un ultime geste fort, en adéquation avec sa doctrine.
En devenant vegans, n’est-ce pas aussi ce que nous recherchons, une vie en cohérence avec nos convictions ?

Cheval 3

>> La planète des sages, éditions Dargaud

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.
  • Pierre Limouzin

    C’est toute la différence fondamentale à mes yeux, entre la philosophie dite « moderne » et celles des Grecs anciens. Ces derniers s’appliquaient à pratiquer au quotidien les principes qu’ils évoquaient.
    Les véganes sont les dignes représentants de nos ancêtres culturels, les philosophes de la Grèce antique ! C’est un véritable renouveau sociétal, comportemental, voir politique où les convictions ne sont pas que des représentations, mais aussi et surtout des actes du quotidien !

  • Pingback: Le Soixante 5, table végé()

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