La Convention de Washington n’a pas voté la protection de l’ours blanc

Rappelons que la Convention sur le commerce international (dite Cites) était réunie à Bangkok pour travailler sur l’aide à apporter à l’ours blanc, une espèce en grand danger et qui se raréfie à vue d’oeil.
Sur proposition des Etats-Unis, soutenus par la Russie, il était question d’interdire le commerce des peaux d’ours blancs, le plaçant ainsi dans la catégorie d’animaux les plus protégés.
Le problème restait la position de la France, mais aussi de Greenpeace et du WWF, tous opposés à cette interdiction du commerce de l’ours (plus d’explications ici).

Ours polaireRésultat : les délégués des 177 pays réunis hier à Bankok n’ont pas voté l’interdiction de la chasse commerciale de l’ours polaire. Après des débats houleux, la proposition a été rejetée.

Pour deux raisons : la première, c’est que les Inuits canadiens, soutenus par le gouvernement français, s’étaient mobilisés contre une telle interdiction. Selon eux, elle «affecterait notre capacité à acheter de quoi vivre, à vêtir nos enfants, a fait valoir Terry Audla, représentant des peuples indigènes de l’Arctique canadien. Nous devons protéger nos moyens de nous nourrir et la vente des produits d’ours polaires nous permet de subsister.»

La deuxième raison, c’est l’accusation lancée par Greenpeace et le WWF. Selon eux, les Etats-Unis veulent se faire le sauveur de l’ours pour compenser leur inaction en termes de changement climatique. L’ours ne serait qu’une «image emblématique parfaite» pour eux, a ironisé le délégué Inuit.

Personnellement, le plaidoyer inuit pour leur survie ne me paraît pas être un argument valable, pour une raison très simple : au train où vont les choses, l’ours blanc est en train de disparaître. A court ou moyen terme, il n’y en aura plus (600 ours blanc sont chassés chaque année). Les inuits devront alors trouver de nouvelles ressources ; il est d’ailleurs faux de s’imaginer qu’ils ne vivent aujourd’hui que de chasse à l’ours. Puisqu’il leur faudra en passe par là de toute façon, mieux vaudrait le faire dans un monde où les ours polaires existent encore. Sans compter qu’il s’agit pour eux d’un potentiel argument touristique, d’un emblème pour leur artisanat…

Les inuits venus à Bangkok en 2013 me font penser à ces pêcheurs de thon rouge qu’on voit protester parce qu’on diminue leurs quotas de pêche, mais qui n’auront plus rien à pêcher si l’on ne les diminue pas…

Voici ce que dit Jeff Flocken, directeur régional pour l’Amérique du Nord du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) :

Cette fois encore, le monde a raté une occasion d’agir pour sauver les populations d’ours polaires. Pour ces derniers, qui avaient subi le même dédain lors de la dernière réunion de la Cites, cette décision enterre toute lueur d’espoir. Chaque année qui passe sans que cette espèce emblématique bénéficie d’une protection maximale nous rapproche de son extinction définitive.

(Merci à Michel Polo pour l’information…)

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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