Un philosophe végétalien : Thomas Lepeltier.

Thomas Lepeltier est philosophe et historien des sciences. Il a publié un article dans la revue Sciences humaines du mois de décembre, intitulé « Faut-il encore manger de la viande ? », qui a été très remarqué.

Questionner pour mieux convaincre

Le titre évoque irrésistiblement l’ouvrage « Faut-il manger les animaux ? » de Jonathan Safran Foer. Dans les deux cas, la formulation sous forme de question relève de la méthode socratique : poser une question puis guider son interlocuteur, sans lui fournir la réponse, vers la seule qui s’impose…

C’est tout-à-fait ce que dit Thomas Lepeltier lorsqu’il explique pourquoi il ne considère pas cet article comme militant :

Un militant de la cause animale est une personne qui entreprend des actions en faveur de cette cause. Un article militant inviterait donc les lecteurs à agir, ce qui est une très bonne chose mais n’était pas mon propos. Je n’ai fait que décrire une situation et développer une argumentation logique. Si mon article donne l’impression à de nombreux lecteurs qu’il est militant, c’est probablement qu’ils ressentent que la situation décrite et les arguments présentés appellent d’eux-mêmes un changement d’attitude en faveur du végétarisme. Mais ce n’est pas l’article qui le demande explicitement. Cette conclusion doit s’imposer d’elle-même au lecteur. Développer une argumentation rationnelle n’est pas faire du militantisme.

Pour entendre Thomas Lepeltier défendre le végétalisme

thomas-lepeltierA l’époque de la parution de « Faut-il encore manger de la viande ? », Thomas Lepeltier est passé sur France Inter dans l’émission La tête au carré pour débattre du végétalisme, en compagnie de Fabrice Nicolino (auteur de « Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde » ), et de Jean Michel Lecerf, nutritionniste. L’émission peut être écoutée ici.

 

Son parcours

Sur internet, voici commet Thomas Lepeltier retrace son cheminement vers le végétalisme :
J’ai été amené au végétarisme puis au végétalisme assez récemment suite à différentes lectures, notamment « Un Eternel Treblinka » . Poursuivant mes lectures sur l’éthique animale, je me suis rendu compte que le végétalisme était la seule position cohérente en ce qui concerne notre relation avec les animaux.
Jérome Bosch, "le jardin des délices" (détail)
Jérome Bosch, « le jardin des délices » (détail)

Une analyse très sombre du sort réservé aux animaux dans nos sociétés humaines…

Notre rapport aux animaux a été très peu ou très mal pensé par les philosophes. À quelques exceptions près, il faut attendre la seconde moitié du vingtième siècle pour voir des philosophes essayer de définir une position cohérente vis-à-vis des animaux. Tristement, cette réflexion, qui relève de l’éthique animale, est absente en France.
(…) La cruauté envers les animaux est constitutive de notre civilisation.

… mais beaucoup d’optimisme quant à l’avenir du véganisme

Depuis le dix-neuvième siècle, le malaise face à la souffrance des animaux va croissant. Il y a de plus en plus de lois protectrices des animaux et, à différents niveaux de la société, le bien-être des animaux est mieux pris en compte. En même temps, jamais la condition des animaux de rente n’a été aussi abominable. Ce paradoxe n’est possible que parce qu’on ne voit pas dans quelles conditions effroyables ils sont élevés et abattus. Je dirais même que l’on fait tout pour ne pas le voir. Mais je ne pense pas que cela puisse continuer longtemps. Viendra un jour où nous devrons nous mettre en accord avec nous-mêmes.

Comment aider les animaux ?

Les carnivores ne veulent pas savoir ce qui se passe dans les élevages et les abattoirs, une véritable hypocrisie de leur part. « Ne me parlez pas de vos histoires d’abattoirs, répètent-ils, vous allez gâcher mon repas! ». La première chose à faire est donc d‘informer. Il faut forcer la société à regarder ce qui se fait en son nom dans les élevages et les abattoirs. Ensuite, il faut agir au niveau législatif, faire pression sur les hommes et les femmes politiques pour qu’ils adoptent un système législatif cohérent. Enfin, il faut montrer que l’on peut très bien manger et très bien vivre en étant végétalien. Le végétalisme souffre en effet d’une mauvaise image, propagée par des carnivores de mauvaise foi.

Thomas LepeltierPour en savoir plus

Ajoutons pour finir que Thomas Lepeltier tient également un site passionnant où il chronique, avec toute sa sagacité d’historien, des ouvrages dont la plupart traitent de l’animal.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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