« Porcelain » de Moby : autobiographie déglinguée d’un vegan mélomane

Profitons de notre article sur les vœux de Saint-Valentin de Moby — musicien vegan et plus engagé que jamais en ce jour des amoureux — pour vous parler enfin de son autobiographie, qui vient de paraître en poche aux éditions Le Point.

Porcelain, du nom de l’un de ses plus grands tubes (une mélodie poignante qui incite à la mélancolie), est une autobiographie de l’artiste, auteur-compositeur-interprète de musique électronique, militant de la cause animale, mais aussi photographe plus méconnu, et féru d’architecture.

Moby en 2009 (DJ set à Copenhague)

Porcelain

Après un prologue consacré à une brève scène de l’enfance de Moby, nous voilà à New York dans les années 1990. Richard Melville Hall (qui n’est pas encore Moby, mais est déjà vegan) compose des morceaux électroniques dans un petit appartement sans eau courante d’une usine désaffectée. Il vend ses cassettes la nuit pour quelques dollars. Quand un célèbre club, le Mars, le prend à l’essai, il croise le chemin de Madonna, David Bowie, Patti Smith ou Jeff Buckley.

Nous ne pouvons que vous recommander chaudement ce portrait de la scène musicale new-yorkaise — y compris underground — sorti tout droit des nineties, dont le chapitre deux s’intitule « Cookies véganes« , et qui est magnifiquement écrit, du niveau littéraire d’un Russel Banks par exemple.

Persévérance et anticonformisme : voici ce qui définit Moby en tant qu’artiste. L’humanité, la compassion et l’éthique animale font partie de l’homme, comme on peut le voir dans ce qu’il affiche et partage sur les réseaux sociaux.
En 1996, le quatrième album de Moby s’intitulait déjà Animal Rights

« Quand j’avais 13 ans, j’ai gagné 2,50$ en ratissant toutes les feuilles des voisins, juste assez pour m’offrir une nouvelle cassette de David Bowie ». Photo visible sur le compte Facebook de l’artiste.

Extrait

«

Les coqs la bouclaient à sept heures du matin, enfin.
Je vivais dans une usine désaffectée, à deux kilomètres au sud de la gare de Stamford, où quatre types de bruits revenaient sans cesse.
1. Des coups de feu. Les dealers de crack se tiraient dessus régulièrement, en général après le coucher du soleil.
2. Du gospel sur ampli. Chaque week-end, d’immenses chapiteaux étaient installés devant l’entrée des églises dominicaine et jamaïcaine pour essayer de faire fuir les dealers de crack du quartier.
3. Public Ennemy. Ou EMPD. Ou Rob Base et DJ E-Z Rock. Tous les quarts d’heure, une voiture passait en jouant Fight the Power ou It Takes Two à un volume qui faisait trembler mon minifour.
4. Les coqs. Tous les gens qui vivaient en face de l’église abandonnée avaient des coqs dans leur jardin. Les gallinacées commençaient à hurler cocorico vers quatre heures du matin, pile à l’heure où j’allais me coucher. J’avais une vieille radio près de mon lit que je réglais sur une « non-station » quand je voulais dormir. Malheureusement la friture couvrait à peine les variations staccato matutinales des coqs dopés à la testostérone de l’autre côté de la rue.

 »

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A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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