Et si demain… on pouvait savoir ce que pensent les animaux ?

Quelle bonne surprise de tomber sur une maison d’édition engagée dans la défense des valeurs humanistes, et dans la défense de la condition animale en particulier !
Qui plus est, une maison d’édition qui s’adresse aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes…
J’ai découvert “Le Muscadier” avec 5 ouvrages différents, récemment parus, tous des bonnes surprises.

Je vais vous parler aujourd’hui du premier d’entre eux, écrit par un auteur qui m’est cher. C’est un livre de la collection Place du marché (dès 10 ans) :

“Et si demain…” (Michel Piquemal)

Michel Piquemal
Michel Piquemal

J’apprécie depuis toujours l’écriture de Michel Piquemal que j’ai beaucoup lu étant enfant (une pensée pour mon papa qui m’a fait dédicacer « Pensées Indiennes ” il y a longtemps !) J’avais à l’époque adoré son roman « Le Jobard ” qui pose un regard chaleureux, plein d’humanité, sur les sans-abris, en plus d’une intrigue captivante. J’ai été heureuse de retourner à la lecture de Michel Piquemal en tant qu’adulte et surtout en tant que végane… et de rencontrer une pensée totalement en accord avec les valeurs auxquelles je suis désormais si attachée.

«Et si demain… ” est un recueil de onze nouvelles qui imaginent notre devenir dans un futur pas si lointain.
Nous sommes clairement dans le sous-genre de science-fiction qui fait mine de nous parler de demain pour mieux analyser notre monde actuel (je pense par exemple à “La possibilité d’une île” de Michel Houellebecq, qui poursuit le même dessein.) « Et si demain… ” veut aussi faire réfléchir nos ados sur les failles de notre monde actuel.

Le style est concis, limpide, épuré. Les sujets, les thèmes, l’ambiance, étudiés pour séduire un (pré)adolescent d’aujourd’hui.

Plusieurs nouvelles m’ont particulièrement plu, notamment « Et si demain… on découvrait chez certains des gènes néandertaliens ? ” (réflexion sur la banalisation du racisme contemporain) ; mais aussi « Et si demain… on remettait à l’honneur les jeux du cirque ? ” (réflexion sur le néocolonialisme, le schisme nord-sud, et la marchandisation croissante de l’humain.)

Mais je vais vous parler plus longuement de la nouvelle qui pose ouvertement le problème de la cruelle place accordée aux animaux aujourd’hui.

Un livre à mettre entre toutes les mains !
Un livre à mettre entre toutes les mains !

Et si demain… on pouvait savoir ce que pensent les animaux ? »

Sous-titré “Nos frères à quatre pattes », cette nouvelle imagine un brillant scientifique parvenu à pénétrer la conscience d’un animal…

Son but : balayer une fois pour toutes les arguments de mauvaise foi selon lesquels, puisque les animaux ne peuvent pas parler, on ne peut pas savoir ce qu’ils ressentent… ou pensent. Bref, faire table rase du “vieil adage en règle depuis Descartes qui ne les percevait que comme des “mécaniques” à tailler en pièces sans états d’âme, puisque les mécaniques (c’est bien connu ! ) ne souffrent pas.

On voit là que Michel Piquemal est familier de la rhétorique du droit animal, puisque sa nouvelle est basée sur (ou plutôt contre) le premier contre-argument qu’on nous oppose, l’un des plus anciens, et certainement celui qui a plus nui à nos frères à quatre pattes depuis le XVIIe siècle.

Gros cochon
Une “mécanique” insensible… Vraiment ?

 

Le scientifique, tenace, finit donc par être introduit auprès du président des Etats-Unis afin de lui faire sa démonstration, laquelle est incontestable. Le président, “homme de cœur” très attaché à ses deux labradors, mais aussi homme de raison s’inclinant devant la science, comprend tout de suite les conséquences que cela va impliquer dans la société :

Car il faut reconnaître que son expérience était aussi spectaculaire que probante. Après l’avoir visionnée, on ne pouvait douter de la réalité d’une conscience animale. Elle obligeait donc à revoir entièrement le regard que nous avions toujours eu envers nos frères inférieurs, cette idée bien commode qui prétend qu’ils auraient de l’instinct alors que nous aurions de l’intelligence, (…), justification quelque peu hypocrite à notre besoin de les consommer.

Avec ce mot, consommer, la messe est dite : monsieur Piquemal, seriez-vous végétarien ?

Je me garderai de vous raconter la fin de la nouvelle, et laisse à votre imagination le soin de décider si un futur plus riant s’ouvre aux animaux. Sachant qu’avant de prendre une décision, le grand dirigeant se tourne vers son conseiller en charge des finances, puis vers son conseiller religieux, pour recueillir leurs avis sur la question…

>> Acheter “Et si demain…” de Michel Piquemal pour l’offrir à votre ado… ou à vous-même !

… ou chez votre libraire préféré bien sûr !

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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