180km de vélo avec Mathieu (triathlete vegan), ironman de cologne

Entretien avec Mathieu Herault, triathlète vegan

En 2012 Mathieu termine l’ironman de Cologne en moins de 10h. Nous avons eu la chance d’interviewer ce triathlète végan aussi humble que doué. Preuve en est, moins de 3h sur un marathon et moins de 10h pour un ironman, c’est impressionnant !

Mais qu’est-ce qu’un triathlon, et un ironman?

Le triathlon est une discipline sportive commençant par la natation, suivie par du vélo et terminée par de la course à pied. Notre athlète végétalien, Mathieu, est spécialisé dans les longues distances, son épreuve préférée est donc l’ironman.

Un ironman c’est 3,8km de natation, 180km de vélo, et 42,195km (un marathon, donc) de course à pied. Il a réussi en 2012 à passer sous les 10h de course lors de son ironman à Cologne (Allemagne).

Salut Mathieu, peux-tu te présenter brièvement auprès des lecteurs?

Salut, alors j’ai 36 ans, célibataire sans enfant, végétalien, et j’ai deux passions : la musique et le triathlon. De la première j’ai fait mon métier puisque je suis programmateur dans une salle de concert ; de la seconde j’ai fait « my way of life » .

Les 3,8km de natation sont terminées, il ne reste plus que 180km de vélo et un marathon
Les 3,8km de natation sont terminés, il ne reste plus à Mathieu que 180km de vélo et un marathon!

 Depuis combien de temps pratiques-tu le triathlon?

En fait ça s’est fait en deux temps, j’ai pratiqué le triple effort à mon adolescence entre 1993 et 1996, Ce sport est complètement addictif, c'est d'ailleurs avant tout un style de vie.

puis j’ai complètement arrêté le sport pendant une douzaine d’années, période d’activisme musical avec ses excès. J’ai repris doucement le vélo en 2007 pour m’aider à arrêter la cigarette et en 2008 je resignais dans un club de triathlon. Ce sport est complètement addictif, c’est d’ailleurs avant tout un style de vie.

Tu étais végétarien/végétalien quand tu as commencé le sport?

J’ai commencé le sport comme tout un chacun étant enfant mais j’ai pu faire le choix du végétarisme seulement à ma majorité, mes parents étant à l’époque un peu effrayés par ce régime. Depuis ils ont bien changé leur point de vue, force est de reconnaître que ça n’influe en rien sur l’état de santé ou des capacités physiologiques à partir du moment où on sait équilibrer son alimentation. Je ne suis en revanche végétalien que depuis fin 2011, je ne suis aucun dogme, il m’a fallu du temps pour faire le cheminement par moi-même. Depuis je me sens en phase avec mes aspirations et mon environnement.

Quels sont les résultats dont tu es le plus fier?

Bien que loin d’être exceptionnel, faire 2H58’06 sur marathon ou 9H57 sur Ironman a été pour moi un bonheur, mais le plaisir a surtout tenu dans le fait que ces temps se sont faits dans un état de félicité et de grâce fantastiques, j’ai réellement sironman sous 10h marathon sous 3h végétalien vegan triathlonavouré les heures passées entre la ligne de départ et d’arrivée. Ce dont je suis le plus fier c’est de ma saison 2011 qui m’a prouvé que j’étais sportivement capable de faire des chronos ou des places pas mal, ça a réellement été une découverte, et ça je le dois à mon coach Bertrand Cochard. C’est un honneur de le côtoyer car c’est un champion, même s’il a horreur que j’aie cette attitude de groupie avec lui. Et puis je suis également heureux de voir la fierté dans les yeux de mon père, 65 ans, lui aussi triathlète, mais depuis 3 ans seulement, un novice !

Quelles sont tes sources principales de protéines?

En fait au quotidien je ne me pose pas vraiment de question. Bien que je sois bien sûr un peu plus vigilant en période chargée. Légumineuses, céréales et simili carnés : burger de millet, boulgour, quinoa, épeautre, etc mais aussi panisses, seitan, etc. Je suis un peu las de cette inquiétude populaire quant aux sacro-saintes protéines, après tout le végétalien n’est pas plus lésé qu’un autre sportif à ce niveau là. Et puis j’accorde beaucoup d’importance à la spiruline, ses acides aminés, les fameux BCAA, sont essentiels à la construction et reconstruction musculaire, donc à l’assimilation de l’entraînement et à la récupération.

Je suis un peu las de cette inquiétude populaire quant aux sacro-saintes protéines, après tout le végétalien n’est pas plus lésé qu’un autre sportif à ce niveau là. Non ce sur quoi il faut être très vigilant c’est le fer, la B12, la B9, la D, les acides gras essentiels, etc. Car là ça influe de façon impressionnante sur la performance, je ne parle pas de dopage, juste d’avoir des taux dans les normes. Ces éléments sont de véritables petits trésors dont il faut prendre grand soin, car on les malmène avec une telle pratique sportive. Donc je supplée avec de la Veg1 et du fer d’origine végétal.

Pourquoi as-tu arrêté le soja? et par quoi le remplaces-tu?

Début 2012 avec seulement quelques mois de végétalisme derrière moi, je consommais du soja à outrance, une bête peur d’être en carence protéique. Mi-mars des symptômes de surentraînement sont arrivés : baisse des chronos, de la motivation, du moral. Mes volumes et intensité d’entrainement n’étaient pourtant pas plus importants qu’à la normale, on n’avait pas encore commencé à « charger le plan ». Je vous passe les détails des recherches qui ont duré un bon trimestre, mais mes conclusions ont mis en cause ma consommation de soja. J’en ai abusé et suis devenu très sensible à ses iso-flavonoïdes. La première partie de saison était d’ores et déjà fichue.

30 juin 2012: finale sud championnats de France 3ème division
30 juin 2012: finale sud championnats de France 3ème division

Après deux mois de sevrage, les analyses de sang sont revenues à la normale. Il s’avère que je suis désormais non pas allergique mais intolérant. Donc j’évite au maximum d’en consommer. Bon, après si y’a un bout de chocolat qui traîne…

Quel est ton plat préféré?

Tout ce qui a du sucre ! Et puis j’aime vraiment tout, je suis un grand fan de légumes. Malheureusement avec mon planning professionnel et sportif il ne me reste vraiment pas de temps pour cuisiner, donc je ne prépare que des choses simples, genre des salades, des sautés de légumes, et bien sûr la base : riz et pâtes sans lesquels un sportif d’endurance n’irait pas loin. Mais mon péché mignon entre tout, ce sont les cœurs de palmiers, je peux en avaler des boîtes !

Quels sont tes objectifs dans les années qui viennent?

Je vais prendre un petit détour pour répondre à cette question. J’étais nageur étant petit, un jour un grand du club est arrivé à la piscine avec schampionnat monde ironman kona triathlon veganon vélo de course : derrière la selle duquel était fixé un double porte bidon, un des symboles du triathlon. Il m’a alors dit avoir participé à un tri, très impressionné, à partir de ce jour je suis tombé dans la culture triathlétique grâce aux magazines et rares reportages TV. Assez vite le mythe d’Hawaï s’est fixé dans mon esprit, des années avant de participer à mon premier triathlon.
Donc voilà, mon ambition est d’un jour réaliser mon rêve de gosse de me qualifier, puis de participer aux championnats du monde distance ironman à Kona. Mais il y a encore beaucoup de boulot.

Un grand merci à Mathieu pour cet entretien, vous pourrez le retrouver bientôt dans de nouveaux articles sportifs et 100% végans!

 

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien, grand fan de Morrissey, et actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement d'images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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