Mélenchon : “Si vous vous intéressez à ce qui se passe avec les lapins, vous ne dormez plus. Et si vous regardez ce qui est en train de se passer avec les cochons, c’est de même”

C’est dans un train de retour de Florange que le 15ème épisode de la revue de la semaine de Jean-Luc Mélenchon est tourné. Au programme : la question énergétique, la disparition des singes, ou encore la question animale et la place des protéines carnées.

“C’est quoi d’autre, la vie, si ce n’est pas les êtres vivants ?”

Alors qu’on apprenait cette semaine l’inquiétante disparition programmée des singes1 , l’occasion était toute trouvée d’en évoquer les causes : “C’est l’activité humaine. Donc on y peut quelque chose ! Puisque c’est notre propre activité ! On y peut quelque chose.

“- C’est pas en mangeant du quinoa qu’on va changer la vie ! – Bah si, ballot !”

L’activité humaine, qu’est-ce que c’est ? En premier lieu, la disparition de l’espace de vie de nos chers cousins les singes. Le gouvernement brésilien estime que plus de 80% de la déforestation du pays se fait à cause de l’élevage. Une fois la forêt rasée, soit on plante du soja pour nourrir les animaux destinés à notre assiette, soit on les remplace par des prairies et “on y met de l’élevage, parce qu’il y a un mode d’organisation de la société qui repose sur l’assimilation de protéines carnées“, nous rappelle l’homme politique, qui a décidément pris un virage animaliste ces dernières années.

J’ai même eu des gens méchants, fielleux sur le thème, qui disaient : “Ouais mais c’est pas en mangeant du quinoa qu’on va changer la vie “!
Bah si, ballot, c’est en prenant des protéines végétales qu’on va changer la vie. Ça c’est une certitude absolue.

Disparition des poissons, disparition des singes, deux traitement différents ?

Il y a encore deux ans, les positions de Jean-Luc Mélenchon n’étaient pas aussi nettes (on pense notamment à son refus de condamner les subventions européennes aux corridas en 2014 — position partiellement corrigée en 20162 ), mais l’homme politique semble avoir réalisé depuis l’impact de nos habitudes alimentaires. Seul point noir aujourd’hui dans son programme, le “plan mer” destiné à créer 300 000 emplois maritimes concernant en partie le renouvellement de la flotte de pêche. On estime déjà aujourd’hui que 90 % de la population des grands poissons (thon, requin, cabillaud et flétan) a déjà disparu, et que d’ici 40 ans, ce sera peut-être le cas pour l’ensemble des habitants de nos océans ((D’ici 40 ans, tous les poissons pourraient avoir disparu des océans)) .

“Il y a bien des élevages en batterie qu’on va interdire”

Pour revenir à nos moutons, les mammifères d’élevages,  le leader de la France insoumise se félicite des avancées sur le bien-être animal, et notamment sur ces chaînes de distribution qui “ont pris la décision de supprimer l’élevage en batterie des poules”. Indigné par le traitement réservé aux animaux d’élevage, il nous offre une vision optimiste et radicale de son action : “Et si j’en ai la possibilité, il y a bien des élevages en batterie qu’on va interdire”.

Terminons sur ces belles paroles à la fois touchante et pleine d’espoir, car qu’on se le dise, jamais un politique d’une telle envergure n’a si bien cerné l’ampleur de l’impact de l’élevage sur notre planète et sur les animaux :

Si vous vous intéressez à ce qui se passe avec les lapins, vous ne dormez plus. Et si vous regardiez ce qui est en train de se passer avec les cochons, c’est de même. Alors, on peut se dire : “Tiens, pourquoi un homme politique se met à parler des cochons, des poules, etc. ?” Mais parce que c’est la vie ! C’est quoi d’autre, la vie, si ce n’est pas les êtres vivants ?


Merci à Cyberactions Animaux et Écologie pour nous avoir fait part de cette information. Retrouvez les vidéos de Jean-Luc Mélenchon sur sa chaîne Youtube, et ses positions pour les animaux sur l’excellent site Politique & Animaux.

  1. Les singes pourraient disparaître d’ici vingt-cinq ans à cinquante ans []
  2. Ces eurodéputés ont voté pour la suppression du financement européen des corridas []

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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