Un lecteur nous parle du véganisme en Guadeloupe

Bonjour Evo, quel âge as-tu ? Depuis quand es-tu vegan ?
J’ai la trentaine, vegan depuis 8 ans.

Qu’est-ce qui a déclenché ta prise de conscience ?
Une prise de conscience globale ; et plus précisément j’ai été plutôt influencé par le côté pacifisto-changement du monde-Gandhi (à l’époque, comme tout le monde, j’admirais Gandhi) mais c’était aussi une certaine évidence.

Tes parents l’ont-ils bien accepté ?
Plutôt mal, mais vivant ailleurs ça n’a pas été dur. Mais jamais un plat pour moi. Pas par hostilité mais un genre de handicap à me préparer même un plat de lentilles ou une soupe, c’est plus psychologique. Mais avec le temps ils acceptent : ils n’ont pas d’arguments et sont même d’accord contre l’excès de viande, ils entendent aussi le discours dominant qui est bien moins carnolâtre qu’avant.

Où vis-tu en ce moment ? Etre vegan est-il compliqué là-bas ?
En déplacement en Guadeloupe : je suis dans une démarche de santé aussi, pas de malbouffe vegan, donc c’est très facile car il y a un max de bons fruits, y compris sauvages et locaux (j’évite au maximum les importations de métropole), de légumes, et puis la ville et les supermarchés complètent avec légumineuses locales ou traditionnelles, etc…
Il y a pas loin de chez moi deux pizzerias qui ont une pizza végétalienne (bien que l’une des deux soit juste aux légumes, sans fromage, pas fameuse mais c’est là).
Culturellement je pensais que les rastas et adventistes avaient défriché le chemin dans la culture ; eh bien non, parmi les centaines de resto ambulants et fixes, il n’y a quasi jamais de plats ostensiblement végétariens, quasi personne ne propose un sandwich (ici agoulou/bokit) végétarien, donc je dirais que la situation est égale voire pire qu’en France. Ah, et il paraît que la plupart des rastas d’ici seraient seulement pesco-végétariens.

Où est-ce le plus compliqué pour toi de manger végé ? 
Paradoxalement et malheureusement… à la campagne là où la ville, l’industrie et le supermarché n’ont pas tout pouvoir.

Quel est ton plat ou aliment végé préféré ?
Trop ! Depuis que je suis passé végétarien puis végétalien, mes goûts se sont ouverts, moi qui étais difficile plus jeune, j’aime tout ! Mais je sens que le fruit, le bon smoothie est une attirance plus naturelle ; et qu’a contrario les plats lourds, saucés, salés, cuits relèvent de l’addiction (la preuve est que souvent après un gros plat lourd, gras, salé etc, j’ai envie d’un goût sucré, comme beaucoup de gens).

Quel(s) plat(s) ou aliment(s) végé as-tu découvert(s) ?
Les gombos, différentes variétés de mangues (la July est géniale, l’américaine ensuite !), le fruit à pain, le ramboutan, la sapotine, la sapote, la christophine, le ti concombre, la racine-madère, l’eau de coco fraîche, le jus de canne frais, le corossol, le fruit de cajou, la pitaya, différentes bananes (plantain, banane-rose, banane-pomme..), la pomme-cannelle


En plats : une recette de gombos cuits et trempant dans une sauce, les frites de fruit à pain, davantage de recettes à base de lait de coco ; en local on utilise beaucoup plus les piments, le gingembre, le curcuma
Aussi : le cacao complet (pas amaigri, pas modifié) et le sucre et la vanille locaux.

Comment te vois-tu évoluer dans la suite de ta vie ? (régime alimentaire, véganisme, militantisme…)
J’ai une démarche non dogmatique et très globale, et militante en même temps, inspirée par la politique, le spirituel, le psychologique et le développement personnel, la connaissance de l’histoire, du passé… Le militantisme uniquement vegan, ou uniquement antipauvreté, ou uniquement antiraciste, ça mène à l’impasse, soit par la récupération politique, soit en étant l’idiot utile d’une  idéologie plus puissante (surtout), soit un certain mal-être ou une certaine violence que certains militants nourrissent… Tout est lié ! (c’est la convergence des luttes).
Mais a priori je n’ai plus qu’aucune raison de me mettre à cautionner l’élevage ! Il reste à s’équilibrer au niveau global et trouver la meilleure
façon de faire améliorer les choses et ça c’est un chemin permanent : éternel apprenti…

Pour mieux te connaître, peux-tu te raconter en quelques mots ?
Prolo pas bobo, citoyen du cosmos, curieux comme un tit-pe
Procrastinatueur expert parfois paresseux,
homme blanc cis-hétéro français et pas d’penchant autoraciste,
Végano-piénu-créteux qui taquine et aime quand même coincés, haineux et égoïstes
Vision globale des choses donc vegan mais pas dogmatique
au point d’zapper histoire, local, humilité, enracinement, santé, politique, souveraineté
Trop dans la tête, pas assez dans la fête, plus dans l’oignon que dans les gnons
Autodidacte en études et cuistot pas cuistre, sur le tas j’ai appris
Du gang des rmiste, futur anarturopathe crachant pas sur un faaat gras plat d’pâtes
Oohh j’ai osé, j’ai fait d’la poésie, allez j’retourne dans ma série, le soleil brille mais j’suis trop addict.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa

Professeur des écoles à Toulouse, j’adore l’archéologie, l’histoire de l’art et la littérature.
Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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