Des cultures de cellules de peau en train de croître dans ces fioles en plastique peuvent être employées pour évaluer la corrosivité de substances testées sur la peau. Source : Doctors Against Animal Experiments

L’Europe dans l’embarras pour les tests sur animaux dans les cosmétiques

La recherche de méthodes de substitution à l’expérimentation animale se poursuivra, car le remplacement total des essais sur les animaux par d’autres méthodes n’est pas encore possible” , a reconnu la Commission européenne dans un communiqué.

C’est avec ce communiqué de la Commission européenne que s’ouvre une dépêche AFP. Mais que faut-il comprendre? Qu’il n’y aura plus de tests sur animaux même si aucune méthode de substitution n’existe? Ou que s’il n’y a pas de méthode alternative il n’y aura pas tout simplement plus de tests?

En tout cas une chose est sûre, l’Europe communique sur les chiffres. “Près de 238 millions d’euros ont été affectés à la recherche dans ce domaine entre 2007 et 2011” . Ça vous parait énorme ? Si on le compare au marché de la cosmétique qui représente 71 milliards d’euros par an, cela représente  en 5 ans moins de 0,067% des dépenses pour trouver des alternatives, un chiffre tout simplement dérisoire…

Le 11 mars 2013 devait être le nouveau jour pour les droits des animaux, car il ne devait plus y avoir de tests sur animaux pour les produits cosmétiques (que ce soit sur le produit fini ou les ingrédients). Mais il semble y avoir un problème de taille.

Le problème Reach

Des cultures de cellules de peau en train de croître dans ces fioles en plastique peuvent être employées pour évaluer la corrosivité de substances testées sur la peau.  Source : Doctors Against Animal Experiments
Des cultures de cellules de peau en train de croître dans ces fioles en plastique peuvent être employées pour évaluer la corrosivité de substances testées sur la peau.
Source : Doctors Against Animal Experiments

Un autre gros problème vient du plan Reach (Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques), qui sous prétexte de supprimer les produits les plus toxiques pour notre santé, oblige à faire des tests, même quand il n’y a pas de méthodes alternatives aux tests sur animaux.

Comment un produit cosmétique peut être non testé sur animaux alors que s’il contient un produit chimique utilisé à plus d’une tonne par an en Europe il doit être testé (même s’il n’y a aucune méthode de substitution aux tests sur animaux)

Nous avons contacté l’Union Européenne début février pour en savoir plus sur les liens entre Reach et l’interdiction des tests sur les animaux en cosmétique, et n’avons pas obtenu de réponses si ce n’est un “En réponse à votre question veuillez noter que la Commission travaille actuellement sur une Communication à ce sujet qui sera publiée, ainsi que d’autres documents informatifs sur ce sujet, sur son site web, le lundi 11 Mars 2013

Sur ce, lundi 11 mars un pdf a effectivement été mis en ligne, expliquant les liens entre le protocole Reach et la nouvelle réglementation sur les cosmétiques. En gros ce PDF mentionnait que Reach restait toujours d’actualité même pour les cosmétiques. Bizarrement, voulant retourner le voir le 11 mars au soir pour rédiger cet article, le PDF a été supprimé, et ceux dans toutes les langues. 

N’ayant pas eu l’idée de sauvegarder ce pdf, je ne peux pas vous le coller, et l’Union Européenne a supprimé définitivement ses communiqués sur la réglementation du 11 mars 2013 de son site europa.eu.

On ne peut que regretter le manque de transparence de l’Union Européenne sur un tel sujet, et l’on se dit que si l’Europe a quelque chose à cacher, ce n’est sûrement pas une bonne surprise.

Edit : J’ai finalement pu retrouver ce pdf dans mon historique. Je vous l’ai mis en ligne ici : Communication de l’UE du 11 mars 2013.

fin tests sur animaux 11 mars

En général, les ingrédients utilisés dans les produits cosmétiques sont également soumis aux dispositions horizontales du règlement REACH et il se peut qu’il soit nécessaire d’avoir recours à l’expérimentation animale pour compléter les dossiers s’il n’existe aucune autre solution.

Et enfin un autre extrait de la communication de l’UE :

Il revient donc aux États membres d’apprécier et de décider si l’expérimentation animale effectuée au titre d’autres législations doit être considérée comme relevant de l’interdiction de mise sur le marché de 2013.

Malheureusement, ce qui est un pur scandale, les États peuvent donc décider que l’expérimentation animale ne relève pas de l’interdiction de mise sur le marché européen. L’Union Européenne fait donc marche arrière dans ce qui aurait pu être une très belle avancée.

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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