La Nouvelle-Zélande reconnaît officiellement TOUS les animaux comme des êtres sentients !

Le gouvernement de Nouvelle-Zélande vient de reconnaître formellement les animaux comme des êtres sentients (“sentient beings”) en amendant pour cela la législation en vigueur concernant le bien-être animal1.

Le texte de loi stipule qu’il est maintenant nécessaire de reconnaître les animaux comme sentients, et que leurs propriétaires doivent leur prodiguer de bons traitements.

Un grand pas en avant

La présidente du Comité national d’Ethique Animale, le Dr Virginia Williams, explique2 :

Dire que les animaux sont sentients, cela revient à établir explicitement qu’ils peuvent ressentir des émotions positives ou négatives, y compris la souffrance et l’angoisse.
C’est cet aspect explicite qui est novateur, et qui marque d’une pierre blanche l’aventure de la bien-traitance animale.

NZ

 

Quelles conséquences peut-on attendre ?

A Vegactu, sans pour autant bouder notre plaisir face à cette avancée, nous sommes moins optimistes que le Dr Williams. Que peut-on attendre précisément d’un Etat qui, malgré ses bonnes intentions affichées, n’a pas plus que les autres interdit la consommation de viande, le commerce du cuir, de la laine ?

Le très bon site Animal Law s’est posé la question des implications légales que peut susciter l’introduction du qualificatif “sentient” dans la loi néo-zélandaise, et surtout dans la vie quotidienne de tout habitant de ce pays dont les activités impliquent des animaux3.

Veau contre sa mère

Pour Animal Law, les défenseurs des droits des animaux vont certainement pouvoir réutiliser leurs arguments intemporels en faveur de la bien-traitance animale sous l’égide de ce récent amendement. Ils pourront en suggérer des interprétations susceptibles de créer l’obligation légale, pour chaque citoyen, de fournir à ses animaux des “émotions positives”. Et non plus simplement, comme par le passé, la simple obligation de faire cesser les “émotions négatives”.

Comme nous, le rédacteur d’Animal Law s’interroge sur les implications légales dans l’industrie agro-alimentaire et la production de sous-produits animaux… Gageons qu’elles seront minces, en particulier dans l’industrie de la viande : tuer un être sentient à un âge tendre, comment accommoder cela avec une loi progressiste ? Il faudra là encore une sacré dose d’hypocrisie et de mauvaise foi.

Bref, le nouvel amendement aura pour conséquence principale non pas de faire bouger les pratiques quotidiennes, mais bien de fournir des armes supplémentaires aux combattants de la protection animale. C’est déjà une bonne nouvelle.

>> Lire le texte de loi officiel.

  1. Animal Welfare Amendment Bill []
  2. Dr Williams sur animalequality.net []
  3. Article sur animallaw.biz []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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