Australie : le gouvernement fait abattre 686 koalas

Les autorités australiennes de l’Etat de Victoria ont annoncé avoir abattu, en 2013 et 2014, près de 700 koalas vivant à l’état sauvage dans la région de Cape Otway et ne présentant aucune maladie ou infirmité1.

Pour justifier cet acte, la ministre de l’Environnement a déclaré :

L’opération était indispensable pour éviter des souffrances aux koalas qui ne trouvaient pas de quoi se nourrir.

Elle a également précisé qu’une nouvelle campagne d’abattage n’était pas à exclure.

Voilà une ministre de l’Environnement de la trempe de notre Ségolène Royal nationale, dont le passe-temps favori semble être de créer les conditions optimales pour le massacre des loups2 , des ours3, des oies4 et des autres êtres sensibles de notre territoire.

Un acte choquant, un problème pris à l’envers

Les koalas de cette zone ont été abattus car ils mouraient de faim. En grand nombre. Si grand, en fait, que leurs cadavres jonchaient la côte. Et faisaient probablement tache dans cet état touristique qui comprend notamment la ville de Melbourne.

Toute personne sensée ne peut que se demander : pourquoi n’avoir pas plutôt cherché à remédier au manque de nourriture des koalas ?

Koala (2)

Pourquoi ne pas avoir cherché à régler le problème en amont ? Au-delà du bien-être animal qui nous est si cher, les autorités même y auraient eu intérêt : combien de centaines ou de milliers de dollars australiens ces opérations de capture et d’euthanasie d’animaux sauvages ont-elles coûté ?

Mais il est hélas inconsidéré de souhaiter voir, aujourd’hui, des politiques publiques qui préviennent les problèmes plutôt que de les traiter (mal) après coup. Cela supposerait en effet une vision globale et à long terme, une gestion écologique des territoires, des plans de préservation des espaces naturels, des financements de projets de protection des biotopes…

Une population de marsupiaux très vulnérable

Ironie du sort, les koalas ne meurent généralement pas de faim en Australie : la diminution continuelle de leur population (à cause de la perte de leur habitat mais aussi des maladies, des attaques de chiens, des incendies…) accompagne celle de leurs forêts nourricières (le koala dépend étroitement de l’eucalyptus, dont il ne mange que les feuilles de certaines espèces).

Eucalyptus
Eucalyptus

La population de koalas de Cape Otway avait, elle, augmenté d’un coup, de façon totalement artificielle, après qu’on y ait introduit des congénères issus de l’île de French Island.

Ingérence de l’homme et répercussion sur les koalas

Pourquoi cette déportation de koalas ? Pour le comprendre, il faut remonter au début du XXe siècle, alors que tous les koalas de tout le pays tombent, victimes de la chasse destinée à s’approprier leur fourrure, et que leur nombre commence à sérieusement décliner. Un sanctuaire est créé par leurs défenseurs sur l’île de French Island5.

Hélas, les colons blancs ont également décimé les prédateurs naturels du koala, comme l’aigle endémique d’Australie6. Conséquence logique, les populations du marsupial grimpent en flèche dans le sanctuaire.

Uraète, aigle endémique australien
Uraète, aigle endémique australien

Trop nombreux, les koalas de French Island sont menacés de mourir de faim ; une partie de leur population est alors déportée à Cape Otway. Où, mélangés aux koalas autochtones, ils se retrouvent à nouveau trop nombreux. On connaît la suite. La dérégulation par la faute de l’homme de l’équilibre naturel a des répercussions bien tragiques.

Koala (2)

Une décision choquante, une situation inquiétante

L’Australian Koala Foundation, qui estime la population actuelle de koalas à moins de 100.000 individus, essaie aujourd’hui de dénoncer la mauvaise gestion des responsables politiques locaux.

Nos petits-enfants connaîtront-ils les koalas ailleurs que dans des réserves ?

Koala' (2)

En France aussi…

En guise de conclusion, on pourra relever que la situation chez nous, et d’ailleurs dans la majeure partie du monde, est étrangement similaire. Certains justifieront la chasse par le risque d’accidents de circulation causés par les chevreuils vagabonds. D’autres, par les dommages infligés aux cultures par les sangliers. Mais qui pousse ces animaux à se retrouver sur le territoire des humains, sinon la raréfaction de leur espace de vie et la disparition causée par la chasse de leurs prédateurs naturels ?

  1. http://www.lepoint.fr/monde/australie-686-koalas-affames-ont-ete-euthanasies-04-03-2015-1909954_24.php []
  2. https://www.vegactu.com/actualite/loup-lexperimentation-de-segolene-royal-tourne-a-la-boucherie-17679/https://www.vegactu.com/actualite/loup-le-prefet-du-var-encourage-les-braconniers-18078/ []
  3. http://www.liberation.fr/terre/2014/07/21/les-protecteurs-de-l-ours-faches-contre-segolene-royal_1067745 []
  4. https://www.vegactu.com/actualite/chasse-aux-oies-segolene-donne-son-feu-vert-aux-braconniers-18436/ []
  5. http://www.20minutes.fr/planete/1554379-20150304-australie-gouvernement-fait-abattre-pres-700-koalas []
  6. http://fr.wikipedia.org/wiki/Aigle_d%27Australie []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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