Le grimoire seitanique, la cuisine du Diable

"Enfile ton tablier clouté Empoigne ton hachoir Vois, Le Grand Rituel va commencer" nous ordonne Brian Manowitz sur sa 4ème de couv.

Le grimoire seitanique faisait partie de mes cadeaux de noël, ce fut une grande surprise, car malgré ma boulimie de livres, je n’avais jamais vraiment songé à celui là.
Pourquoi ? Parce que il ne me disait rien, que la couv’ noire ne m’inspirait pas grand chose, et pire, je vais vous avouer un secret, je n’avais jamais regardé ses vidéos qui font tant le buzz sur Youtube (bouuuu!)
J’en avais entendu parler, car à la maison, c’est l’homme qui l’adorait. C’est sûrement pour ça qu’il a atterri au pied du sapin. Et il a bien fait !
Bon, je ne vais pas vous mentir, niveau mise en page et graphisme on a fait mieux, si il n’y avait que la typo illisible pour les titres, mais les photos ne font pas vraiment envie non plus et on se demande si il les a faites avec son téléphone portable. Certaines sont pixelisées, titres de recettes imprononçables (heureusement c’est sous titré) ça sent le livre fait maison. Ça c’est dit!

Vous devez vous dire après ces quelques lignes, bon pourquoi on lui a offert alors ?
Et bien, parce que ce gros metalleux végane, est, je dois bien l’avouer à mourir de rire… J’ai ri, mais ri à presque chaque recette de cet ouvrage et je salue la ou les personnes qui ont su le traduire tout en gardant l’humour de l’auteur. Ses photos de lui sont elles aussi très drôles et je dois bien l’avouer ma rappelle mon adolescence douteuse mais heureuse avec mes robes noires et chaussures à clous, enfin je m’égare !

Le défi des “connards de choux nains amers” ?

J’ai ou plutôt devrais-je dire, j’avais, un homme totalement réfractaire au choux de Bruxelles, il me soutenait que le goût était affreux et que plus jamais il n’en mangerais, mais ça c’était avant que le grimoire seitanique entre dans notre foyer!
Ça sentait le challenge pour moi,et ça tombait bien puisque justement il y’avait quelque chose : “Obscure Brussels Sprouts for the Multiverse” entendez choux de bruxelles sautés à l’huile de truffe…
Ni une ni deux, les courses faites, me voilà lancée dans cette ténébreuse recette, et non sans mal.
Bien trop occupée à ricaner de ses blagues obscures, je ne m’étais pas davantage penchée sur les ingrédients. Et là, surprise. Aucune quantité, en plus des clichés qui nous demandait de l’imagination, il nous fallait aussi en faire preuve pour les doses, un comble!
Un peu de ci, un peu de ça, pas trop de légumes, assez de champignons, bref tout est approximatif.
Il me semble donc que cet exemplaire est tout de même adressé à un public averti et qui se débrouille déjà pas mal en cuisine pour se douter qu’un peu de tamari peut rapidement ruiner le plat entier!
Contrariée de tant de critiques envers mon cadeau, je parcours de nouveau le texte un peu plus haut, pour voir, si par hasard, il ne parle pas du passage “plus de poivre et encore plus de sel”, mais rien… Et là je tombe sur ce passage, qui j’admets m’a fait tellement rire, que j’ai oublié mes protestations quelques minutes plus tôt et je voulais le partager avec vous :

Tu te dis peut être “Argh, mais comme je hais ces connards de choux nains amers”. Et la plupart du temps je te donnerais probablement raison. Mais ce rituel sacré pourrait bien changer ta manière de les voir.
Tout le monde dit que sa manière de les faire et la meilleure. Mais sérieusement, celle-ci est juste délirante. Si ça foire, tu peux direct jeter le bouquin, le brûler et dire de la merde sur moi un peu partout sur internet et je confirmerai chacun de tes posts en avouant que j’ai sciemment menti.

Haha, nous voilà prévenu, il risquait donc l’humiliation mondiale si l’homme n’était pas convaincu !
Je me suis alors jetée à corps perdu en entonnant “Blackened” de Metallica dans ma cuisine pour me donner de l’entrain comme il le conseille avec un peu plus de poivre et un peu plus de sel, j’ai ajouté les champignons, les poivrons, tout au hasard… Je les ai accompagné de son riz pilaf.
L’heure est arrivée, celle de goûter. Religieusement, nous nous sommes installés à table face à ces choux nains noircis par le poivre, sceptiques.

Endiablé de saveurs

Et là : révélation, c’était simplement endiablé de saveurs, subtilement contrasté par les épices, cuits à point un brin croquant et fondant à la fois, escortés du riz, tout ça était bien trop bon !
Je l’ai alors regardé d’un autre œil, j’ai fait confiance, et je me suis damnée sur sa sauce ranch végane, qui d’après lui a rentabilisé le coût intégral du livre.

choux

Côté positif, je trouve super qu’il ai pensé à mettre en place des QR codes pour permettre la mise à jour de ses recettes, bien vu ! J’aime ses petits textes glissés dans les pages du livre pour exposer ses engagements et sa façon de penser tout en expliquant quelques principes évidents concernant la cause. Ses explications sur la cuisson du riz sont elles aussi d’une grande aide et j’ai appris encore des choses. Enfin malgré la qualité des clichés, le fait de photographier chaque étape de la recette équilibre avec les doses approximatives.

Les plus :

  • Les recettes sont simples dans la composition, pas d’ingrédients introuvables et on reste dans du basique, des fois ça fait du bien
  • Sa simplification des recettes, comme il le dit si bien : plus de merdier rend souvent les choses pires et non meilleures
  • Il est drôle, vraiment drôle
  • Ses casseroles ou couteaux surmontés de piques
  • C’est très bon et vraiment bien relevé
  • Ses sandwiches indécents, idéaux pour une soirée junk food
  • On peut compléter le livre avec ses vidéos sur Youtube
  • Les QR codes pour mettre à jour les recettes
  • Les explications sur la manière de cuire certains ingrédients qui des fois fait toute la différence
  • Ses textes sur ses engagements et le véganisme, simplement expliqué

Les moins :

  • Les photos qui font pas rêver et les titres imprononçables.
  • Un peu de mal avec son apologie du gras et sa critique du “fait maison” pour lui mieux vaut tout acheter tout fait… je ne suis pas partisane de cette façon de faire mais c’est personnel.
  • Pas mal de produits achetés en boîtes ou surgelés (ça dépanne, même si je suis pour le frais)

C’est donc une belle surprise tout de même, à avoir dans sa “collection” si comme moi vous aimez vraiment les livres, ou les recettes simples et plutôt basiques pour certaines. A offrir à un averti, metalleux végane ou un/e ami/e pleine d’humour, ou à toi même si tu veux attiser tes sens jusqu’à des hauteurs réjouissantes !

A propos de Bambi

Bambi
Végane, maman d’un petit blond surfeur, passionnée de cuisine. J’aime la vie, les kitscheries, la nature, le cinéma indépendant, je suis pour le respect de chacun et je crois en un monde meilleur, où nous cesserons d’utiliser les animaux pour nôtre simple plaisir égoïste.

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