Le journal “Marianne” veut ouvrir la cage aux animaux

Excellent article de l’hebdomadaire Marianne sur les cirques, zoos, Marineland et autres camps de concentration.

Un article pertinent, réfléchi, informé, qui a dû nécessiter de nombreuses recherches en amont, et qui replace l’individu animal au centre des débats. A lire in extenso sur le site du journal : “Faut-il ouvrir la cage aux animaux ? ».
Pour les plus pressés, en voici un résumé :

Marineland épinglé pour son hypocrisie

Qu’il est jouissif de relever dans la presse mainstream une critique de la communication façon Marineland ! Oui, Marineland jure désormais que sa mission est pédagogique, tournée vers la préservation des océans. Seuls les plus crédules y croiront.
Un peu plus bas dans l’article, la journaliste de Marianne se paye d’ailleurs la tête d’une animatrice d’un show d’otaries à qui le parc aquatique a visiblement demandé d’ajouter un paragraphe en ce sens à son speech : « Marineland finance une association sur place, qui va… éduquer les populations locales aux… euh… à la chasse, pour essayer de protéger et renforcer ces animaux. » Nul doute, conclut avec ironie la journaliste, que les enfants sortent édifiés par cette démonstration hautement éducative.

Loro Parque Orque

Animal = être sensible

Du changement du statut de l’animal dans le code civil à ces maires qui interdisent désormais aux cirques avec animaux de s’implanter sur leur commune, Marianne dresse le bilan des évolutions positives de la société française. Et ne manque pas de rappeler, fort à propos, que 23 pays interdisent déjà la présence d’animaux dans les cirques, parmi lesquels la Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Slovénie, la Croatie ou encore l’Inde. Alors, pourquoi pas nous ?

Cirques avec animaux : raillés, critiqués

Au passage, les cirques Pinder et Medrano en prennent pour leur grade. Le PDG du premier et le directeur du second traitent respectivement de nazis et d’extrémistes les défenseurs des animaux. Des insultes rapportées par Marianne, et qui n’honorent pas ces individus.

Lorsque l’hebdomadaire interviewe le dresseur d’éléphants de Medrano, celui-ci a beau se montrer jovial et jurer ses grands dieux qu’ “ici, pour les bêtes, on peut dire que c’est le top du top », la journaliste commente sobrement : “Le top du top, c’est donc un coin de parking en bordure d’une voie rapide ».

Les positions que l'on oblige les animaux à prendre ne sont pas naturelles, provoquent des lésions et peuvent endommager leurs organes internes.
Les positions que l’on oblige les animaux à prendre ne sont pas naturelles, provoquent des lésions et peuvent endommager leurs organes internes.

La maltraitance pointée du doigt

Une journaliste qui a effectué des recherches : rappel des investigations de France Télévision (mai 2015) qui ont montré que les circassiens enfreignent régulièrement les règles de bien-traitance des animaux (pourtant largement insuffisantes), interview de l’organisme officiel chargé de contrôler les installations — dont le délégué Ile-de-France avoue son impuissance –, évocation du placement problématique, voire impossible, des animaux saisis par la justice…

La « malhonnêteté fondamentale » des zoos

Sur le chapitre des zoos, Marianne interroge Jean-Claude Nouët, professeur de médecine et cofondateur de La fondation droit animal (LFDA). L’occasion de quelques rappels utiles : « Ça ne peut pas être scientifique de donner à voir des animaux qui n’ont pas des comportements normaux ! » selon le professeur.
« On n’apprend rien à observer un lion qui ne sait plus chasser, une orque qui n’a jamais croisé une algue, ou un éléphant qui vit seul ».

Nulle pédagogie, donc. Mais une communication bien rodée : «Ils ont confié leur image à des agences de pub. Le zoo de Beauval, c’est l’un des pires : c’est vraiment de la communication faite pour les andouilles, ces affiches avec les gorilles et les pandas.»

Le bien-être animal dans les zoos ? “Un ours polaire à Nice, une orque à Antibes, un éléphant en Seine-et-Marne : autant d’espèces qui n’ont rien à faire sous nos latitudes ». Pire : le professeur Nouët explique que lorsqu’on agrandit les cages, les visiteurs sont les premiers à s’en plaindre, car ils voient les animaux de plus loin…

Quant aux réintroduction des animaux dans leur milieu naturel, alibi courant des zoos, elles sont “rares, compliquées, et souvent vouées à l’échec ».

Zoos

Le mot de la fin

Dans les zoos, et même dans les réserves, “on ne préserve pas une espèce, on conserve des spécimens. Pour vraiment préserver les animaux, il faut préserver leurs espaces naturels, leurs biotopes ».

Merci au professeur Noüet pour sa clairvoyance, merci à Elodie Emery, journaliste à Marianne, pour cet article édifiant, en avance sur son époque, à partager autour de vous.
Et merci à Eric pour nous avoir signalé cet article.

>> Lire l’article à la source.

Marianne

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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