Anchois (Engraulidae)

Chaîne alimentaire : l’homme au même niveau que l’anchois

Une étude scientifique menée par un très sérieux institut de recherche a étudié les positions de différentes espèces dans la chaîne alimentaire1 .

On croit communément que l’homme, qui n’a personne au-dessus de lui (il n’est menacé d’être mangé par aucune autre espèce) trône au sommet de toutes les chaînes alimentaires.

Il n’en est rien ! Pour calculer le “niveau trophique” (position dans la chaîne alimentaire) d’une espèce,  il faut en fait évaluer la distance qui sépare les individus du niveau basique, le végétal. Le niveau trophique, c’est tout simplement le nombre d’intermédiaires entre les végétaux et l’espèce considérée2.

Ainsi, les végétaux sont de niveau 1. Une espèce totalement herbivore est au niveau 2. Un carnivore qui se nourrit uniquement d’herbivores est au niveau 3.

Un réseau trophique et ses niveaux 1,2,3 et 4.
Un réseau trophique et ses niveaux 1,2,3 et 4.

Dès que les espèces consomment du poisson, les scores grimpent vite : il est fréquent qu’une espèce de poisson dévore un poisson plus petit, qui a lui-même boulotté un plus petit encore, etc… augmentant rapidement le nombre d’intermédiaires dans la chaîne. L‘ours polaire et l’orque, grands piscivores, atteignent ainsi un indice de 5,5 et le statut de “prédateurs supérieurs”3.

Ours polaire

Et les hommes dans tout ça ? Nous autres végétaliens, nous sommes par définition au niveau 2, tout simplement ! Les habitants du Burundi, un pays africain où l’alimentation est à 97% végétale, totalisent un score de 2,04 selon les responsables de l’étude4. Les islandais, dont l’alimentation est à plus de 50% carnivore et comporte beaucoup de poisson, sont les humains au score le plus haut avec 2,54.

Deux conclusions majeures :

  1. L’homme est loin d’être un grand prédateur. Son niveau trophique moyen est de 2,2, à l’instar du cochon et de l’anchois.
  2. Cependant, on constate une augmentation de 3% du niveau trophique humain au cours du dernier demi-siècle. D’après les chercheurs, cette augmentation montre que l’alimentation de l’homme moderne a un impact plus important qu’auparavant sur l’écosystème…

La prochaine fois qu’un omnivore essaiera de vous faire la leçon sur votre végétalisme, en vous expliquant (on l’a tous vécu) que l’homme préhistorique est monté en grade en découvrant la chasse et que nous sommes faits pour être de grands carnivores, expliquez-lui qu’il est effectivement un aussi grand prédateur que l’anchois.

Anchois (Engraulidae)
Anchois (Engraulidae)
  1. http://wwz.ifremer.fr/institut/Les-ressources-documentaires/Medias/Communiques-de-presse/Niveau-trophique-humain []
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Niveau_trophique []
  3. http://wwz.ifremer.fr/institut/Les-ressources-documentaires/Medias/Communiques-de-presse/Niveau-trophique-humain []
  4. http://www.fao.org/docrep/004/w3621f/w3621f00.HTM []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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