Ecole végétalienne, écolo et bio de L.A. : le récit de sa fondatrice

Hier, nous avions publié l’interview de Céline, une française expatriée en Californie, et qui a créé là-bas une école maternelle pédagogiquement innovante et à la philosophie résolument verte. Voici le récit de son aventure professionnelle.

“Je suis professeur documentaliste certifiée de l’Education nationale en France et je me suis spécialisée depuis ces dernières années avec mes élèves mais aussi personnellement sur des recherches liées au développement durable et à l’observation des conséquences dans la nature du réchauffement climatique. J’ai beaucoup travaillé avec les professeurs de sciences et vie de la terre en collège sur tous les différents aspects du réchauffement (abeilles, énergies renouvelables, surpêche, biodiversité, effet de serre, nenaMonsanto, etc), essayé de promouvoir les expositions de photographies de Yann Arthus Bertrand chaque année, projeté le film Home et ai vu celui de Jean-Paul Jaud, Nos enfants nous accuseront, en France, et participé à d’autres événements comme le Earth hour ou Earth day… Je me tiens au courant des dernières nouvelles grâce aux journaux tels que Terra Eco, les associations comme The Climate Reality Project dirigé par Al Gore ( qui a participé au film The Inconvenient truth, en français “La vérité qui dérange”) et autres sites « green ».

J’ai beaucoup travaillé avec les outils du WWF puis avec le site de Leonardo di Caprio. Peu à peu m’est venue l’idée de venir travailler aux Etats-Unis pour y changer les mentalités, sachant bien que les américains étaient parmi es plus gros consommateurs. En parallèle, j’ai été énormément touchée par la performance d’un acteur, Joaquin phoenix, et admiré sa vie personnelle, étant vegan et membre de la Peta. J’ai découvert notamment le documentaire Earthlings qui m’a beaucoup marquée. C’est à ce moment-là que j’ai décidé progressivement d’être végétarienne, vegan si possible.

PETA's 15th Anniversary Gala and Humanitarian Awards - Show
Joaquin Phoenix

Ensuite l’envie folle m’est venue de venir aux States pour le rencontrer. Alors, je suis venue en Californie pour les vacances. Le même été, j’ai eu la chance (ou le destin sans doute) de trouver un poste de documentaliste au Lycée français de Los Angeles. Ensuite, il m’a fallu deux ans pour faire accepter mon projet de réalisation d’un clip documentaire « Film and Environment » avec des classes de CM1, déplaçant toute une équipe disciplinaire qui m’a aidé à la création de la musique, des paroles de chansons, du scénario avec les enfants, etc. En même temps, j’ai aussi développé un fond documentaire sur le développement durable pour les enfants. Une professionnelle du cinéma nous a aidé dans la réalisation du film, montrant aux enfants tous les aspects du métier du cinéma. Los Angeles était la ville idéale pour monter ce projet. Mais pour moi, ce projet était insuffisant, il fallait faire mieux qu’un clip vidéo pour nos enfants !! Mon projet d’école verte était né !

la-11e-heure-le-dernier-virage_50f9db3a582f6[1]J’ai assisté à la première du film The 11th Hour (film documentaire de 2007, créé, produit et narré par Leonardo DiCaprio , sur l’état de l’ environnement naturel, en français “Le dernier virage”) où j’y ai rencontré Jean-Pierre Sénizergues, producteur du film et l’un des premiers chefs d’entreprise à avoir obtenu un prix pour son entreprise écologique Sole Technology. Je suis restée en contact avec lui et lui ai fait part de mon projet d’école. Cependant, à cause de mon visa, j’ai dû rentrer en France pendant deux ans, avant de retrouver un travail à Venice, dans une école maternelle bilingue où je suis restée aussi pendant deux ans. J’ai collaboré notamment avec une environnementaliste (parent d’élève) qui, pendant un an, donnait des classes d’écologie aux enfants.

De ces expériences françaises, j’en suis restée très déçue en réalisant que l’éducation à la française offerte ici était surtout traditionnelle et/ou ne se préoccupait pas du tout de nos enjeux actuels et pas assez ou pas du tout du problème réel de l’environnement forcément lié à notre alimentation.

Phoenix Global Green School, l'école fondée par Céline
Phoenix Global Green School, l’école fondée par Céline

En 2005, j’avais aussi lu un rapport concernant l’état catastrophique des écoles ici : mauvaise alimentation, produits chimiques utilisés, aucun projet autour du respect de l’environnement ; mais les choses changent. De cet ensemble de faits, prise de conscience et un peu révoltée par l’inertie des écoles françaises ici, mon projet est né : montrer que les français peuvent aussi aider à faire en sorte que nos enfants aux Etats-Unis aient une alimentation biologique et végétarienne, respectent leur environnement et que leur école n’utilise que des matériaux recyclés, réutilisés, de seconde main. Mon concept, aider la communauté en louant une maison et la modifier de façon à ce qu’elle devienne plus écologique! 95% de notre matériel, meubles et livres sont des rachats à la communauté et il m’a fallu un an et demi pour les réunir.

Phoenix Global Green School (en hommage à l’acteur + symbole de l’oiseau Phoenix : idée de faire vivre l’école de ses propres ressources) accueille un petit groupe d’enfants (6) cette année mais je souhaite trouver une autre maison pour m’agrandir à la rentrée prochaine.

PhoenixTous les jours, nous servons des plats cuisinés bio et équilibrés et les menus changent chaque semaine. Les produits sont à l’état le plus brut possible (pas de sucreries ou sucres ajoutés, notre chocolat noir bio est à base de stevia, les laits au riz, chanvre, noix de coco, graines de lin sont aussi sans sucre, nous n’achetons que des pâtes au quinoa ou au riz complet, riz complet et pain complet, soupes de légumes, « Seaweeds, Kale Krunch » ou fruits pour les snacks…) et, chaque semaine, je fais les courses au marché local.
Suivant les besoins de nos élèves, nous sommes même à présent « vegan », ce qui n’est pas simple mais rend notre challenge encore plus intéressant. La Californie est un endroit idéal pour offrir des produits locaux et les magasins d’alimentation comme Whole Foods offrent un énorme choix de produits bio et de céréales en vrac.
L’enseignement des différentes matières académiques comme les mathématiques, les arts, ça ne suffit pas ; il faut aussi aider nos enfants à acquérir une bonne pratique alimentaire pour la vie.

Le plus pour notre école, c’est que nous sommes aussi trilingues : américain/français/mandarin… et bientôt des classes d’espagnol seront proposées !

Phoenix''''
Un thème pour les élèves : la vie aux pôles.

J’enseigne le français et l’anglais (15% environ, ça dépend des activités aussi) et le professeur de mandarin vient pour le moment deux fois par semaine pour enseigner la langue aux enfants à l’aide d’activités ludiques et de chansons.
Je suis très contente qu’en France, des écoles zéro énergie se développent mais je ne suis pas sûre que ce soit suffisant pour aider notre planète et changer les mentalités. Notre alimentation et les produits industriels que nous donnons à nos enfants, sont en grande partie responsables du réchauffement climatique (sur-consommation de viandes, utilisation unique des sols) et des problèmes de santé (obésité, cancers…).
Ma philosophie, “un esprit sain dans un corps sain !»

Mon école se veut donc « globale » parce qu’elle s’occupe non seulement d’offrir un environnement naturel et sain pour nos enfants, un enseignement respectueux de nos animaux et de notre environnement, mais aussi surtout une alimentation saine, biologique, végétalienne et variée, qui respecte notre corps et la vie animale. »

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.
  • Pingback: A Los Angeles, une école végétalienne et écolo tenue par une française()

  • Twiggo

    Un modèle à suivre =)

  • Shanti

    Bravo, je suis épatée !
    Qui voudrait dynamiser un tel projet en France ? Est-ce possible ?

  • Lizbeth

    je ne sais pas si c’est faisable, mais moi qui suis prof des écoles, j’adorerais !

  • VGCédric

    Curieux : quand on prend l’avion on nous propose des menus végétariens (voire végétaliens comme Air France, merci à eux au passage) par contre à l’école : JAMAIS ! Le voyageur a le droit d’être végé, l’écolier non ! Ce dernier peut manger casher, sans porc, sans je ne sais quoi MAIS PAS sans viande ni laitages ! En tous cas, je rêverais que des écoles comme ça existent en France, j’y inscrirais mes gosses illico. En outre je suis convaincu que l’ambiance y serait excellente (car être VG n’est pas qu’un comportement alimentaire, c’est aussi un comportement “tout court”) ! Mais bon aujourd’hui, comme chacun sait, c’est juste impensable… C’est des mecs comme Cohen (le nutricioniste à la noix) qui font la loi… donc RDV à la St-Glin-Glin pour qu’une pareille (magnifique) initiative voit le jour chez nous 🙁 Mais j’espère (une fois de plus) me tromper…

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