La viande in vitro bientôt dans les assiettes ?

Mardi soir (8 octobre 2013) passait sur arte un documentaire de Véronique Préault consacré à la création en laboratoire de viande in vitro. L’occasion de se pencher sur ce phénomène scientifique.

Un steak éprouvette ? L’idée, digne d’un scénario de science-fiction, consiste à produire de la viande de bœuf en laboratoire à partir de cellules-souches. Cette technique est actuellement développée par plusieurs équipes de chercheurs, aux Etats-Unis et aux Pays-Bas.

En août dernier, le premier hamburger in vitro, 181g de viande de bœuf 100% synthétique cultivée sur paillasse, était présenté à Londres pour une dégustation hyper médiatisée.

L’objectif ? Trouver une alternative au bétail pour parvenir à nourrir demain 9 milliards d’être humain, en tenant compte du fait que des pays comme l’Inde ou la Chine deviennent de plus en plus carnivores. Mais aussi réduire les émissions de gaz à effet de serre générées par l’élevage intensif. Et bien sûr, abolir la souffrance animale inhérente à la production de viande.

Interrogée durant le reportage, l’association américaine de défense des animaux PETA se dit complètement favorable à un avènement de la viande in vitro, et à son chemin jusqu’aux assiettes du consommateur, considérant que le but de tout militant de la cause animale est de faire cesser au plus vite les souffrances liées à l’élevage et l’abattage. On ne peut qu’être d’accord avec eux.

Donnant la parole à ces scientifiques enthousiastes persuadés de détenir la clé de notre avenir alimentaire, cette enquête a aussi décidé d’être objective en donnant un droit de réponse aux contestataires. Le boucher Yves-Marie le Bourdonnec nous offre ainsi un grand moment de télévision, expliquant très sérieusement face à la caméra que nous deviendront rien moins que des barbares si nous consommons du bœuf in vitro. Il ajoute que les vaches dans les champs, c’est joli, et que si l’on passe à la viande de laboratoire, il n’y en aura plus. Des arguments plus amusants qu’éloquents, donc, surtout quand on sait que les vaches qui broutent en semi-liberté constituent un pourcentage infinitésimal de l’élevage, une minorité comparé à leurs consœurs bloquées hors sol dans des enclos minuscules.

Ce documentaire très complet n’oublie pas d’évoquer les autres alternatives au marché de la viande classique : produits à base d’insectes que l’ONU espère faire ingérer aux populations humaines de demain, mais aussi simili-carnés : les produits de la marque Quorn sont assez longuement évoqués.

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Les “boulettes de viande” Quorn, à base de mycoprotéines.

Sources
“La viande in vitro, bientôt dans nos assiettes ?”, documentaire de Véronique Préault (France, 2013), 90 min.
Télérama n°3325 (merci Virginie pour l’article !)

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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