“Libérez-nous” : un album pour que les enfants ouvrent les cages

Libérez-nous, semble en effet dire le gros ours de la couverture, le regard fixé sur les barreaux de sa cage dont l’un semble déjà un peu tordu…

Pastel, bureau éditorial belge de l’école des loisirs — maison d’édition à la notoriété inégalée dans les écoles — a publié il y a peu cette intéressante adaptation francophone d’un album anglo-saxon, “Animal rescue”.

Cet album est un appel. Un appel à délivrer les animaux sauvages des cirques et des zoos, les orques des parcs aquatiques, les poules des élevages en batterie ; à cesser de braconner les tigres pour en faire des carpettes ; de chasser les cervidés pour les transformer en trophées au mur ; d’élever des crocodiles pour la maroquinerie de luxe ou des animaux à fourrure pour en faire des manteaux ; un appel à stopper la pêche qui (en plus des poissons) décime les tortues marines ; un plaidoyer pour cesser d’abandonner dans la rue les animaux domestiques devenus indésirables.

Entièrement muet, son message n’en est que plus fort. En outre, c’est un album intelligemment conçu qui joue sur l’intercalage de pages transparentes (comme celles des albums scientifiques Gallimard Jeunesse, procédé qui rappellera sûrement bien des souvenirs d’enfance aux parents)… Vous pouvez voir ci-dessous une démo de l’album dans sa version originale anglophone :

Certaines illustrations sont ingénieuses : ainsi cette forme verte au motif “crocodile” imprimée sur papier transparent devient une botte au pied d’une passante lorsqu’elle recouvre l’illustration de la page de droite, et le corps d’un saurien à l’air heureux et à moitié immergé dans son marigot lorsqu’on la juxtapose à la page de gauche. D’un côté ce qu’il faut éviter, de l’autre ce qu’il faut souhaiter. De quoi engager la discussion avec vos enfants — qui comprendront tout seuls où est la véritable place du crocodile…

On peut regretter que cet album n’évite pas totalement le piège du spécisme, et se cantonne aux causes les moins polémiques : stop à la chasse, aux parcs aquatiques, aux safaris, à l’industrie de la fourrure… Encore que tout ne soit pas bien sûr acquis en ces domaines, il suffit de voir combien de familles emmènent toujours leur progéniture dans les cirques avec animaux ou les Marineland pour être convaincus que le message de cet album est loin hélas d’être obsolète.
Mais nous aurions souhaité quelques pages supplémentaires qui auraient invité les enfants à délivrer vaches, cochons ou agneaux… Des pages qui les auraient incités à sortir ces animaux des assiettes par la magie des transparents, pour les déposer dans un jardin ou le pré d’un refuge.

En attendant (pourquoi pas !) un tome 2 qui réaliserait ce vœu, nous ne pouvons que conseiller aux jeunes parents et aux enseignants des petites classes de compléter cet intéressant album par la lecture d’Au cochon d’Emile, des Amis de l’ours, d’Une Oie dans la main ou de C’est pas ma faute !

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(ou chez votre libraire bien entendu)

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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