Viande clonée
Processus de clonage

De la viande clonée dans les assiettes ?

Sur l’emballage d’un steak, on trouve la race de l’animal, le pays d’élevage et même le lieu de son abattage. Manque une information : la viande est-elle issue d’un bœuf cloné ? Ou du descendant d’un bœuf cloné ?

Le Parlement européen serait favorable à cette précision systématique : En 2011, les députés proposaient un système de traçabilité avec étiquetage obligatoire pour la viande de tous les animaux procréés par des bêtes clonées. Les États ont jugé cette option irréaliste. Et aucun compromis n’a pu être trouvé.

A l’issue de trois ans de négociations, les tractations ont pris fin sans accord entre les Etats de l’UE et le Parlement. Cela signifie concrètement que les règles actuellement en vigueur, qui autorisent la commercialisation de la viande clonée en Europe, ne prévoient aucun encadrement spécifique et datent de 1997, restent en place.

Viande clonée
Processus de clonage

Le désaccord ne concernait pas directement la viande ou le lait, des animaux clonés ces derniers ne sont de toute façon pas destinés à finir sous forme de charcuterie : ils coûtent bien trop chers (jusqu’à 100 000 euros pour un taureau) et servent à la reproduction. Le désaccord portait sur les descendants de clones.

Pour la Commission européenne, ces descendants sont des animaux comme les autres. Ils ne sont pas génétiquement modifiés : ce sont des copies, et non pas des animaux dont les gènes auraient été transformés.

De son côté, le Parlement a d’abord demandé que l’interdiction de la commercialisation porte jusqu’à la cinquième génération de descendance d’un animal cloné. Il a ensuite réclamé une traçabilité très poussée, remontant à plusieurs générations. Une solution qui aurait obligé à établir “un arbre généalogique pour chaque tranche de fromage ou de salami” d’après un ministre hongrois.

En toile de fond, ce sont avant tout des considérations commerciales qui ont dicté la position des gouvernements et de la Commission.

Une partie du Conseil a joué la rupture, comme la Grande-Bretagne, car ça les arrange de pouvoir importer des semences d’animaux clonés sans contrôle. Tout cela favorise les gros lobbies alimentaires des Etats-Unis

accuse l’eurodéputée Corinne Lepage.

L’Union européenne ne produit pas de viande clonée, mais importe chaque année entre 300 000 et 500 000 tonnes de viande bovine destinées à la consommation. Une bonne partie vient des Etats-Unis et d’Argentine, pays qui ont autorisés, eux, le clonage à des fins commerciales. L’étiquetage exigé par le Parlement européen aurait donc obligé l’UE à bloquer les importations.

En théorie, rien n’interdit pour l’heure à un agriculteur européen de mettre sur le marché de la viande ou du lait issus directement d’un animal cloné, à condition d’en demander au préalable l’autorisation à l’agence européenne de sécurité alimentaire.

D’après la Commission européenne, il n’y a jusqu’à présent jamais eu de demande en ce sens. En revanche, pour commercialiser de la viande ou du lait de la progéniture d’animaux clonés, aucune autorisation spéciale n’est nécessaire. En février 2010, un importateur écossais avait vendu de la viande et du lait issus de bétail cloné, suscitant la polémique.

Il est donc tout à fait possible d’en trouver dans les assiettes européennes.

Est-ce dangereux pour la santé ? La Commission européenne s’appuie sur un rapport de l’agence sanitaire européeenne, selon lequel ni la viande ni le lait de clones ou de descendants ne posent de risques pour la santé humaine.

Rien n’indique qu’il existe des différences en termes de sécurité des aliments entre la viande et le lait obtenus à partir d’animaux clonés ou de leur descendance et ceux dérivés d’animaux conçus de manière traditionnelle. Cette conclusion est toutefois basée sur l’hypothèse que la viande et le lait sont obtenus à partir d’animaux en bonne santé, soumis à des règles de sécurité des aliments et des contrôles adéquats

soulignait l’EFSA (European Food Safety Authoriy) en 2008. Des conclusions réaffirmées en 2010.

Restent les précautions d’usage :

Des incertitudes subsistent dans l’évaluation des risques associés au clonage en raison du nombre limité d’études disponibles, de la taille réduite des échantillons étudiés…

nuançait l’EFSA il y a trois ans.

Pour conséquence de ces incertitudes et de l’impasse politico-commerciale dans laquelle s’est mise l’UE, Corinne Lepage anticipe

une méfiance des consommateurs à l’égard de la viande

Les sondages montrent que seuls 15% des européens sont favorable à la commercialisation de produits clonés.

Pour l’anecdote, le débat européen autour de ce sujet a débuté en 2009, lorsque les ministres Européens de l’Agriculture ont ont adopté un nouveau projet de réglementation en Europe concernant ce qu’ils appellent “les nouveaux aliments”. Cela concerne toute une série de produits exotiques allant des algues au plancton, jusqu’aux larves de scarabées… mais aussi et surtout les produits alimentaires tirés d’animaux clonés et de leur descendance.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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