Aoste s’en prend aux végétariens dans sa nouvelle pub

Beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux autour d’Aoste, et pour cause, la marque diffuse actuellement à la télévision une publicité mettant en scène une famille végétarienne.

Ce n’est pas son premier coup d’essai en matière de publicité de mauvais goût. En effet en 2013 la marque avait fait le lien entre l’occupation française et la charcuterie, ça se passe de commentaire.

Résumons la publicité qui est actuellement diffusée : le fils d’une famille végétarienne (qui est une famille de hippie, forcément) n’en peut plus de manger la même chose, je vous laisse deviner quoi (de la salade et du soja). Il explique donc à ses parents qu’il n’a pas choisi d’être végétarien, et ils décident de lui permettre pour une fois de manger de la charcuterie de qualité, et pas du premier prix…

Sa mère lui dit devant le rayon : “si tu veux le faire,  fais le bien” et elle lui conseille de prendre du jambon Aoste. On aurait plutôt vu ce discours : “Si tu veux le faire, fais le bien, va tuer le cochon, le dépecer, et on en reparle” .  A une époque certaines ethnies étaient cannibales, elles ont su évoluer, et pour rien au monde elles feraient marche arrière. Il serait peut-être temps que notre société évolue aussi et traite avec sérieux le sujet de la mise à mort de millions d’animaux ?

Ce qui est gênant pour ne pas dire plus, c’est le sous-entendu de cette publicité. Les parents végétariens imposeraient à leurs enfants de manger végétarien. Dans notre société avoir une éthique, ne pas tuer d’animaux, est donc vu comme une oppression. Bien sûr pour la majorité des gens, les parents carnistes (ndlr : croyance qui considère comme éthique de manger des animaux) n’imposent pas leur alimentation puisqu’ils sont la norme. En réalité la société nous impose la consommation de viande, il est aujourd’hui impossible de vous faire servir un plat végétarien dans les très nombreuses cantines et restaurants universitaires de France (à quelques très rares exceptions). Alors qui impose quoi ?

“Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour”

L’ironie de toute cette stupidité, euh pardon publicité : le message d’information du ministère disant de manger au moins cinq fruits et légumes par jour. S’il y a bien une partie de la population qui consomme suffisamment de fruits et légumes ce sont les végétariens/végétaliens. Mais bien sûr, un végétarien ne mange que de la salade et du soja. Ce qui est consternant ici, c’est le côté réducteur du végétarisme, régime où l’on mange tout le temps la même chose. Mais que mangent les carnistes ? Viande, viande, viande, pâtes. Si vous ne vous reconnaissez pas là c’est déjà ça mais, pensez-vous sincèrement qu’on mange tout le temps la même chose ? Nos repas ne consistent pas à enlever simple la viande de notre assiette, ils sont beaucoup plus riches que ça, et nous n’avons aucun problème à manger nos 5 fruits et légumes par jour.

Au-delà de la moquerie et du mauvais goût de cette publicité, Vegactu voit là une preuve de l’évolution des mentalités. Même Aoste parle de nous, certes pour se moquer, mais il y a 20 ans ils n’en auraient même pas eu l’idée. La condition animale devient un sujet inévitable dans notre société, et les industriels de l’agro-alimentaire ne peuvent plus passer à côté. Il n’est pas rare d’entendre des cuisiniers, des auteurs culinaires se justifier quant à l’utilisation d’animaux dans leur cuisine. Bientôt ils comprendront qu’ils n’ont pas à se justifier, et qu’ils ont juste à ne pas cautionner la mort en ne cuisinant plus d’animaux.

Aoste obligé de faire du 2nd degré, le premier fait trop mal

Sur Twitter les réactions fusent, et nous devons dire que le meilleur tweet est celui de Vivre ailleurs. En effet, Aoste est obligé de faire des publicité au second degré, impossible de vanter du jambon tant c’est un désastre au niveau des conditions d’élevage des cochons, et de la fabrication du produit.

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Quelques réactions sur Twitter :

Regarder la publicité :

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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