Consommer de la viande favorise l’extinction des espèces

Si manger de la viande n’est pas ce qu’il y a de mieux pour notre corps et pour les animaux, il se trouve que ce n’est pas non plus rendre service à notre planète et aux animaux en voie de disparition. C’est en tout cas la conclusion d’une étude publiée en juillet dans Science of the Total Environment1 qui a mis en évidence un lien significatif entre la consommation de viande et l’extinction d’espèces animales et végétales.

3 millions de km² déforestés d’ici 2050

Pour comprendre cette étude il suffit de regarder les zones déforestées pour la production animale. Pour satisfaire les consommateurs de viande de nombreuses zones riches en biodiversité sont rasées, comme à Madagascar ou en Amazonie, pour laisser place aux cultures ou au pâturage. Ainsi Greenpeace estime que 80% de la déforestation de la forêt amazonienne est imputée à l’élevage ou aux végétaux cultivés pour nourrir les animaux2.

L’auteur de l’étude, Brian Machovina, nous explique ce qui va se passer bientôt :

Si l’on suit la tendance actuelle, en 2050 les pays continueront d’augmenter la surface agricole utilisée pour l’élevage de l’ordre de 30 à 50%, soit une augmentation d’environ 3 millions de km²

Oui, 3 millions de km² seront déforestés d’ici 2050, et ce car la consommation de viande ne cesse d’augmenter. Manger de la viande au lieu des végétaux nécessite beaucoup plus de surface agricole, ainsi pour chaque kg de viande de bœuf consommé, il aura fallu cultiver environ 10kg de soja. Pour mieux réaliser cela il suffit d’imaginer quelque chose d’assez simple : à chaque fois que vous consommez un steak de bœuf de 100gr, vous mangez aussi 1kg de soja, c’est en tout cas ce que ça coûte à la planète. Cependant, si l’on pense que l’élevage extensif est la solution au problème ce n’est pas le cas car il faudrait alors encore plus de surface agricole disponible et donc déforesté toujours plus. Ni l’élevage extensif ni l’élevage intensif ne permettent d’épargner les forêts et les espèces qui y vivent.

“Tu manges un steak, tu tues un lémurien de Madagascar”

Un autre chercheur, Gidon Eshel, est géophysicien au Bard College à New York et il étudie l’impact de l’alimentation humaine sur notre environnement :

Maintenant on peut dire : Tu manges un steak, tu tues un lémurien de Madagascar. Tu manges un poulet, tu tues un perroquet Amazone.

Pour sauver les forêts riches en biodiversité et les espèces qui s’y trouvent, il ne suffit donc pas de boycotter l’huile de palme en provenance d’Indonésie, il faut aussi ne plus manger de viande ou de produits d’origine animale comme le lait. Non seulement vous ferez du bien à votre corps et aux animaux que vous épargnerez, mais vous éviterez aussi de participer au premier responsable du réchauffement climatique3.

Pas question donc de se dédouaner sur la surpopulation ou sur l’augmentation de la consommation de viande en Asie, vous pouvez agir à votre propre niveau contre ce fléau et ainsi initier le changement.

  1. Biodiversity conservation: The key is reducing meat consumption []
  2. En Amazonie – Greenpeace []
  3. http://www.fao.org/agriculture/lead/themes0/climate/fr/ []

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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