Interview : Quentin Charoy, candidat pour le Parti animaliste aux Européennes 2019

Peux-tu nous parler de ton parcours de militant : comment en es-tu venu à devenir candidat pour le Parti animaliste ?
Je m’appelle Quentin et j’ai 25 ans, je me suis intéressé à la cause animale à partir du début du lycée en commençant par lire des livres et regarder des documentaires et en arrêtant de manger des animaux. Durant ces années-là, je n’ai pas trop été dans le militantisme et le Parti animaliste n’existait pas encore. Il a été créé en 2016 et du fait de mon travail, je n’avais pas le temps de m’investir dedans, j’ai donc commencé par suivre le Parti animaliste depuis les réseaux sociaux. En septembre 2018 je me suis mis en relation avec l’antenne locale de Haute-Garonne, en plus de rentrer en contact avec des associations qui défendent la cause animale. Cela a été un soulagement pour moi parce que je sentais que la cause animale devait se politiser et entrer dans les lieux décisionnaires, en plus de toutes les actions faites par les militant·es. En novembre, il y a eu un appel à candidature pour être candidat·e aux élections européennes de 2019 qui ont lieu le 26 mai et je me suis dit que j’étais légitime à porter la voix des animaux pour ces élections !

Quels sont les grands volets du programme du Parti Animaliste aux Européennes ?
Le programme des élections européennes n’est pas encore totalement révélé mais le Parti animaliste veut porter la voix de l’ensemble des animaux. Il est composé de 8 grands thèmes. Pour les Européennes du 26 mai, il y a plusieurs grandes propositions dont celle visant à réorienter les subventions de l’UE de l’élevage ou la pêche vers l’agriculture végétale. On parle ici de plus de 50 milliards d’euros de subventions et de milliards d’animaux concernés. Aujourd’hui la politique agricole de l’Europe va à l’encontre des animaux mais aussi des agriculteurs et agricultrices. En France par exemple, une grosse partie des subventions vont vers des groupes comme Doux ou Lactalis qui ne prennent pas en compte les animaux. Nous avons aussi des mesures pour réduire le plus possible les pratiques les plus atroces faites sur les animaux dits d’élevages, comme interdire la castration à vif des porcelets ou encore interdire les cages.

Nous voulons aussi réduire le temps de transports pour les animaux en sachant qu’au niveau européen cela permettrait d’harmoniser tout le monde et empêcherait les pays de « transporter » les animaux sur des distances de plus de 8h et d’interdire les transports vers des pays tiers.

Nous avons une partie du programme qui est dédiée aux grands oubliés, à savoir les animaux aquatiques. Le Parti animaliste souhaite créer de nouvelles réserves maritimes et renforcer celles déjà existantes, il est temps de montrer l’exemple.

Nous voulons aussi la réduction de la consommation de produits venant d’animaux de 25% d’ici 2025 par rapport à 2015 et cela touchera bien entendu les animaux mais aussi notre santé et l’environnement.

Nous voulons aussi prendre exemple sur certains pays ou certaines villes qui ont interdit les animaux dans les cirques en englobant la totalité des pays de l’UE, il en va de même pour les corridas, les combats de coqs ou encore les delphinariums, lieux d’exploitations et de maltraitances. Nous ferons en sorte qu’ils soient accueillis dans des refuges ou sanctuaires où leur individualité sera respectée.

Pour le droit animal en général, nous souhaitons instaurer un commissaire européen à la protection animale et faire en sorte que cette protection soit une compétence partagée de l’UE pour permettre d’adopter des actes juridiquement « contraignants ».

J’invite les lecteurs et lectrices à lire tout notre programme sur notre site (parti-animaliste.fr)

Quels sont les objectifs du Parti animaliste à ces élections ?
L’objectif principal du Parti animaliste est d’atteindre les 5% le 26 mai prochain. Ces élections sont à la proportionnelle donc chaque voix compte et il n’y a pas lieu à des votes dit « utiles » ou de « barrage ». La seule contrainte, en France, est ce palier des 5%. En atteignant ce score, la voix des animaux pourra se faire entendre au Parlement européen. Il faut savoir que le Parti animaliste n’est pas seul en Europe, nous sommes présents dans 11 pays, avec déjà des élus·es, locaux ou même européens et qu’il est plus que probable que dans ces pays, nous fassions aussi un bon score.

Ces élections nous permettent aussi d’être connu en France grâce aux actions de nos militant·es et de nos candidat·es et grâce aux journalistes et médias qui prennent le temps de s’informer sur les partis, peu importe leur taille. Et nous voulons montrer à tous les partis qui ne prennent pas en considération les animaux, que c’est aujourd’hui une préoccupation majeure en France et en Europe et que cela ne doit pas rester des promesses ou juste une toute petite partie du programme.

Peux-tu nous donner quelques chiffres ? 
Ce sont des élections à un tour et à une seule circonscription : la France. C’est à dire que nous présentons une liste nationale et paritaire de 79 candidat·es et que nous serons présent dans tous les bureaux de vote de France le 26 mai. Nous sommes, depuis mars, un des partis qui gagnent le plus en visibilité sur les réseaux sociaux et les récentes études d’opinions, les récents sondages ou nos actions sur le terrain montrent bien que les Français·es sont intéressé·es par la cause animale.

Quelles missions es-tu amené à faire en prévision des européennes ? Participes-tu à des débats, des conférences, des rencontres…? Y a-t-il toute une équipe de campagne derrière vous ?
Depuis décembre, nous avons beaucoup augmenté notre présence sur le terrain pour nous faire connaître. C’est le principal problème que nous rencontrons : notre électorat, c’est à dire toutes personnes qui considèrent qu’aujourd’hui les animaux méritent plus de droits, ne nous connaît pas. Je participe donc à des tractages sur les marchés ou dans les rues avec d’autres militant·es très motivé·es. Je fais aussi du porte-à-porte où on va rencontrer les gens au bas de la porte pour discuter quelques minutes et les convaincre de voter pour les animaux.

Et oui, on organise des réunions publiques un peu partout en France et le Parti animaliste est invité à participer à des conférences, notamment une sur l’expérimentation animale à Toulouse où une de nos candidates, Ophélie Balestan, participe. J’ai participé il y a peu avec un autre candidat, Julien Holmgren, et des militants à une manifestation appelant à interdire les animaux dans les cirques à Toulouse et partout ailleurs.

Nous sommes bien sûr suivi·es par une équipe qui nous aide pour ces élections. Il faut savoir que nous sommes un parti indépendant politiquement et financièrement de toutes autres formations politiques.

Qu’est-ce qui a changé pour le Parti animaliste depuis les dernières élections ?
Aux dernières élections législatives, alors que le parti venait d’être créé, nous avons réussi à faire plus de 1% dans 86 circonscriptions ce qui montre bien que l’électorat est là. Nous avons gagné en visibilité et nous avons pu recevoir des subventions même si nous avons été amputés de 36% de ces subventions pour avoir présenté « trop » de femmes. C’est assez choquant et surtout très préjudiciable car c’est le parti qui paye pour les tracts et les affiches que l’on retrouve devant les bureaux de vote notamment. C’est pour ça que nous cherchons à avoir de plus en plus d’adhérents car chaque euro compte pour financer le matériel de campagne et les bulletins de vote.

Je souhaiterais finir en rappelant que notre parti est transpartisan et qu’il s’adresse à tout le monde parce que chacun est concerné par le sort des animaux dans notre société. Nous avons toutes et tous été en relation avec des animaux dans notre vie et nous savons qu’il est temps de leur rendre justice. Alors aux militant·es de la cause animale, aux agriculteurs ou agricultrices, aux médecins, aux pharmacien·nes, aux personnes qui travaillent dans le social ou le soin, aux patients qui ont trouvé la force et les mots grâce aux contacts des animaux, à celles et ceux qui ont un ou des animaux dans leur familles, à ces personnes qui chaque jours aident les animaux errants, à ceux et celles qui ont dû quitter leur animaux en rentrant en maison de retraite, à celles et ceux qui aiment les dauphins, les lions, les hippopotames ou les otaries mais en liberté et pas derrière des barreaux, aux parents qui veulent que leurs enfants puisse continuer à voir des poissons et des animaux sauvages, aux éthologues, aux amoureux et amoureuses des animaux et à celles et ceux que j’ai oublié, je voulais vous rappeler que le 26 mai, votre voix peut devenir la voix des animaux. Nous n’avons plus à être spectateur et impuissant devant l’exploitation et la souffrance animale.

Quentin Charoy

Lili Gondawa

Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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