Ces animaux qu’on mange… ou pas : psychologie du mangeur de viande

Quatre sociologues ont publié en 2012 un article dans le Personality and Social Psychology Bulletin, qui a pour titre “When people eat meat, they downplay the minds of animals” :
“Les gens qui mangent de la viande minimisent l’esprit de l’animal”.

(J’ai traduit, faute de mieux, le terme “mind” par “esprit”, mais on reste bien au-dessous de ce qu’évoque “mind” en anglais, il faudrait ajouter l’idée de conscience, de pensée, d’intellect, de raison, de mémoire, d’émotions, de contrôle de soi…)

Ils ont assisté à un phénomène socio-psychologique remarquable de la part de leurs cobayes humains : ceux-ci ont fait preuve d’une tendance systématique à minimiser les capacités mentales ou spirituelles des animaux qu’ils avaient l’habitude de consommer.

Les sociologues ont demandé à des étudiants de juger 32 animaux en termes de “comestibilité” et en termes de “capacités spirituelles“, ce qu’en anglais on qualifie de “mind” :

Plus les animaux étaient comestibles, moins ils étaient perçus comme dotés de ces capacités.

On constate cette tendance sur le graphique ci-dessous: les animaux les plus comestibles (comme le poulet, le lapin ou le mouton) ont moins d’ “esprit” que le “chien” ou le “dauphin” (que l’on ne mange pas), selon les étudiants.

Psychologie du mangeur de viande
Brock Bastian, Steve Loughnan, Nick Haslam et Helena Radke (2012)

Pour l’amateur de steak, imaginer que le boeuf qu’il consomme était en mesure d’anticiper le sort qui l’attendait ou de souffrir lorsqu’il serait abattu, est profondément dérangeant…

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.