Colloque au Parlement européen : “Comment accompagner la transition vers une recherche sans expérimentation animale ?”

Il y a un mois se tenait au Parlement de Bruxelles un colloque résolument tourné vers l’avenir, et vers une science avec conscience. Organisé par Younous Omarjee, notre eurodéputé le plus prometteur pour la cause animale — dont nous vous avions dépeint un portrait enthousiaste — et Pascal Durand, confondateur en 2008 d’Europe Ecologie et député européen aujourd’hui également, ce colloque a souhaité rassembler pour la première fois chercheurs, entrepreneurs, juristes, ingénieurs et sociologues sur la question des alternatives à l’expérimentation animale. Il était temps pour nous de vous en faire part.

Pascal Durand, député européen, soutient une science sans expérimentation animale

Pour Pascal Durand :

La société évolue. Il n’est plus honteux, ridicule ou marginal de s’intéresser à la condition et à la souffrance animale, à la conscience animale, et c’est un progrès considérable. Je ne suis pas sûr qu’il y a 10 ans nous aurions pu tenir la même réunion avec la même crédibilité c’est-à-dire la capacité à porter des solutions.

L’Europe a un rôle majeur à jouer sur la question animale parce que – de par son éloignement d’un certain nombre de groupes de pression – elle a la capacité d’apporter une vision plus transversale et plus « tranquille ». On l’a vu sur la question de ’expérimentation animale pour les cosmétiques et les interdictions qui ont pu être mises en œuvre. Ce sujet est pris extrêmement au sérieux par l’Europe et elle est en train d’essayer d’étendre au monde entier ces interdictions. Une résolution a été récemment votée dans ce sens au Parlement européen.

Younous Omarjee, député européen en faveur des droits de tous les animaux.

Selon Younous Omarjee,

Il y a une dimension interdisciplinaire qui doit être envisagée et des réflexions combinées sont nécessaires parce que l’on ne peut pas séparer les questions qui relèvent de l’éthique, les questions qui relèvent du droit et les questions qui relèvent de la politique et de l’économie.

C’est cet effort de penser la complexité de la question des alternatives à l’EA que nous devons faire. Difficile aujourd’hui pour les élus de proposer une pensée sur la complexité.

Si ce sujet s’impose aujourd’hui dans le débat – alors que toutes les études scientifiques indiquent que les animaux sont des êtres sensibles, qu’ils sont dotés d’une conscience, que le monde animal est peut-être organisé en sociétés – c’est que nous ne voulons pas être cette génération qui ressemblerait à celle qui a participé à cette célèbre controverse de Valladolid.

C’est un sujet de portée universelle qui porte des progrès pour la civilisation.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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