Joaquin Phoenix évoque son véganisme pour Télérama

J’aime Télérama. J’aime Télérama parce que c’est le magazine le plus intelligent que je connaisse (c’est étonnant, pour un journal qui a vocation de publier les programmes télé, d’être tellement supérieur au Nouvel Obs ou à Libération pour ce qui touche à l’analyse politique ou aux faits de société).

J’aime Télérama parce que c’est le magazine le plus intéressant que je connaisse, avec des pages littérature ou musique extrêmement pointues et enthousiasmantes, sans le moindre soupçon de snobisme (enfin un organe de presse pour qui les jeux vidéos et les albums pour tout-petits font partie de la culture).

Et, cerise sur le gâteau, j’aime Télérama parce que la philosophie de l’hebdomadaire est végé-friendly.

Il est fréquent de tomber sur une allusion positive au mode de vie végétarien au détour d’un article, comme dans le numéro de Noël dernier, évoquant les gens qui ne souhaitent pas célébrer cette fête à travers la mise à mort d’un animal destiné à leur assiette. Les émissions de télévision ou de radio centrées sur le végétarisme et le véganisme, sur les problèmes liés à l’élevage, ou sur l’inhumanité des abattoirs sont toujours chroniquées (le plus souvent, il s’agit d’émissions passant sur Arte et France Inter).

“Joaquin Phoenix, bête de cinéma”

Joaquin

Le dernier numéro de Télérama présente Joaquin Phoenix en couverture. L’acteur est un végane convaincu, porte-parole de l’association People for the Ethical Treatment of Animals. Nous vous avons déjà parlé de lui, notamment lorsqu’il a prêté son image à PETA pour lutter contre la pêche, ou plus récemment lorsqu’il a dénoncé le cuir de chien produit en Chine, toujours via une campagne de sensibilisation de PETA.

Entre bien d’autres actes militants, il s’est érigé contre la cruelle tradition de consommer une dinde à Thanksgiving1 et a posé durant la Fashion Week pour une affiche luttant contre l’utilisation de fourrure d’origine animale :

no fur

Il est surtout connu des militants pour les droits des animaux en tant que voix off du célèbre documentaire antispéciste Earthlings.

Acteur multi-nominé, Joaquin Phoenix n’a jamais transigé avec ses convictions, quels que soient les rôles. Un récit de tournage parmi tant d’autres : lorsqu’il a joué dans Gladiator, de Ridley Scott, il a exigé que l’intégralité de ses costumes de scène soient dépourvus de cuir et d’ailleurs de toute matière animale ; les tigres luttant contre les gladiateurs dans l’arènes étaient quant à eux en images de synthèse2.

Télérama a choisi, à juste titre, une photo de l’acteur en compagnie de son magnifique pitbull blanc, avec la très appropriée légende : “Bête de cinéma”.

Télérama

L’interview

Enfin un média qui ose parler des convictions animalistes de l’acteur qu’il met en lumière… A l’époque où Interstellar faisait le buzz, il était rageant de voir la végane Jessica Chastain invitée sur tous les plateaux télé et interviewée dans tous les journaux sur tous les sujets possibles sans que jamais une question sur ses convictions lui soit posée. Muselée, en quelque sorte.

Dans Télérama, interrogé sur les idéaux hérités de ses parents, Joaquin Phoenix s’exprime ainsi :

Une grande considération pour les autres et pour le monde dans lequel nous vivons. Une réelle défiance vis-à-vis du matérialisme et de la consommation à tout prix. (…) Ils voulaient avant tout que nous apprenions à être libres et que nous ne nous soumettions pas aux conventions. (…) Ils sont même devenus végétaliens parce que leurs enfants l’avaient voulu.

L’acteur raconte la genèse de son véganisme :

Nous avions été pris de dégoût après avoir vu un pêcheur découper un poisson et nous ne voulions plus rien consommer d’origine animale.

Enfin, il analyse ce que signifiait être végane pour une famille de la fin des années 70… et pour deux jeunes acteurs débutants, son frère et lui, décrochant alors leurs premiers rôles :

A l’époque, ça n’était pas trop dans l’air du temps. Et, pour une famille aussi pauvre que la nôtre, ça n’avait rien d’évident de composer ses repas sans lait, sans œufs, sans fromage… Nous refusions aussi pas mal d’argent. Nous n’acceptions pas n’importe quel contrat. (…) Pas question de faire une publicité pour McDonald’s ou pour toute marque qui allait contre nos convictions. Nous nous coupions quand même de 70% des revenus possibles !

Joaquin Phoenix dans "Inherent Vice" (sortie prévue le 4 mars prochain), photo choisie par Télérama
Joaquin Phoenix dans “Inherent Vice” (sortie prévue le 4 mars prochain), photo choisie par Télérama

Merci Télérama pour contribuer à relever le niveau de la presse française par votre honnêteté intellectuelle…

Précisions :

  1. http://www.peta.org/videos/joaquin-phoenix-thanksgiving/ []
  2. http://www.animalliberationfront.com/Saints/Interviews/JoaquinPhoenix.htm []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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