Chili : un centre de réhabilitation pour singes

Au Chili, près de Santiago, le refuge de Peñaflor accueille environ 150 primates. Tous ont eu une vie difficile par la faute des humains, et présentent des marques de harnais ou des mutilations1.

L’un des pensionnaires avait été dressé pour voler des bijoux. Un autre est rescapé des labos.

Un troisième petit singe, un capucin nommé Nicolas, est arrivé dans ce centre alcoolique et accro au tabac : ses anciens maîtres, des commerçants, s’amusaient à le faire boire, fumer, et lui avaient enlevé les crocs.

Sauvé par la police, Nicolas a suivi une cure de désintoxication identique à celle destinée aux humains, et est encore sous antidépresseurs pour supporter son sevrage.

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Un asile de paix pour ces primates

Elba Muñoz a créé ce centre en 1994. Elle explique vouloir aider ces victimes d’un passé douloureux à se reconstruire :

Ici, les singes apprennent qu’ils sont des singes. Lorsqu’ils sont dans une maison, ce ne sont pas des singes : ils ne peuvent pas développer les comportements propres à leur espèce – ils ne sont donc pas des primates, ni des enfants non plus… En fait, ils ne sont rien.

C’est après avoir elle-même adopté un singe qu’elle s’est rendu compte de la souffrance qu’ils peuvent ressentir lorsqu’ils vivent captifs2.

Dans son centre, elle offre aux rescapés un environnement le plus proche possible de la nature (avec une végétation dense) et les nourrit de fruits et de légumes.

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Le trafic d’animaux

Il faut savoir que le trafic d’espèces exotiques et de NAC (nouveaux animaux de compagnie) continue d’être l’un des plus lucratifs au monde.

Le commerce des singes serait en perte de vitesse au Chili, mais existe toujours, selon le sous-commissaire chilien à la Brigade d’enquête des délits contre l’environnement.

La loi chilienne prévoit jusqu’à 60 jours de prison et de fortes amendes pour les responsables de trafic d’animaux, avec des peines aggravées en cas de récidive.

En France, l’amende encourue pour le trafic d’espèces va de 15 000 à 150 000 euros en bande organisée et est passible de six mois de prison. La France souhaite cependant renforcer ces peines dans le cadre du projet de loi sur la biodiversité : de 150 000 à 750 000 euros et un an de prison.

Quelques photos

Photos visibles sur la page Facebook du centre.

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Vidéos du centre de Peñaflor

  1. La Dépêche []
  2. Article de la gazette animale []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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