A quoi pensent les poissons ? Un incroyable récit scientifique.

Jonathan Balcombe est biologiste et éthologue. Son dernier essai expose une fois pour toutes les capacités mentales, sentimentales, les vies sociales et familiales de ces êtres à sang froid : les poissons.

Faites l’expérience : commencez à taper, dans la barre de recherche de votre navigateur, “à quoi pensent les p…” : nul doute que les mots-clefs “à quoi pensent les plantes” apparaîtront en premier.
Or, si les plantes ne pensent à rien (faute d’un quelconque système nerveux), les poissons, eux, sont capables de jouer, stresser, explorer, se reconnaître, se dominer, s’entraider…

C’est ce que démontre avec grand talent cet émouvant ouvrage, fort de 431 références bibliographiques (en quasi-totalité, des études publiées dans des revues scientifiques). Scientifiquement implacable, l’ouvrage de Joanthan Belcombe a eu l’heur de plaire au journal The Times… comme au Dalaï Lama1 !

Quelques faits pour vous donner envie d’en savoir plus :

    • Comme chez les humains, le rôle de l’odorat dans l’attraction sexuelle est fort chez les poissons.
    • La méthode la plus ingénieuse qu’ont trouvé les poissons pour protéger leurs rejetons lorsqu’ils sont encore tout petits et vulnérables, c’est de les transporter dans leur bouche.
    • Sur terre, l’essentiel des tâches parentales incombe généralement aux mères, mais chez les poissons, les rôles sont inversés.
    • Il est fréquent, chez de nombreuses espèces de poissons, de voir des mâles sans progéniture aider un couple à élever ses petits.
    • Dans les bancs de guppys, comme chez bien d’autres espèces ichtyennes, les hiérarchies exigent la reconnaissance individuelle et la conscience du rang des uns par rapport aux autres.
Guppys
    • Placés aux milieu de congénères inconnus, les guppys apprennent à reconnaître au moins quinze d’entre eux en une dizaine de jours.
    • On sait que les poissons sont également capables de distinguer des individus appartenant à des espèces différentes de la leur.
    • Placés dans un nouvel environnement, des poissons-zèbres ont un comportement inhibé et nagent de manière hésitante pendant plusieurs minutes ; mais la curiosité reprend vite le dessus et ils commencent à explorer activement.
Poissons-zèbres
  • Les poissons sont vulnérables au stress et à l’anxiété. Voici ce qui atténue ou fait disparaître leur comportement dépressif : 1) Un ajout d’anxiolytique ou d’antidépresseur (Valium, diazépam, Prozac… Si si, cela a été essayé par des chercheurs…). 2) Des interactions sociales si l’individu stressé est esseulé (un simple contact visuel avec des congénères l’aide déjà à aller mieux). 3) Les caresses prodiguées par les poissons nettoyeurs (la baisse du taux de l’hormone de stress chez le poisson-zèbre est proportionnelle au temps passé avec le nettoyeur).
  • Gordon M. Burghardt, éthologue de l’université du Tennessee, a été l’un des premiers à signaler des activités de jeu chez les poissons — sur la couverture de son ouvrage The Genesis of Animal Play (2005), on voit un poisson tropical tacheté.
Poisson-globe

La publication de l’essai de Jonathan Balcombe, qui fera date, suit de peu la deuxième édition de la Journée Mondiale pour la Fin de la Pêche. Tout doucement, le sort des poissons commence à être pris en compte dans la lutte pour les droits des individus animaux.

>> A quoi pensent les poissons ?, 352 p., 19€95

Précisions :

  1. La Plage – A quoi pensent les poissons ? []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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