Nouveau plan loup en France : mauvaises surprises

Le gouvernement français, en pleine déconfiture dans l’affaire des ours pyrénéens, vient de présenter son plan loup pour les cinq années à venir.
Il comprend :

  • davantage de prélèvements (euphémisme pour un abattage facilité des loups),
  • un système d’indemnisation simplifié,
  • des loups « éduqués » à rester dans les zones autorisées.

Sur ces deux derniers points, j’ai lu avec intérêt l’avis de Pierre Jouventin : directeur de recherche au CNRS et spécialiste en écologie comportementale, il a aussi écrit un livre qui retrace une expérience très particulière… En 1975, il accepte d’adopter un louveteau nouveau-né, que le zoo de Montpellier s’apprête à sacrifier. Il fait figure de spécialiste du loup, à titre professionnel autant que personnel.

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Des abattages facilités

Le nombre de « prélèvements » autorisés sera désormais indexé sur la croissance de l’espèce, de manière à augmenter le nombre maximal de prédateurs pouvant être abattus chaque année.

 

Des indemnisations tous azimuts, cadeaux aux éleveurs

Pierre Jouventin n’hésite pas à dénoncer l’intérêt de la profession à désigner un coupable :

« Quand on vous dit qu’il y a tant d’attaques, il n’y a pas de preuve. C’est très difficile de savoir si c’est un loup ou des chiens errants. Mais les éleveurs doublent leur revenus grâce aux loups. S’ils racontent que c’est un chien, ils ne touchent rien. »

L’an passé, les indemnisations versé aux éleveurs ont été de deux millions d’euros.

billets-eurosElles vont augmenter. Désormais, les sommes versées incluront les pertes indirectes dues au stress des bêtes (avortements, moindre prise de poids, diminution de la lactation…) On peut se demander comment prouver tout ceci, alors qu’en 2012 il n’était déjà pas possible de prouver la responsabilité lupine dans la mort de quelque bête que ce soit… La quasi-totalité (93%) de ces indemnisations avaient été versées sur la conclusion suivante : « cause de mortalité liée à une prédation, responsabilité du loup non exclue ».

Punir les loups indélicats

Delphine Batho, notre ministre de l’écologie, a des idées bien à elle sur le comportement des animaux sauvages. Elle a en effet décidé qu’il faudrait attraper les loups coupables d’attaques de troupeau, et de les relâcher plus loin pour les « éduquer » (c’est le terme officiel) à ne plus le faire…

Pour convaincre, on nous parle d’une « mesure alternative » fort moderne, et de la « plasticité comportementale » du loup.
Pourtant, pour Pierre Jouventin, c’est « n’importe quoi« , « pas sérieux » ou encore « idiot » !

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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