L’autre Spanghero : des protéines végétales et du bio

Laurent Spanghero, fondateur de l’entreprise du même nom (qu’il a vendue en 2009), que l’on a vu pleurer de honte lors du scandale qui a ravagé son ancienne entreprise, ne croyait plus depuis longtemps à un futur carné.

Cet aîné d’une fratrie légendaire du rugby, devenu poids lourd de la filière viande, a fondé en 2010 Nutrinat, une entreprise bio autour de la protéine végétale, qui produit des plats préparés associant céréales et légumineuses.

Lui, “le colosse Spanghero”, “le prophète de la bavette, du steak et du barbecue” comme le surnomme le Nouvel Observateur dans son dernier numéro, déclarait récemment à l’AFP :

Plus de 40 ans passés dans la viande m’ont fait comprendre qu’il n’y en aura pas assez pour tout le monde. Si demain on veut nourrir correctement la planète, il faut une alternative à la viande.

Et d’ajouter que “le faible index glycémique associé à une forte teneur protéinique des lentilles, des féveroles et de l’orge procure un effet de satiété prolongé”.

Voici son parcours, qui montre que tout un chacun peut évoluer.

Une jeunesse entre rugby et viande

Fils d’immigrés italiens, et d’un père ouvrier agricole, Laurent Spanghero raconte : « On vivait chichement, les repas étaient frugaux ». Très tôt  il aide son père à la ferme et joue au rugby dans le club local.

Des six garçons, quatre feront du rugby à un haut niveau. « On faisait tous 1,90 m et plus de 100 kilos, alors la presse en a fait ses choux gras, de la fratrie Spanghero ».

Les six frères Spanghero (à gauche, Laurent)
Les six frères Spanghero (à gauche, Laurent)

En 1968, à 27 ans, un conflit avec son père pousse Laurent Spanghero à quitter la ferme familiale. Il trouve du travail à l’abattoir de Pamiers (Ariège), où il apprend pendant trois ans les métiers de la viande.

En 1970, il crée avec l’un de ses frères la fameuse entreprise Spanghero aujourd’hui en liquidation judiciaire.

Le changement : crainte du steak et intérêt pour la protéine végétale

Laurent Spanghero s’était retiré dès 2005 de l’entreprise mais a continué longtemps d’exercer des fonctions dans la filière viande. La crise de la vache folle et sa problématique de la traçabilité commence à le faire réfléchir. Cette crise marque un tournant dans sa vision de la viande.

Après avoir sillonné les cinq continents (il travaille alors à l’UECBV, Union Européenne du Commerce du Bétail et de la Viande), il se retrouve convaincu que l’avenir est à la protéine végétale.

Laurent Spanghero n’est pas devenu végétarien même s’il mange « moins de viande qu’avant ». Fort de ses nouvelles convictions alimentaires, mais constatant aussi qu’« il y a une montée très forte de la demande de produits végétaux », il décide de se lancer dans ce nouveau marché.

En janvier 2010, il fonde en Haute-Garonne Nutrinat, une société bio qui a mis au point toute une gamme de produits (des salades aux plats à réchauffer) très riches en protéines végétales, avec notamment la marque Instants Nature : blé dur ou riz associés à du lupin, du pois chiche, des haricots, lentilles, féveroles… Ses clients privilégiés sont les magasins bio, les structures accueillant des personnes âgées, la grande et la moyenne surface.

Gamme

Pour l’heure, Nutrinat emploie trois salariés. L’objectif  est d’avoir assez de clients d’ici fin 2013 pour « couvrir tous les frais », d’après Laurent Spanghero. « Tant que je suis en bonne santé, il n’y a aucune raison que je n’essaye pas d’améliorer la vie de chacun ».

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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