Le paradoxe indien, premier pays végétarien du monde, et premier exportateur de viande bovine

2,15 millions de tonnes (en équivalent poids carcasse), c’est ce que l’Inde devrait exporter en viande bovine en 2013, soit 30% de plus qu’en 2012 (1,66 million de tonnes).

Le cheptel bovin indien continue d’augmenter en réponse à une forte demande pour les produits laitiers, avec pour l’année 2013 des stocks prévus à 327 millions de têtes. La consommation indienne par habitant reste toutefois à moins de 2kg par an et par habitant, ce qui reflète toujours une préférence pour les régimes végétariens.

Récemment, suite à un manque d’eau dans certaines parties de l’Inde (Karnataka, Gujarat, du Maharashtra et du Rajasthan) des agriculteurs ont délaissé la production agricole pour se concentrer sur la production laitière.

Ainsi, la croissance du cheptel devrait se poursuivre à court terme, avec une augmentation du nombre de bêtes de plus de 1% cette année. Les stocks combinés pour les bovins et les buffles sont estimés à 323,74 millions tête en 2002, et en 2011 les stocks ont été révisées à la hausse à 320,80 millions de têtes.
Bien qu’aucune statistique officielle ne soit disponible pour la production bovine, les sources industrielles et les chiffres d’exportations indiquent toujours une forte demande et donc l’accroissement de l’offre de viande bovine indienne.

En 2013, la production de viande bovine devrait atteindre un record de 4,16 millions de tonnes (en équivalent poids carcasse), en hausse de 14% par rapport à 2012.
L’abattage des boeufs est autorisée, même si elle est limitée aux taureaux et aux génisses improductives. Cependant, les plus grands abattoirs indiens ne respectent pas cette loi, et pratique l’abattage rituel (le Moyen-Orient est le principal importateur de viande bovine).

En raison de la rentabilité de la production de viande en Inde, des agriculteurs sont incités à récupérer et à vendre des veaux qui étaient précédemment sous-utilisés. Certains agriculteurs engraissent désormais les veaux pour les envoyer le plus rapidement possible à l’abattoir, bien que la pratique reste faible pour l’instant.

Tous ces projets sont financés par la Banque nationale de développement agricole et rurale, dont le but est d’atteindre un taux de croissance de 10% pour le secteur de la viande. Un des projet est de favoriser l’élevage de veaux pour la production de viande.

Un abattoir en Inde (2010)
Un abattoir en Inde (2010)

Le National Dairy Development Board (BNDG), en partenariat avec le Gouvernement indien et la Banque mondiale, a élaboré un plan national des produits laitiers (NPD) afin d’augmenter la productivité des animaux laitiers et de fournir aux producteurs de lait un meilleur accès à la transformation du lait.

L’augmentation des exportations de viande indienne est le résultat de son faible coût de production (par rapport aux concurrents internationaux). Les coûts de production sont faibles en raison de l’augmentation constante de la demande en produits laitiers, et des nouvelles incitations provenant des abattoirs pour tuer les animaux préalablement sous-utilisées.

Compte tenu de son énorme croissance concernant les exportations de viande bovine, l’Inde devrait devenir le plus grand exportateur de boeuf au monde en 2013. Il passera alors avant le Brésil et Etats-Unis. En tant que concurrent fondé sur les prix, l’Inde a connu une augmentation des exportations au cours des deux dernières années au Moyen-Orient, Afrique et Asie du Sud.

Source : Mercopress

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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