Le bad buzz d’un éleveur qui tente de justifier les maltraitances animales

Relayé par le Huffington Post, et (pire encore) par Bio à la Une (ce média est le premier à justifier la mise à mort des animaux, qu’ils soient élevés en bio ou non), un jeune agriculteur tourne une vidéo dans son exploitation animale en réponse aux vidéos de L214.

Le cauchemar commence

Quoi de mieux pour répondre à des vidéos tournées sur le vif que de réaliser un montage de montage de mauvaise foi en choisissant tout ce qui vous arrange ? C’est ce que fait cet éleveur laitier qui n’a peur de rien, et surtout pas des contradictions.

Je prends soin de mes animaux pendant 2000 jours en moyenne. C’est leur durée de vie en moyenne. Je souhaite que ces jours se déroulent avec le moins de stress, le moins de souffrance possible, parce que mon métier d’éleveur, c’est la vie, la santé, le confort de mes animaux, c’est pas leur mort.

“Durée de vie” ? On parle de quoi au juste ? D’un téléphone portable ? D’une ampoule ? 2000 jours en moyenne, c’est beau. C’est un peu comme si on vous tuait à 20 ans, mais attention, son métier c’est ta santé… Tout au long de la vidéo, il ne sera jamais mentionné l’intérêt financier ; pourtant, la vache part à l’abattoir quand elle n’est plus rentable. Dans la vraie vie, personne ne se pose de question sur sa santé. La seule chose qui compte, c’est qu’elle fournisse ses 30 litres de lait par jour, point barre.

L’écornage

Ce sujet-là, je l’attendais. Bon, pas autant que la justification de la mise à mort des veaux, mais quand même. Ce que j’ai pu remarquer, c’est que bien de gens, y compris des étudiants en agronomie, ne sont pas au courant que les vaches ont naturellement des cornes. Dire qu’on entend souvent, à propos des vegans, que ce sont des bobos citadins qui n’y connaissent rien…

Bref, revenons à nos vaches. L’écornage se fait toujours à vif, sur des veaux très jeunes, et l’acide utilisé empêchera toute repousse. La douleur est insoutenable, mais malheureusement l’éleveur de cette vidéo ne nous offre pas un petit tutoriel de “Comment bien écorner son veau ?”.

Parce qu’à Vegactu on aime bien la transparence, on vous propose de visionner un tutoriel, réalisé par un éleveur :

À savoir que pour les éleveurs, le seul argument pour justifier cette pratique — qui n’est que de la maltraitance pure — est que les vaches risquent de se blesser (et de blesser aussi au passage l’éleveur). Mais dans quel monde vit-on ? Adapter les animaux à l’outil de production ? Si elles avaient assez d’espace, et qu’elles n’étaient pas bloquées dans ces foutues stalles de stabulations, elles n’auraient jamais de comportements dangereux.

En attendant qu’un laboratoire de biogénétique nous conçoive une race de vaches sans cornes (et après on dira aux vegans que leur alimentation n’est pas naturelle), l’éleveur continuera tranquillement de mutiler des bébés à vif, car avant 4 semaines aucune anesthésie n’est obligatoire… Eh oui dans le monde animal, un bébé a encore moins de droit… (Pensons aux millions de poussins mâles légalement broyés en France).

Comment légitimer de tuer un enfant ?

Dans notre monde, celui de l’exploitation animale, rien n’est logique : on va pleurer sur un chat maltraité, et infliger un an de prison pour cela (à juste titre, nous sommes d’accord), par contre si l’on décide de faire de la mort de bébés (de veaux, d’agneaux, de poulets) son métier, alors on aura la gloire de la presse et de nos belles régions françaises.

Tuer un veau ou un agneau… Sur une échelle de la cruauté et de la maltraitance animale allant de 1 à 10, celle-ci atteint facilement les 10.
On constate en même temps un fait psychologique étonnant, particulièrement malsain : qu’un animal soit frappé ou blessé et les bonnes gens sont révulsés, mais si ces douleurs entraînent rapidement la mort, toute indignation disparaît.
Vous voyez-vous, à un procès, vous justifier en avançant ceci : “Mais je l’ai tué sur le coup, il a souffert au plus quelques secondes” et que l’on vous réponde qu’alors, si votre intention était de le tuer alors tout va bien !

Depuis quand la mort est-elle moins grave qu’une blessure ?

La cruauté n’a aucune limite, et si la mort n’est pas de la maltraitance, il faudra m’expliquer le jugement à l’encontre de Véronique Courjault.

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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