Chez nos voisins européens, la fin du broyage des poussins se profile

Novembre 2018 : le ministère de l’agriculture allemand promeut une technique pionnière pour mettre fin au broyage des poussins mâles.

En novembre dernier, le ministère allemand de l’Agriculture annonçait avoir financé les recherches d’une entreprise privée (Seleggt,contraction entre select, sélectionner, et egg, œuf) en partenariat avec l’université de Leipzig. Résultat : une technique permettant de reconnaître le sexe des poussins dès le septième jour d’incubation, afin que l’industrie de l’œuf puisse éliminer les œufs mâles bien avant la naissance du poussin1. Une sorte d’« avortement », largement préférable à ce qui se fait jusque là, le broyage des poussins mâles vivants…

La procédure ne sera pas obligatoire mais elle est promue par le gouvernement et par une campagne d’affichage. On peut donc espérer sa généralisation rapide. Depuis la fin de l’année 2018, les œufs issus de cette filière sans broyage sont distribués dans plus de 200 supermarchés de Berlin. Seleggt espère atteindre cette année 5.500 magasins dans tout le pay2.

Julia Klöckner, ministre de l’Agriculture, a déclaré :

C’est un grand jour pour le bien-être animal en Allemagne.

Julia Klöckner

Février 2019 : La Suisse interdit le broyage de poussins vivants

La Suisse, quant à elle, est allée bien plus loin en votant directement l’interdiction du broyage de poussins vivants ! Bravo à ce pays pionnier !

Et en France ?

La France, comme d’ordinaire, est à la traîne. En 2016, le journal Le Monde relayait pourtant “une technique en plein développement, la spectrométrie, [qui] permettrait de connaître le sexe des embryons et de détruire les œufs avant leur éclosion.”3

En août 2018, une timide avancée sous la forme d’une déclaration de Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture aujourd’hui remplacé par Didier Guillaume : S. Travert a qualifié le broyage des poussins mâles de « technique (…) à laquelle il  faut mettre fin » et annoncé que, sur le modèle allemand, 4,3 millions d’euros ont été dédiés à financer la société Tronico « pour un dispositif qui permettra de faire du sexage à l’intérieur de l’œuf pour éliminer les poussins mâles avant leur éclosion ».

Plusieurs problèmes se posent cependant : l’échéance est fixée à 2024 seulement ; on peut également se demander si l’objectif dus sexage intra-œuf sera poursuivi alors que S. Travert n’est plus en poste ; enfin, les associations de défense animale s’interrogent sur le bien-fondé de faire repartir la recherche de zéro alors que la technique allemande fonctionne déjà !
L’association Compassion In World Farming a ainsi déclaré, à juste titre2 :

En attendant, il y a une technique allemande qui est disponible. Mais elle n’est pas validée par le ministère, puisqu’il n’a pas encore fait d’étude d’impact, alors que ça fait plus d’un an qu’on le demande.

Précisions :

  1. Libération – L’Allemagne pionnière dans la lutte contre le broyage des poussins mâles []
  2. 20 minutes – Souffrance animale: Une découverte allemande va-t-elle mettre fin au broyage des poussins en France ? [] []
  3. Le Monde – Où en est-on des alternatives pour éviter le broyage de poussins ? []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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