Livre sur l’éthique animale et l’alimentation végétale durant l’Antiquité grecque et romaine

http://data.abuledu.org/URI/526bda78

Le 1er avril, le premier volume de l’ouvrage Le végétarisme de l’Antiquité à nos jours a été publié aux Editions NovaComm, collection Anima.

Il s’agit de l’opus Réflexions des penseurs grecs et romains.

Couv

Sarah Amel Delage nous y démontre que, durant l’Antiquité grecque et romaine, de brillants esprits furent végétariens, souvent végétaliens. Ceci en fonction de principes éthiques, moraux, religieux, spirituels, philosophiques, diététiques, curatifs, dans une recherche d’harmonie du corps et de l’esprit.

Savants, scientifiques, médecins ou philosophes, hommes de lettres, poètes, initiés, mystiques, prédicateurs, historiens et même hommes politiques, ils furent animés d’une compassion commune pour les animaux et œuvrèrent pour la défense de ces êtres vivants sacrifiés à la consommation humaine en ne les mangeant pas, en refusant de les exploiter et en encourageant chacun à les exclure de son assiette.

La civilisation grecque est fondée sur la culture fruitière et horticole. L’agriculture a toujours été considérée par les Grecs comme l’activité noble par excellence. Les Grecs importaient les céréales tandis que les Romains cultivaient le blé et l’orge.

Les philosophes ont étudié les questions morales relatives à la mort des animaux lorsque celle-ci a une fin autre que vitale ou de légitime défense, donc lorsqu’elle ne présente aucune nécessité.

Ils défendaient l’idée suivante : chaque être vivant a droit à la vie, au respect, à la bienveillance et possède une conscience, une sensibilité, une intelligence, une capacité à raisonner, à réfléchir, à analyser, à éprouver douleurs et souffrances, amour et altruisme, à nouer des liens et à s’organiser en sociétés.

Parmi eux, cinq philosophes précurseurs se sont soulevés, arguments à l’appui, contre le meurtre et la consommation d’êtres « animés » pour différents motifs :

Pythagore au VIe siècle avant J.-C., Empédocle au Ve siècle avant J.-C., Théophraste au IIIe siècle avant J.-C., Plutarque au Ier siècle avant J.-C. et Porphyre au IVe siècle de notre ère, croyaient en la métempsycose et pensaient que les hommes se réincarnent en animaux au moment de leur mort. Ils refusaient les sacrifices sanglants d’animaux domestiques ; ils critiquaient la chasse, symbole de barbarie, au nom de la justice et par respect du caractère sacré de la vie. Ils voyaient l’abstinence de nourritures carnées comme un symbole de sobriété, d’ascèse voire de tempérance et de maîtrise de soi. Leur combat s’inscrivait dans une quête commune : la purification du corps et de l’âme.

Le philosophe contemporain Roger-Pol Droit note que « chez les Grecs anciens, la diététique visait l’équilibre physique et psychique ».

Cet ouvrage, fruit d’une recherche documentaire, est une synthèse des écrits et réflexions des érudits de l’Antiquité étayant le sujet d’étude suivant : le rapport de l’homme avec les animaux et ce dans le cadre de son alimentation.

Les textes choisis par l’auteur sont une invitation à nous interroger quant à notre place sur Terre et à l’impact de nos actions, mais aussi à nous remettre en question en ce qui concerne nos modes d’alimentation et la manière dont nous traitons les animaux.

L’étude des périodes suivantes, échelonnées jusqu’au XXIe siècle, fera l’objet d’autres ouvrages.

>> Pour commander ce livre, écrivez à editionsnovacomm@gmail.com, vous recevrez le bon de commande.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa

Professeur des écoles à Toulouse, j’adore l’archéologie, l’histoire de l’art et la littérature.
Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

  • Laura

    Je vous cite : « Ils refusaient les sacrifices sanglants d’animaux domestiques ; «
    Avec en gras « refusaient les sacrifices sanglants ».
    Pourtant, Ils refusaient seulement les sacrifices d’animaux DOMESTIQUES, domestiques, que vous ne mettez pas en gras mais qui est pourtant du plus important.

    Noter aussi qu’ils étaient d’accord avec la théorie de la réincarnation, autant dans un autre corps humain que dans un animal ou un VEGETAL. Donc, si on ne mange pas
    un animal car une âme humaine peut s’y être réincarnée, on ne peut pas non plus
    manger de plante si on suit CE raisonnement jusqu’au bout, il nous reste les fruits, le lait, le miel…..

    Ovide, dans Les Métamorphoses, en parlant de Pythagore :
    Pythagore (XV, 60-478)
    [75]
    «…. Ni le lait, ni le miel que parfume le thym, ne vous sont défendus…. »

    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/META/15.htm

    Leur philosophie était sans doute plus complexe et plus nuancée que ce que vous voulez nous faire croire.
    Ce qui fait que l’article n’a plus la valeur que vous vouliez lui donner.

    • Delphine Gingras

      Il faut entendre « domestiques » au sens large : ni boeuf, ni mouton, ni aucun animal avec qui nous partageons notre vie quotidienne.

      D’ailleurs, les animaux sauvages ne faisaient pas vraiment l’objet de sacrifices. Le livre II du « De l’Abstinence » de Porphyre nous apprends qu’en fait, une connaissance réelle de la nature des dieux nous prouve qu’il est incorrect de leur sacrifier un animal et prône un retour à l’usage ancien, selon lequel seuls des végétaux et des mets sobres étaient sacrifiés.

      • Laura

        “Il faut entendre « domestiques » au sens large”, ça change quoi à mon commentaire plus haut?

    • Delphine Gingras

      Pour ce qui est de la réincarnation, l’exemple d’Empédocle est assez parlant : il ne tuait aucun être vivant, aucune plante non plus. Il consommait les « surplus de vie » que sont les fruits, le miel et le lait.
      D’ailleurs, j’ai bien hâte de lire ce livre, car je n’adhère pas à la thèse selon laquelle Empédocle était végétarien à cause de sa croyance en la métempsychose. C’est beaucoup plus complexe (pour Porphyre aussi, je connais moins les autres cas).
      Si le cas d’Empédocle vous intéresse, je vous recommande la lecture de l’article « Parenté du vivant et végétarisme radical » de J-F Balaudé.

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