L’horreur sur des rongeurs dans un grand laboratoire public français

Après avoir révélé la condition des chiens utilisés dans des expériences financées par l’AFM-Téléthon, et des images inédites en France de singes utilisés pour le sous-sol d’un hôpital parisien, l’association Animal Testing révèle une nouvelle enquête avec pour la première fois en France le témoignage d’un lanceur d’alerte qui travaille dans ce laboratoire. Les protocoles des expériences validées par les comités d’éthique ont aussi été obtenus.

Ces images accablantes montrent les manquements de la prise en compte de la souffrance animale. C’est aussi la première fois qu’un salarié témoigne de la souffrance animale et humaine dans son laboratoire.

Des rongeurs maltraités

Les images rélèvelent les nombreuses tortures que subissent les animaux :

  • Les rongeurs sont atteints de tumeurs impressionnantes au point que l’on demande s’ils parviennent à se nourrir ou se déplacer : un chercheur répond avec dérision que c’est « comme se balader avec un sac à dos ».
  • Les anesthésies sont parfois pratiquées au niveau des yeux, rendant les animaux aveugles ou leur faisant perdre leurs yeux. Un chercheur explique avoir retrouvé sans raison des yeux d’animaux dans des cuves.
  • Un protocole, dont nous avons les images, commande de vider les animaux (vivants et non anesthésiés) de leur sang jusqu’à ce que mort s’en suive. Ce type d’expérience est pourtant autorisée par le comité d’éthique.

Antidouleurs non obligatoires

Contrairement à ce qu’affirment de nombreux chercheurs publiquement, les antidouleurs ne sont pas obligatoires : nous nous sommes procurés un protocole qui atteste noir sur blanc qu’aucun antalgique ne sera administré aux animaux. L’expérience concerne plus de 7000 animaux.
Le lanceur d’alerte atteste que les « points limites » (indiquant que l’animal doit être mis à mort s’il souffre trop) ne sont pas respectés : des animaux décèdent de leurs souffrances.

Mise à mort des rongeurs

Alors que la majorité du grand public imagine que l’euthanasie des animaux se fait par simple piqûre indolore, les images montrent les deux types de mises à mort les plus pratiquées.

La première montre des rongeurs qui sont gazés au CO2. La seconde est par dislocation cervicale, à la main : le chercheur tire manuellement sur la tête et la queue du rongeur.

L’impuissance du comité d’éthique

Le lanceur d’alerte indique le non respect de son opposition à plusieurs expériences, bien qu’elle ait normalement un droit de veto en tant qu’animalière. Elle indique aussi les pressions en interne et hiérarchique pour éviter de compliquer la validation des protocoles.

L’association Animal Testing demande suite à cette enquête et par pétition adressée à l’Assemblée nationale qu’une commission d’enquête parlementaire ait lieu sur l’expérimentation animale.

L’association Animal Testing

Il s’agit d’une jeune association qui poursuit des enquêtes sur l’expérimentation animale en France. Témoignages, documents, infiltrations, images, protocoles, lobbying auprès des politiques : ils sont tous bénévoles et souhaitent la transparence sur la condition des animaux de laboratoire. À l’heure où le bureau de l’expérimentation animale tente de véhiculer une image lisse de ses pratiques (cf « les scientifiques ne torturent pas les animaux », Le Point, 7/09/2017), où les animaux seraient bien traités, Animal Testing nous montre tout l’inverse.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet d’Animal Testing, Facebook ou Twitter. Pour en savoir plus sur cette enquête, nous vous conseillons l’article de Libération.

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade

Vegan, marathonien, grand fan de Morrissey, et actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement d’images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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