Les “vérités” du Nouvel Obs sur la viande…

Le Nouvel Observateur de cette semaine titre : « LA VÉRITÉ SUR CE QUE VOUS MANGEZ ».
Sur la couverture, une assiette garnie de nuggets, de saucisses, de quiche et de saumon fumé.
Un sujet porteur en ces temps de scandales alimentaires.

L’article commence sur la description d’un élevage de porcs breton, un modèle du genre puisque les animaux “grignotent glands et châtaignes”. Du welfarisme pour apaiser sa conscience de carnivore, soit : la recette est connue.

Le magazine poursuit avec un tour d’horizon de la malbouffe industrielle moderne, plutôt bien écrit. On en ressort horrifié, et bien heureux d’être végé. Deux exemples pris au hasard :

  • Le saumon d’élevage est gavé de pesticide cancérigène pour le préserver des poux de mer, et d’additifs chimiques pour colorer sa chair en rose (les mêmes qu’ingurgitent les poules en batterie pour redorer le jaune de leurs oeufs).
  • Le fromage blanc light, pour pallier son manque d’onctuosité, est généreusement agrémenté de gélatine dont voici la méthode d’obtention : faire macérer les tissus conjonctifs de peau de boeuf, de porc ou de poisson dans du lait de chaux, ou la couenne de porc dans un bain d’acide.

Nouvel ObservateurAu passage, le Nouvel Obs s’étonne de détails qui ne me paraissent guère incongrus… Il s’indigne notamment que les analyses aient décelé la présence de “sang, protéines de sang” dans les saucisses cocktails. Du sang dans un produit fait à base de cochon, voilà qui me paraît somme toute logique. Carnivores, enlevez vos oeillères !

On en arrive enfin aux conclusions de l’article.
Je rappelle qu’à ce stade le magazine vient de nous prouver, exemples documentés à l’appui, que toutes les catégories d’aliments issus du circuit de la viande, des oeufs ou des produits laitiers (de la mozzarella au poulet en passant par le lait maternisé) avaient déjà fait l’objet de scandales sanitaires ou de polémiques nutritionnelles. Que ce soit dans la grande distribution ou la restauration.
Qu’on soit végé ou non, on attend une conclusion qui nous inviterait sagement à limiter, par principe de précaution, la consommation desdits produits.

Les conseils du Nouvel Obs sont en deux parties :

  • “La tentation locavore”, un entrefilet où l’on nous explique que “le mouton fourni par l’éleveur du coin”, c’est bien.
    La tentation végétarienne (ou végétalienne) aurait été, à mon sens, un titre beaucoup plus cohérent avec l’article…
  • “Dix recettes pour bien manger”, un méli-mélo sans queue ni tête où l’on se croirait dans les pages régimes d’un magazine féminin. On apprend ainsi qu’un jus de fruit, même frais pressé, est calorique, et que les dattes sont souvent plongées dans un bain de sucre.

Moralité, il est tout à fait possible de mener une enquête fiable et d’en tirer non les conclusions qui s’imposent mais bien celles qui nous arrangent. Et qui nous confortent dans nos petites habitudes.Pas content

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore la littérature et la bande dessinée. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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