Transformation de l’animal en viande (2ème partie)

La suite de mes réflexions induites par ces deux cases de Tintin où la vache devient comme par magie de la viande industrielle.

J’ai lu récemment l’article écrit par un enseignant-chercheur en psychologie sociale, qui s’interroge sur le lien (pas si évident) entre animal et matière carnée.

Tintin corned-beef
Et la vache (tout juste un peu contrariée)
devint saucisses.

Voici ce qu’il dit :

Lorsqu’on y réfléchit quelque peu, il y a plein de raisons de s’abstenir de manger de la viande au-delà du plaisir que cela nous procure. (…) Et pourtant, même informés de ces éléments, la plupart d’entre nous (votre serviteur inclus) continuons à consommer de la viande. Les omnivores que nous sommes sont-ils donc profondément immoraux ? Nous avons en fait mis en oeuvre  plusieurs stratégies pour faire face au dilemme que pose la consommation de viande. L’une, culturelle, consiste à psychologiquement dissocier la viande de l’animal dont elle provient.

Ceci m’a toujours profondément étonnée : même avec beaucoup de mauvaise foi ou d’auto-aveuglement, comment ignorer que la côtelette dans son assiette provint d’un agneau qui s’est promené sur ses quatre pattes ?
Je ne suis donc pas vraiment d’accord avec l’auteur : impossible de « dissocier la viande de l’animal dont elle provient » !
Pour preuve formelle, ce nombre incroyable de boucheries et traiteurs qui proposent comme visuel des animaux, certains joyeux, d’autres visiblement masochistes (jugez plutôt) :

Face à cette interrogation de toujours (les carnistes peuvent-ils vraiment s’illusionner ?), c’est Tintin qui m’a donné la réponse.
Ma théorie, c’est que les consommateurs de viande n’ignorent rien du fait que c’est un animal mort dans leur assiette. Ce qu’ils se cachent à eux-même, ce qu’ils ne veulent pas voir, c’est juste l’instant de la mort, le processus.
Dans la tête d’un carniste, c’est la vision de Tintin en Amérique qui s’impose : tout se passe comme si l’animal rentrait dans une grande boîte magique. Après un tour de passe-passe, l’animal ressort mort, viande, saucisse.
Et l’idée de consommer sa chair en devient supportable.

***

Pour ceux qui préfèrent rire des publicités carnistes définitivement perverses, le site Suicidefood rassemble une bonne collection de ces perles.

 

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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