Quels droits politiques pour les animaux ? (Introduction à “Zoopolis”)

Zoopolis — A Political Theory of Animal Rights est paru en 2011. Cet essai est déjà un incontournable de la question animale, à l’instar de La Libération animale de Peter Singer. Les auteurs (dont l’un, Will Kymlica, est professeur de philosophie politique) y examinent les principes politico-juridiques de base qui régiraient une société dans laquelle nous aurions cessé d’exploiter les animaux. Comment aboutir à une cohabitation harmonieuse entre animaux humains et non humains ? Quelles nouvelles lois ? Quelles implications pratiques ?

En 2015, alors que l’ouvrage n’avait pas encore été traduit en français, Estiva Reus en a proposé un compte-rendu élargi. Cette maître de conférence à l’Université est aussi membre de l’équipe de L214 et de la rédaction des Cahiers Antispécistes — qui publient justement son brillant ouvrage.

Depuis, Zoopolis a paru en édition française. Introduction à Zoopolis reste pourtant un essai à lire absolument. Si vous n’avez pas le temps de vous pencher sur le pavé que constitue Zoopolis, le compte-rendu d’Estiva Reus vous permettra d’en saisir les grandes lignes.
Ce dernier présente aussi l’avantage d’être disponible gratuitement sur le site des Cahiers Antispécistes et par là même accessibles à tous.
L’auteur va à mon avis plus loin que les auteurs de Zoopolis en proposant des prolongements à certaines de leurs idées, qui resteraient sans cela un peu incomplètes (par exemple le problème que poserait, pour une société soucieuse de préserver la vie des individus animaux, la prédation sur rongeurs et oiseaux des chats domestiques non cloîtrés).
Enfin, sur les six chapitres de l’ouvrage, deux élargissent le propos à d’autres écrits des mêmes auteurs.

NDLR : Toutes les citations qui vont suivre sont extraites d’Introduction à Zoopolis.

Les animaux citoyens du monde

Evita Reus nous explique ainsi les principes de base de Zoopolis :

Pour Donaldson et Kymlica, la faille de la littérature existante sur les droits des animaux réside dans le fait qu’elle se réduit pour l’essentiel à un catalogue de droits universels négatifs (droits pour tous à ne pas être soumis à un certain nombres de traitements dommageables), qui ont pour pendant du côté humain une liste d’interdits (obligation de ne pas entreprendre une certaine liste d’actions envers les animaux). Or, pour organiser des formes équitables de coexistance, on a besoin de recourir aussi aux formes différenciées. (…) On a également besoin de recourir à des droits positifs et aux obligations corrélatives (obligations pour certains d’entreprendre certaines actions au bénéfice d’autres), et ainsi d’établir des règles de coopération et d’assistance.

Ces différents droits et devoirs sont détaillés, explicités et analysés par l’auteur.

A ceux qui jugeraient risibles le concept même d’animaux citoyens, on fera remarquer d’une part que leur chat ou leur chien jouit déjà sous leur toit d’un certain nombre de droits (être câliné, par exemple), mais aussi de devoirs (accepter de prendre un bain quand son poil est boueux) ; de même, le lecteur humain se sent des devoirs envers eux (les emmener chez le vétérinaire). Des comportements tels que la négociation — exemple présenté dans le livre — sont probablement observables (je vois que tu as envie d’aller te promener maintenant, je finis ma tâche et je t’emmène dehors plus tôt que prévu). Kymlica et Donaldson exposent simplement que dans une société où la libération animale aurait eu lieu, la cohabitation non coercitive se ferait avec tous les animaux et non plus simplement avec quelques animaux familiers. Il faudrait alors un cadre pour organiser ces nouvelles manières de vivre.

On ajoutera qu’il est maintenant bien établi que la différence entre animaux humains et non humains est une différence de degré et non de nature. Personnellement, je suis différente en degré d’Albert Einstein (au moins en ce qui concerne ce que nous appelons communément l’intelligence), cependant j’ai le droit d’être prise en considération comme il le serait s’il vivait en France en 2017, d’exercer mon droit à l’autonomie, à agir en société. Pourquoi en irait-il différemment d’un jeune enfant, de quelqu’un souffrant d’un handicap mental ou d’un animal ?

Un tissu complexe de droits et devoirs

Pour autant, comme nous l’explique Evita Reus, tout ceci ne signifie pas un traitement identique de chacun. Aujourd’hui, de nombreuses règles ne s’appliquent pas indifféremment à tous les ces citoyens humains : si vous êtes employé de PME, d’une grande entreprise ou auto-entrepreneur par exemple. Le droit régissant régissant les rapports entre humain est un entrelacs de prescriptions s’appliquant dans des sphères sociales différentes — hors quelques lois essentielles communes à tous.

Il en irait ainsi d’une société intégrant pleinement les animaux non humains comme des membres à part entière. Il suffirait d’élargir nos conceptions existantes pour les y inclure, et de réfléchir les nouvelles règles — c’est précisément ce que Zoopolis s’emploie à faire.

Trois peuples animaux

En plus des humains, les auteurs de Zoopolis font la distinction entre trois catégories d’animaux. Ces catégories, en plus de prétendre à des droits universels, auraient des droits différenciés.

  • Les animaux domestiques : animaux familiers (chiens, chats…) et d’élevage (poules, cochons…).
  • Les animaux liminaux, animaux sauvages dont le territoire recouvre le nôtre (le renard qui vit sur votre propriété, nos pigeons des villes…).
  • Les animaux sauvages à part entière.

Quels droits politiques pour les animaux domestiques ?

Pour les animaux domestiques — qui vivent déjà avec nous, si bien qu’ils constitue déjà une partie de notre communauté, de notre société humanimale — Donaldson et Kymlica préconisent rien moins que la citoyenneté.

Cette citoyenneté, par sa dénomination déjà, serait un rejet franc du supposé contrat que certains se plaisent à voir aujourd’hui entre l’homme et l’animal, par exemple : je te nourris et je te loge, et en échange j’ai le droit de te tuer et d’user de ton corps.

En quoi consisterait une citoyenneté animale ? Ne nous arrêtons pas au fait que nos animaux domestiques ne sont pas capables de se rendre aux urnes après s’être informé des modalités de décisions (image que l’on se fait communément d’un citoyen). Donaldson et Kymlica font remarquer que ce modèle ne concerne pas les jeunes humains, ceux atteints de handicaps mentaux, ni d’ailleurs un certain nombres d’humains pourvus d’une capacité d’abstraction abstraite et verbale. Ils ne sont pourtant pas exclus de la citoyenneté.

Peut-être est-ce à la citoyenneté de s’adapter :

Pour faire valoir que le modèle de participation traditionnellement évoqué n’est pas le seul concevable, Donalson et Kymlica s’inspirent des thèses avancées par des auteurs qui travaillent sur des handicapés mentaux profonds. (…) Dans ces interactions, les collaborateurs (…) cherchent les dispositifs permettant aux sujets de manifester leur volonté. (Un autre auteur (…) cite l’exemple d’une fillette qui est incapable de répondre à la question “qu’aimerais-tu faire aujourd’hui ?” mais qui sait exprimer ses préférences si on lui montrer des images représentants différentes activités.)

Ainsi, il est possible de s’inspirer des avancées obtenues par les militants engagés en faveur des droits des handicapés mentaux, et en tous les cas de leur slogan : “Nothing about us without us ! ” (Que rien à propos de nous ne se fasse sans nous) pour inclure les animaux domestiques dans notre citoyenneté. L’importance de consulter les intéressés plutôt que de décider pour eux est une notion extrêmement importante dans Zoopolis.

Crédits : Ludovic Sueur, photographe vegan
Flickr de Nicolas Karasiak

Quant aux droits et devoirs qui seraient certainement dévolus aux animaux domestiques, voici la liste de ceux évoqués par les auteurs de Zoopolis :

  • Droit et devoir d’être socialisé (trop d’animaux d’appartement en sont aujourd’hui privés).
  • Droit à la santé et à la sécurité.
  • Droit à une alimentation non carnée satisfaisant les besoins nutritionnels. (Pour en savoir plus sur l’alimentation végétale des chiens et des chats, cliquez ici).
  • Droit — relatif — à la sexualité, la reproduction, la famille. (Personne ne niera le fait qu’un contrôle des naissances se montrera probablement nécessaire.)
  • Accès à l’espace public et non-discrimination.
  • Prendre part à la coopération sociale en tant que fournisseur de biens ou services : au vu des innombrables abus que donne l’utilisation des animaux aujourd’hui, ce point sera crucial et nécessitera une grande prudence.

Quels droits politiques pour les animaux sauvages ?

Les auteurs de Zoopolis proposent pour les animaux sauvages un statut inspiré du principe de souveraineté nationale :

Reconnaître la souveraineté d’un peuple, c’est reconnaître sa capacité et son droit à déterminer pour lui-même les formes de vie commune, tant qu’il n’enfreint pas le droit des autres peuples souverains. C’est aussi reconnaître son droit d’habiter le territoire où il se trouve et de ne pas être déplacé de force.

Nicolas Karasiak

Dans un monde devenu vegan, le point susceptible de faire débat est celui de l’interventionnisme éventuel : faudrait-il que l’humain tente d’améliorer le sort des animaux sauvages ? En tentant par exemple de les protéger de la faim ou de la soif, des maladies…

Donaldson et Kymlica se positionnent en faveur d’une opposition à ce principe d’interventionnisme, non par opposition de principe, mais par pragmatisme, après avoir étudié les implications qui en découleraient.
Ils expliquent leur position par deux arguments simples : d’une part l’autonomie, d’autre part la faillibilité.

Le principe d’autonomie dit que, puisque les animaux sauvages ne manifestent aucun désir de contact avec les humains, l’intervention systématique (qui viserait à les protéger de calamités naturelles) porterait atteinte à leur autonomie, et relèverait du paternalisme.
Le principe de faillibité dit que les écosystèmes sont des architectures bien trop complexes pour que l’humain puisse y opérer des “interventions correctrices” d’envergure sans risquer de dérèglement majeur.

Evita Reus émet quant à elle des objections au premier argument (l’autonomie) : pour elle, les animaux sauvages pourraient changer d’avis et désirer un contact avec les humains (dans un contexte où ceux-ci serait bienveillants), sur la base de l’expérience, si le contact avec lesdits humains leur apportait une amélioration de leurs conditions de vie. D’autre part, le refus des humains ne s’étend pas au refus des artefacts humains, tels que des abreuvoirs en période de sécheresse.
Quant à l’argument de la faillibilité, Evita Reus n’est pas aussi tranchée sur ce point que les deux auteurs qu’elle commente. Elle n’exclurait pas de laisser une porte ouverte, philosophiquement parlant, à la possibilité d’expérimenter dans un futur hypothétiques “quelques formes accessibles d’assistance à des animaux sauvages au moyen de politiques publiques, en évaluant au mieux leurs impacts positifs et négatifs. »

Quels seraient alors les droits exacts des animaux sauvages ?

  • Droit à la souveraineté.
  • Droit à la protection du territoire.
  • Droit à la répartition plus juste des risques : minimisation par exemple des risques que la circulation routière fait encourir aux animaux (choix des tracés des routes, passages permettant de traverser, dispositifs sur les véhicules, soin des blessés) ; et a contrario minimisation des risques que peuvent faire courir les animaux aux humains (prudence et vigilance en lisière d’un territoire habité par des fauves par exemple).
  • Droit à la représentation politique : “Les animaux sauvages n’étant pas en mesure de faire valoir leurs droits (…), le respect de leur souveraineté suppose une réforme des institutions nationales et internationales, et la présence dans celles-ci d’humains chargés de les représenter. »

Quels droits politiques pour les animaux liminaux ?

Le cadre institutionnel qui permettrait aux animaux non domestiques avec lesquels nous partageons notre espace vital de cohabiter avec nous sans heurt ferait nécessairement appel au principe de résidentialité.

Donaldson et Kymlica font le constat suivant : aujourd’hui déjà, parmi les ressortissants humains d’un État, il est des groupes dont l’implication dans la sphère sociale est moindre que pour les autres citoyens, et qui se soustraient donc partiellement aux droits et devoirs. Les Amish aux Etats-Unis, les Inuits au Groenland (possession du Danemark), sont deux exemples parmi d’autres qui vivent plutôt à l’écart des autres citoyens. Les Amish notamment ne votent pas, ne cotisent pas aux régimes sociaux et n’ont pas recours aux tribunaux publics.

Il en irait ainsi des animaux liminaux, dans un monde où l’on reconnaîtrait des droits politiques aux animaux : ils constitueraient un groupe à régime spécial à l’intérieur des différents Etats.

Crédits : Ludovic Sueur

Les droits et devoirs institutionnels des animaux liminaux seraient alors les suivants :

  • Droit à la sécurité de résidence.
  • Droit à un environnement plus sûr (tant il est vrai que les paysages sont aujourd’hui façonnés par et pour les humains).
  • A titre individuel, droit à devenir citoyen (à l’instar des animaux domestiques) pour les animaux liminaux qui noueraient des liens plus étroits avec les humains.
  • Devoir d’être contrôlés en terme de populations : par exemple, restriction d’accès à certaines zones. Dans un monde devenu soucieux de la nature et des animaux, le coup d’arrêt mis à l’amputation des espaces sauvages — et idéalement leur expansion — permettraient de toute façon à certains animaux liminaux de retourner y vivre.
  • Droit à des formes d’assistance ? Donaldson et Kymlica répondent à cette question par les mêmes arguments que ceux avancés pour les animaux sauvages. Evita Reus, quant à elle, semble pencher pour des formes d’assistance qui respecteraient l’autonomie des animaux liminaux, évidemment “sous réserve de bien mesurer les éventuels effets négatifs induits ».

 La base institutionnelle de Zoopolis

Comme on l’a vu, et comme le rappelle utilement Evita Reus, ces schémas d’insertion des animaux dans la trame institutionnelle — dont nous venons d’évoquer quelques tenants et aboutissants — ne reposent absolument pas sur des fantaisies :

Sur le plan des principes, Donaldson et Kymlica utilisent, en les étendant aux animaux, des éléments qui non seulement sont inscrits dans le droit (droits de l’homme, droit des peuples à disposer d’eux-même), mais qui sont largement considérés comme des progrès dans l’opinion. (…) Ils se servent de ce que nous ont appris des réflexions, luttes et avancées contre des inégalités et discriminations intra-humaines, en particulier celles qui ont élargi la notion de citoyenneté à des personnes n’ayant pas le profil-type de l’humain adulte discourant et votant dans l’agora.

L’arrière-plan intellectuel des auteurs et leur bagage philosophico-juridique est par ailleurs puissant. Kymlica puise notamment certaines de ses idées dans la Théorie de la justice de John Rawls1, et dans une réflexion qui lui est propre, menée sur plusieurs décennies.

Crédits : Ludovic Sueur

Quelques cas concrets

Pour vous démontrer que Zoopolis ne se borne pas à mettre en place un cadre théorique, voici trois cas concrets rapportés par Evita Reus, qui tous permettent de tester ledit cadre. Trois questions qui se poseraient dans un monde devenu vegan…

Que faire de la laine des moutons ?
Sélectionnés par l’homme depuis des millénaires pour la pousse rapide et abondante de leur toison, les moutons — comme tous les autres animaux d’élevage — sont devenus presque incapables de retourner à une vie naturelle. Les auteurs de Zoopolis rappellent que pour leur bien-être, ils devront être tondus. L’utilisation de la laine ainsi récoltée n’est pas du tout proscrite : tant qu’ils produiront de la laine en excès, cette matière première, devenue rare, pourrait servir à des usages artisanaux occasionnels.” Cependant, Donaldson et Kymlica préconisent un encadrement très strict : “Dès qu’une production est motivée par la recherche du profit, il existe un risque énorme que des abus soient commis.” Un garde-fou très précis est alors envisagé : faire en sorte que “les recettes tirées de la laine soient employée au bénéfice des moutons (réparer les clôtures, entretenir et améliorer la bergerie…).

Crédits : Dakota Langlois

Quid des œufs ?
Pour la même raison (l’énorme risque d’abus), “il se pourrait que l’interdiction de commercialisation des produits animaux soit la mesure la plus appropriée. La consommation ne semble pas devoir être proscrite dans tous les cas, du moins dans le cadre du foyer ou de l’association dans lesquels la production a lieu.” Ainsi pour Donaldson et Kymlica, dans un monde devenu vegan, il ne serait ni immoral ni illogique de consommer les œufs de ses poules, pas plus que de les donner aux poules elles-mêmes — qui les apprécient parfois pour satisfaire leurs besoins en nutriments ou minéraux — tant qu’ils ne sont pas vendus. Précisons que le cas est différent aujourd’hui, dans notre monde spéciste et indifférent au bien-être animal : si vous possédez des poules rescapées d’un élevage ou de l’abattoir, cela peut se discuter, mais acheter des poules pour bénéficier de leurs œufs finance, même sans le vouloir, le commerce d’êtres vivants (et ce même si les vôtres contrairement aux autres, finiront leurs jours au vert).
A Vegactu, nous pensons que le cas des œufs de poule dans un monde “véganisé” serait un peu différent de celui de la laine : nous nous interrogeons sur la gestion du cheptel gallinacé dans un monde où (heureusement) les mâles ne seraient pas broyés à la naissance. Quand on sait que la cohabitation entre coqs est souvent très conflictuelle, comment gérer des populations composées de 50% de coqs ? Le problème est donc plus complexe que la seule question de savoir si l’on peut ingérer les œufs. Et même sans commercialisation, si les humains conservaient l’habitude de consommer des œufs, ils souhaiteraient préférentiellement posséder des poules plutôt que des coqs… Ne retomberait-on pas sur des abus ? Peut-être s’agit-il là d’une question épineuse, à laquelle Zoopolis ne répond que partiellement.

Crédits : L214 – Ethique et Animaux

Et les chiens d’aveugle ?
Sur les chiens aidants (actuellement destinés à aider les malvoyants et personnes handicapées), la position de Donaldson et Kymlica choquera peut-être : ils considèrent que ces chiens, dressés à être en permanence les assistants d’humains, subissent des obligations excessives. Le niveau de contrainte serait bien trop élevé pour qu’ils puissent “se livrer aux autres activités et relations qui leur importent.
Il est vrai que si l’on se place du point de vue de l’animal tenant ce rôle, le libre arbitre et le temps libre sont réduits à portion congrue. Une société égalitariste ne pourrait accepter d’assigner à des animaux domestiques, capables d’une agentivité remarquable, une vie de servitude non choisie.
Avant de vous indigner, considérez ceci : bien qu’Introduction à Zoopolis ne mène pas la réflexion plus loin, il est tout à fait improbable d’imaginer qu’un monde devenu égalitariste reste insensible aux droits élargis des personnes en situation de handicap. On pourrait envisager bien des pistes : sachant qu’un chien aidant coûte environ 15 000€, l’argent économisé pourrait servir à concevoir ou installer des technologies facilitant la vie quotidienne des malvoyants ou handicapés (portes automatiques, bras robotisés, technologies élévatrices… dont la plupart existent déjà) ; du personnel humain pourrait rendre les mêmes services que les handi’chiens… On peut même concevoir plusieurs chiens se succédant auprès d’un humain dans le besoin, pour pouvoir accomplir les actes d’assistance tout en bénéficiant d’une véritable “vie de chien” la plus grande partie du temps. Les auteurs de Zoopolis n’y seraient clairement pas opposés, eux qui précisent que “toutes sortes d’animaux domestiques (…) peuvent être conduits de temps à autre auprès d’enfants hospitalisés ou de personnes âgées à qui leur présence procure joie et réconfort.

Pourquoi lire Introduction à Zoopolis

Si les lignes précédentes ne vous ont pas convaincu(e), j’ajouterais qu’il est revigorant de lire un essai qui se fait force de proposition et qui prend pour modèle de base un monde où l’humanité a enfin compris ce qu’elle ne devait pas faire subir aux animaux.

Le présupposé (vivre enfin avec les animaux, pour de bon) m’a rappelé une remarque de Vincent Message dans son remarquable roman engagé Défaite des maîtres et possesseurs2 : “S’ils [les humains] n’étaient pas seuls dans l’espace, ils n’étaient pas tout seuls sur cette planète non plus, et ils semblaient pour la plupart n’en avoir qu’une conscience diffuse. Ces animaux qu’ils élevaient, qu’ils chassaient, qu’ils péchaient depuis des millénaires ne leur faisaient pas des compagnons suffisants. Ils les avaient rejetés, les avaient relégués loin des villes, avaient résolu, avec une fermeté de plus en plus systématique au fil du temps, que ce seraient pour eux des figures d’autrui négligeables.”

Il est temps d’apprendre enfin à entrer en relation avec nos semblables, les animaux.

>> Lire gratuitement et en intégralité le tapuscrit de Quels droits politiques pour les animaux ? – Introduction à Zoopolis sur le site des Cahiers Antispécistes (merci à eux !)

>> L’acheter sur la boutique d’L214 pour plus de confort de lecture.

>> Vous procurer Zoopolis.

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Nicolas Karasiak

Précisions :

  1. Théorie de la justice de John Rawls []
  2. Vegactu – Défaite des maîtres et possesseurs []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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