En marche vers plus de vins végans ?

Nouvelle loi : des vins végans plus identifiables ?

Suite à un règlement européen, l’étiquetage des vins va devoir indiquer la présence de lait ou d’oeufs (utilisés pour clarifier le vin). Ce règlement européen est encore loin d’être parfait car la présence de gélatine ou de colle de poisson ne sera toujours pas obligatoirement signalée.
Espérons que ce règlement incite les vignerons à se tourner vers les protéines végétales, les algues ou des alternatives minérales dans le processus de fabrication du vin !

Le vin, symbole du terroir, est loin d’être 100% végétal

Moulin de Cajus : des vins 100% végans
Moulin de Cajus : des vins 100% végans

Dans le processus séculaire de fabrication du vin intervient souvent l’adjonction d’agents plutôt inattendus : blancs d’œufs, extraits de lait (sous forme de caséine), diverses gélatines issues de restes de bœuf ou de porc (peau, os…) ou encore des «colles de poisson».
Inattendus ? Pas tant que ça, si on y réfléchit : l’industrie de la viande génère des quantités importantes de débris inconsommables tels que de la peau, des restes d’ossements, d’arêtes ou d’écailles. Idem pour l’industrie laitière et celle de l’oeuf. Ces résidus ne servent à rien, sont bradés à bas coûts, et se retrouvent donc dans nos vins (et, pour la gélatine, dans la colle de nos livres, nos pellicules photos, etc…)

Il y a quelques années, nombre de vignerons ajoutaient aussi gaiement pour la couleur du sang de bœuf dans leurs vins. Cette pratique a été interdite depuis.

Toutes ces protéines animales rendent possible le «collage», opération qui consiste à utiliser ces ingrédients «collants» pour récupérer les particules en suspension et ainsi clarifier le vin, ce qui en améliore la couleur.
Selon une étude de 2005, au moins la moitié des 100 000 vignerons français utilisent des protéines animales dans leur production.

La nouvelle réglementation : ce que ça change

A partir de 2013 (donc du millésime 2012), les vignerons devront obligatoirement indiquer sur leurs étiquettes la présence de tout ingrédient susceptible de déclencher des allergies. Les œufs et le lait étant catalogués comme allergènes, tous les vignerons de France (et d’Europe) utilisant albumine ou caséine sont donc priés d’apposer des nouvelles mentions.
Ils auront le choix entre : «produit de l’œuf», «oeuf», «protéine du lait», «lait»… ou encore un pictogramme figurant un œuf ou une brique de lait, avec le terme«allergène» dans les dix langues de l’Union.
Une majorité de vignerons va donc devoir modifier ses étiquettes ou apprendre à se passer des protéines d’oeuf et de lait.

 Les attentes véganes pour l’avenir

En marche vers plus de vins végans ?
En marche vers plus de vins végans ?

On peut espérer que cette nouvelle législation mette également en lumière auprès du grand public la présence toujours possible de nageoires ou d’os de porc dans les crus, et on peut parier que les consommateurs, même non-végans, n’apprécient guère cette information.
Gageons que les producteurs vinicoles vont peu à peu apprendre à se passer de protéines animales.

Les alternatives végétales et minérales

Marie-Madeleine Caillet, vice-présidente de l’Union des œnologues de France, a beau défendre ces “techniques ancestrales”  qui “ont fait leurs preuves”, nombre de vignerons seraient prêts à tenter des pratiques alternatives de collage.

Ces nouveaux procédés existent déjà, ce sont des protéines végétales produites à partir de poix ou de soja, par exemple,

explique Sophie Pallas de l’association Oenoppia, spécialisée dans les pratiques œnologiques.

D’autres solutions relèvent du minéral, comme le procédé de filtration par «terre de diatomées», une poudre naturelle d’algues unicellulaires dont les microscopiques squelettes, calcaires et poreux, servent de tamis. La technique permettrait même une meilleure stabilisation du milieu microbien.

Autres pistes : la clarification sur bentonite, une sorte d’argile dont on fait déjà de la litière pour chats, à travers une plaque de cellulose.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.
  • Alain.jpg

    J’espère que ça ne va pas juste inciter les producteurs à utiliser de la gélatine ou de la colle de poisson pour éviter de signaler la présence de lait ou d’oeuf (pas très vendeur pour du vin…).

    De toute façon il ne faut pas trop se leurrer sur les vins végans : s’ils sont bien végétaliens, il est en revanche tout à fait possible que de l’engrais animal soit utilisé pour les vignes ou encore que de la colle de caséine pour les étiquettes :/

    • liligondawa

      Oui, je ne l’avais hélas pas vu comme ça mais je rejoins ton avis: ça va inciter à utiliser du poisson ou du boeuf… Je trouve que la nouvelle loi est bien tiède, franchement ça ne leur aurait pas coûté grand chose d’obliger dans la foulée à mentionner ça aussi. Une loi a minima…

  • Pingback: Vins et pesticides, les liaisons dangereuses()

  • Manouche

    Important le pinard en France, même pour les “veganes” lol

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