Ce carnisme quotidien

J’aimerais dédicacer ce léger accès de consternation à la jeune femme qui, alors qu’il était 17h55 et que nous étions, en 2016, dans un train lancé à plus de 300km/h, s’est acheté une petite boîte en plastique dans laquelle avaient été disposés, autour de quelques nouilles, les morceaux du corps d’un animal mort (clairement un mammifère), qu’elle a entrepris d’ingérer et ce, en dépit de l’odeur assez forte dégagée par lesdits morceaux.

Elle aurait clairement pu, pour assouvir sa faim, se procurer des nutriments issus de végétaux (Oreo, pistaches, Coca, tomates), voire attendre d’être en ville pour acheter du pain, du riz, du chocolat, pourtant elle a fait le choix d’ingérer, malgré ses 300km/h, les restants d’un mammifère qu’elle ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, et qui a fini égorgé dieu sait où alors qu’il avait probablement d’autres projets pour sa journée, et je ne me l’explique pas.

A propos de Camille Brunel

Camille Brunel
Je suis critique de cinéma & journaliste pour le magazine Usbek & Rica. J'ai écrit La Guérilla des Animaux (Alma) et le Cinéma des Animaux (UV Editions).

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