Le co-créateur des Simpsons lègue sa fortune à PETA et aux sans-abris

Sam Simon a 58 ans, est végétalien, et est avec Matt Groening le co-créateur des Simpsons. Il est très connu à Hollywood pour ses activités philanthropiques à travers ses nombreux dons à des associations comme PETA ou Sea Shepherd, qui s’élèvent à plusieurs millions d’euros.

Malheureusement, il y a 5 mois, les médecins lui ont diagnostiqué un cancer du côlon. Il a confirmé lors d’une émission télé qu’il avait entre 3 et 6 mois à vivre. Il a alors annoncé qu’il allait donner la quasi totalité de l’argent gagnée avec Les Simpsons (plusieurs dizaines de millions de dollars chaque année depuis 1989) à ses association et à d’autres œuvres de charité.

Il a déclaré au Hollywood reporter :

 Je pense qu’être vegan est la réponse pour à peu près tous les problèmes que le monde connaît aujourd’hui en matière de faim et de changement climatique. Les gens auraient une meilleure santé. L’élevage est le plus gros producteur de gaz à effet de serre du monde. Sans parler de la souffrance animale…Lorsque les gens font un jour sans viande dans la semaine, ou adoptent au lieu d’acheter un chien, ce sont des victoires.

Sam Simon léguera sa fortune en partie à sa propre fondation, Sam Simon Foundation (valeur estimée en 2011 : 23 millions de dollars), qui nourrit les sans-abris avec des repas végétaliens et s’occupe des chiens errants. Il a également fait des dons à PETA, à l’association Save the Children, et à la Sea Shepherd conservation Society. En hommage, Paul Watson a donné son nom à l’un des bateaux de sa flotte, qui lutte contre les baleiniers et la pêche illégale. Il a également fondé un refuge à Malibu qui sauve des chiens de la fourrière et les éduque pour accompagner les sourds et les malentendants.

Voici un extrait de l’interview que Sam Simon a donnée au Hollywood Reporter, traduit par PetCity (lire l’intégralité de l’interview en anglais ici).

 The Hollywood reporter : comment vous sentez-vous ces derniers temps ?

Sam Simon : 1 semaine de chimio, 1 semaine de repos… j’ai tous les effets négatifs de la chimio, qui peuvent me flinguer les jours de repos… mais aujourd’hui ça va.

THR : Quel est votre degré d’activité dans le domaine caritatif aujourd’hui ?

S.S : Je n’ai jamais tout fait moi-même, mais j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes qui s’en occupent pour moi. Un des grands plaisirs de ma fondation c’est de passer du temps avec des gens supers, parmi les meilleurs que j’ai rencontrés dans ma vie.

THR : Pourquoi avoir choisi notamment la cause animale ?

S.S : J’adore les animaux. Tout ce que fait ma fondation, c’est aider à la fois les humains et les chiens. C’est notre mission. J’adore les chiens, et rencontrer les gens dont nous avons sauvé les compagnons avec notre programme « opération gratuite ». Lorsque le Drew Carey Show, que je produis, avait fait un épisode sur les courses de lévriers, j’ai fait des pieds et des mains pour qu’on réécrive le script. Je ne voulais pas d’un épisode qui parle de ça. Mais les scénaristes n’ont pas voulu. Alors j’ai reversé tout le fric de l’épisode à PETA. Ils étaient alors en plein sauvetage de 6 lévriers en Californie, et m’ont invité à participer à un shooting photo qu’ils voulaient faire pour montrer leur situation. Quand je suis arrivé sur place, pas de chiens. L’association m’a expliqué qu’avec la médiatisation, le sauvetage s’était compliqué, les propriétaires avaient menacé de tuer les chiens qui allaient être sauvés un mois plus tard. J’ai trouvé ça flippant.

THR : Tout d’un coup, tout le monde semble découvrir que vous êtes un philantropiste, alors que votre engagement est ancien…

S.S : Tout le monde sait aujourd’hui que je vais mourir, alors j’ai droit à des récompenses, des immeubles et des bureaux qui portent mon nom. Le vrai truc, c’est que j’ai plus de pognon que je ne peux en dépenser, et ça ne m’intéresse pas, d’ailleurs, de le dépenser pour moi. Toute ma famille me suit là-dessus, et ça me fait plaisir.

THR : Comment choisissez-vous les projets que vous aidez ?

S.S : Tout dépend des idées. Paul Watson de Sea Shepherd avait besoin d’un nouveau bateau. Charlie McCormack de Save the Children fait des trucs supers aussi, que je veux soutenir. Et Ingrid Newkirk de PETA m’inspire beaucoup. Quand j’étais à l’hôpital, beaucoup sont venus. J’ai eu une idée avec Ingrid : en décembre, j’ai commencé à racheter des zoos et des cirques, en entier. Je voulais juste voir, avant de mourir, ces animaux se balader sur de l’herbe pour la première fois de leur vie. Par l’entremise de PETA, j’ai stoppé pas mal de cirques ambulants, qui comptent les animaux peut-être les plus maltraités dans ce pays.

THR : Vous avez dit dans les médias que c’était vraiment important pour vous, voire crucial, de donner le maximum de vos biens. Pourquoi ?

S.S : J’en tire du plaisir. J’aime ça. Je ne vois pas ça comme une obligation. Le truc avec la cause animale, qui n’est pas la seule que je défends, c’est que je vois bien que l’argent fait avancer les choses. Je vois de vrais résultats. Il y a de supers projets qui sont mis en place, toutes les semaines. Je ne suis pas sûr qu’on obtienne ça avec les œuvres de charité classiques visant à lever des fonds (en général faibles). Si vous donnez depuis 20 ans pour la défense de l’environnement, vous pensez vraiment que votre argent a servi à quelque chose aujourd’hui ? C’est des gouttes d’eau dans la mer. On peut le dire, l’environnement a globalement été détruit.

THR : Quels changements aimeriez-vous voir dans ce monde ?

S.S : Je voudrais qu’on arrête l’expérimentation animale. Ça ne sert à rien. Par ailleurs, je pense qu’être vegan est la réponse pour à peu près tous les problèmes que le monde connaît aujourd’hui en matière de faim et de changement climatique. Les gens auraient une meilleure santé. L’élevage est le plus gros producteur de gaz à effet de serre du monde. Sans parler de la souffrance animale… Lorsque les gens font un jour sans viande dans la semaine, ou adoptent un chien au lieu de l’acheter, ce sont des victoires.

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien, grand fan de Morrissey, et actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement d'images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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