Crabes, crevettes, calmars… : ils ressentent la douleur

Les invertébrés représentent 98% du règne animal : crabes, homards, crevettes, calmars, insectes…

Une nouvelle étude, portant sur des crustacés, vient de prouver que ces animaux ressentent la douleur. Ce n’est pas parce qu’un animal ne crie pas qu’il ne ressent rien… Le New Scientist1 s’est penché sur la question.

La souffrance des invertébrés marins

Les fruits de mer et crustacés, dont la plupart sont cuits encore vivants, ressentent-ils la douleur ? Ces pratiques culinaires s’apparentent-elles à de la torture pure et simple ? Jusqu’ici, ces questions restaient sans réponse, car peu étudiées par la science.
Des chercheurs de l’Université Queen de Belfast ont récemment voulu vérifier si les invertébrés tels que les homards et les crabes sont capables de ressentir la douleur. Leurs résultats sont sans appel et rendent indispensable de donner davantage de droits à ces créatures pour mieux les protéger de la souffrance.

Afin de savoir si les crustacés ressentent la douleur et ne se contentent pas de réagir involontairement à des stimuli douloureux, il fallait étudier non seulement les réactions immédiates mais aussi des comportements plus complexes.

L’étude est discutable par ses moyens d’action : pour prouver la souffrance, il faut faire souffrir… Bien des animaux ont dû endurer de terribles expériences, mais les scientifiques soutiennent qu’ils ne recherchaient que des preuves scientifiques pour les protéger par la suite.

La différence entre douleur et réflexe se trouverait dans la manière dont les crustacés soignent leurs blessures. Ainsi, de l’acide a été déposé sur des antennes de crevettes ; celles-ci se sont alors occupées de leurs blessures pour tenter de les guérir. Lorsqu’on leur appliquait un anesthésiant local juste avant, cette phase de soin était plus brève.

De la même manière, il a été également constaté que les crabes à qui on arrache le bout des pattes (comme lorsqu’on les pêche pour leur chair) tentent d’atteindre leurs membres amputés et agissent comme les crevettes. Ils apprennent aussi rapidement de cette expérience douloureuse, en modifiant par la suite leur comportement pour s’éviter à tout prix la douleur.

Autre exemple décrit par l’étude, les bernard-l’hermite réagissent dans le temps aux chocs électriques.

Le directeur de l’étude est formel :

Ce ne sont pas seulement des réflexes. Ce comportement est prolongé et complexe, ce qui implique évidemment le système nerveux central.

En Amérique, un neurobiologiste de l’Université du Texas Health Science Center à Houston est actuellement en train de mener des recherches similaires sur les calmars et déclare qu’eux aussi font preuve d’une sensibilité qui pourrait être de la douleur.

Après avoir obtenu ces résultats, les chercheurs en question exhortent leurs collègues scientifiques à travers le monde à utiliser le moins d’animaux possible, quels qu’ils soient.

Et les insectes ?

La question de la douleur chez les insectes revêt une importance particulière à l’heure où les élevages d’insectes se multiplient. Insectes qu’on nous présente comme le futur de l’alimentation humaine, car seulement 2 calories végétales sont à fournir pour obtenir une calorie d’insectes. Une économie qui n’en est pas une du point de vue vegan, puisqu’une calorie végétale a un rendement de 100% lorsqu’elle est est consommée directement : inégalable.

Alors, les insectes ressentent-ils la douleur ? Une étude datée de 1984, retranscrite par les Cahiers Antispécistes2, conclut que “les données issues de la prise en compte du rôle adaptatif de la douleur, de la neurobiologie des insectes et de leur comportement ne semblent pas plaider en faveur de leur capacité à ressentir la douleur.”

Néanmoins, l’étude précise qu’en l’absence de preuves plus avancées, “ il est souhaitable que, dans la mesure du possible, les biologistes inactivent le système nerveux des insectes avant de procéder sur eux à des expériences traumatisantes. Cette façon de procéder peut non seulement faciliter la manipulation, mais aussi prémunir les expérimentateurs contre le risque résiduel d’infliger une souffrance, et favoriser chez eux une attitude respectueuse envers des organismes vivants dont la physiologie, bien que différente et peut-être plus simple que la nôtre, est encore loin d’être entièrement comprise.”

Précisions :

  1. http://www.newscientist.com/article/mg22129570.600-do-invertebrates-feel-pain.html []
  2. http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article229 []

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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