L’Education nationale corrompue par Nestlé

En France, l’Education nationale semble assez autonome financièrement, contrairement aux Etats-Unis où les enfants peuvent et doivent parfois regarder certaines publicités pendant les cours. Sauf que l’apparence est bien trompeuse.

Derrière cette façade d’une école française autonome, des contrats ont été passés avec des entreprises privées comme Total1 , ou Nestlé.

Vegactu s’est procuré un document montrant un accord entre l’Education nationale et le groupe Nestlé.

Dans ce document, on apprend que Nestlé apporte depuis des années sa contribution à l’Education Nationale :

  • en proposant aux enseignants des supports pédagogiques de formation et d’animation destinés à leurs élèves.
  • en prenant part à l’organisation de stages de formation des professeurs avec les inspections générales et les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) (ndlr : l’Institut qui forme les professeurs d’école maternelle et d’école primaire, aujourd’hui rebaptisé ESPE) et ce dans le respect des référentiels des diplômes.

Cet accord de partenariat souligne aussi que l’ « Education Nationale est attentive au développement de l’information sur la nutrition et la santé auprès des élèves ». C’est vrai qu’il n’y a pas mieux en terme de conflits d’intérêts que de demander à une entreprise privée du milieu de l’alimentation d’informer sur la nutrition et la santé des enfants.

Quel est le public visé ?

Comme le précise l’accord, le public concerné est « tous les enseignants des cycles écoles maternelles et primaires et cycle secondaire » , rien que ça !  Comment compte s’y prendre Nestlé ? A travers son site, en faisant des créations et animations qui sont disponibles en 4 grands espaces : maternelle, primaire, collège, économie et gestion… Mais aussi en distribuant des mallettes d’animation disponibles pour les enfants de 3 à 10 ans.

Cet accord précise qu’il est “en cohérence avec les programmes scolaires, cette mallette respecte la Charte de  l’Institut Français de la Nutrition“, or l’Institut Français de la Nutrition, qui est depuis 2011 devenu le Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé  précise sur son site qu’ “en France, il existe de nombreux documents sur l’alimentation végétarienne. Cette liste, à visée informative, est loin d’être exhaustive, et ne constitue pas une caution du Fonds français pour l’Alimentation et la Santé.” On peut donc conclure qu’ils n’approuvent même pas le régime végétarien, une véritable honte. Pour information le Fonds français pour l’Alimentation et la Santé est financé en partie par Coca Cola, Danone, et Fleury Michon.

Comment Nestlé va-t-il enseigner la nutrition aux enfants, et surtout aux professeurs des écoles ? En insistant bien lourdement sur les indispensables 3 à 5 produits laitiers par jour ? Pour rappel l’Autorité Américaine de Diététique et ses 72 000 médecins a approuvé les régimes végétariens et végétaliens à tous les stades de la vie2 .

Ce triste accord a été signé à Paris, le 26 mars 2009 entre le précédent ministre de l’éducation Xavier Darcos et Eugenio Minvielle, le président directeur général de Nestlé. Il est disponible sur nos serveurs (format pdf).

  1. http://www.le-mammouth-dechaine.fr/Ndj/files/a281dba77d4b4fc71aa929a17d6022d1-967.html []
  2. http://download.journals.elsevierhealth.com/pdfs/journals/0002-8223/PIIS0002822303002943.pdf []

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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