“Des animaux sur la Terre” : livre de philo pour les non-philosophes

Cédric Stolz

Cédric Stolz est enseignant en philosophie et porte-parole de l’association 269 Life France qui milite pour le reconnaissance des intérêts fondamentaux des animaux. Il vient de publier un ouvrage aux éditions L’Harmattan. Des animaux sur la Terre est un livre philosophique destiné aux non-philosophes, qui traite des animaux et d’éthique animale.

A cette occasion, il a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Cédric Stolz. Quel est votre parcours (professionnel, au sein du combat animaliste…) ?
J’ai commencé à militer il y a plusieurs années avec diverses associations avant de reprendre le collectif 269 Life France, autrefois basé à Paris. Grâce à un travail d’équipe nous avons ouvert des antennes dans plusieurs régions de France pour couvrir le territoire et mener des actions coordonnées en parallèle de campagnes nationales.

Pouvez-vous nous présenter votre ouvrage ?
A l’origine mon mémoire de master en philosophie, mon ouvrage est le fruit d’un travail de recherche mené sur plus de deux ans, durant lesquels j’ai notamment pu être en contact avec la philosophe française Florence Burgat qui m’a apporté son soutien. Le livre s’adresse tout autant aux véganes qu’au grand public. Compte tenu de la diversité des parutions autour de l’éthique animale ou du véganisme, j’ai pour ma part souhaité apporter un travail de fond plus global au mouvement animaliste qui ne se limite pas à l’éthique mais concerne notre rapport à l’animalité et la compréhension des animaux. Je propose ainsi de :

  • Inclure la réalité humaine dans un ensemble plus large incluant la pluralité des êtres vivants, avec les significations biologiques et symboliques de leurs milieux, leurs temps et leurs espaces vécus
  • Mettre en évidence les limites des approches écologiques traditionnelles et poser les bases d’une éthique du milieu
  • Penser la spécificité du vivant (par rapport à la matière inanimée) oubliée par la biologie (qui étudie indistinctement l’organique et l’inorganique en termes physico-chimiques)
  • Montrer ce que la reconnaissance des milieux du vivant apporte aux théories de l’évolution traditionnelles de manière à se défaire totalement des lectures anthropocentriques (humano-centriques)
  • Se détacher des traditions anthropocentriques, principalement héritées des religions monothéistes jusqu’à l’Humanisme de la Renaissance, qui posent l’être humain comme le centre ou la finalité de toute chose et envisagent la réalité dans la seule perspective humaine
  • Dépasser les barrières conceptuelles qui ont séparé l’Homme du reste du règne animal et qui nous empêchent de pouvoir rendre compte de la vie animale
  • Repenser l’animalité et comprendre le comportement animal pour mettre en évidence la spécificité de la vie animale par rapport au vivant en général
  • Reconnaître les animaux pour eux-mêmes, en dehors des usages qu’on leur impose habituellement
  • Envisager une transformation de nos rapports avec les autres animaux terriens et d’autres modes de coexistence

Quelle place tient ou doit tenir la philosophie aujourd’hui dans le combat animaliste ?
Compte tenu de l’ancrage de l’idéologie de la domination humaine dans la société, une déconstruction en surface n’est pas suffisante. La philosophie est un outil formidable pour proposer une déconstruction profonde et déjouer les mécanismes à l’œuvre dans l’oppression subie par les animaux autres que les humains.

>> Des animaux sur la Terre, aux éditions L’Harmattan

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa

Professeur des écoles à Toulouse, j’adore l’archéologie, l’histoire de l’art et la littérature.
Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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