La Belle et la Bête : la végétarienne et DSK

“Ici, une femme, qui est la cible des féministes, et une végétarienne, qui a fait de la protection des porcs sa vocation, a une aventure avec un cochon, grand consommateur de laiderons et, à l’en croire, même pas violeur.”

Le Nouvel Obs parle ainsi de Marcela Iacub, juriste française qui a entretenu durant sept mois une liaison avec Dominique Strauss-Kahn, juste après la sulfureuse affaire du Sofitel. Elle vient d’en tirer un livre, “Belle et Bête”, en librairie le 27 février.

Marcela Iacub et DSK
Marcela Iacub et DSK

Visiblement très littéraire, l’ouvrage semble écrit comme une fable où DSK apparaît constamment sous les traits d’un porc. L’originalité, c’est que l’auteur voit dans cette facette de son personnage le meilleur aspect de lui-même. Jugez plutôt :

Ce qu’il y a de créatif  d’artistique chez Dominique Strauss-Kahn, de beau appartient au cochon et non pas à l’homme. L’homme est affreux, le cochon est merveilleux (…). Le cochon, c’est le présent, le plaisir, l’immédiat, c’est la plus belle chose qui soit, la plus belle part de l’homme. Et en même temps le cochon est un être dégueulasse.

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Curieux personnage que cette Marcela Iacub, qui défend par ailleurs le végétarisme et la cause animale. En 2011, dans “Confessions d’une mangeuse de viande” (sous-titré “Pourquoi je ne suis plus carnivore”), elle retraçait son chemin vers le végétarisme. Je n’ai pas encore lu cet essai, dont l’intérêt réside dans la profession de l’auteur, spécialiste des questions de bioéthique.

Ancienne aficionada de la viande, elle explique avoir basculé dans le végétarisme pour deux raisons.

Le premier épisode qui a bouleversé ses valeurs est un procès auquel elle a participé. Une étrange affaire judiciaire dans laquelle un homme avait été condamné pour avoir commis des pénétrations sexuelles sur son poney. Marcela Iacub conclut ainsi l’histoire du poney : “Dans notre droit, on peut jouir d’un animal mort (en le mangeant), mais on ne peut pas jouir de sa vie…
Cette règle “la remplit de stupeur” .

Le deuxième est la lecture d’un texte de Plutarque, “Manger la chair” , dans lequel le philosophe grec interroge la morale sur les raisons qui poussent l’humain à tuer et à manger des animaux.
(De ce philosophe grec, retenons cette question qui n’a pas vieilli : “Qui donc a le premier transformé en viande un animal, un être animal, vivant, et en a honteusement rajouté jusqu’à convertir son sang en jus, voire en sauce ?”) Dès lors, pour Marcela Iacub, manger de la viande “(lui) est devenu insoutenable” .

Interviewée face à un boucher dans cet article en ligne, sa parole sonne juste, claire et pleine de bon sens. Bien loin de l’image de femme calculatrice, intéressée et marginale que véhiculent les médias depuis ses révélations sur Strauss-Kahn comme son ancien amant.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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