Philippe Starck, célèbre designer et végétarien

Philippe Starck a tout imaginé, tout revisité : des brosses à dents, des fourchettes, des motos, des tapettes à mouche et son célébrissime presse-agrumes… Mais aussi des cafés branchés, des hôtels parisiens et les appartements privés de l’Elysée.
« Prince insolent du design”, selon l’Express1, sa vision de la vie et du monde vient aujourd’hui de changer radicalement.

« Le design est mort » dit-il, jetant sa carrière aux orties. Philippe Starck déclare aujourd’hui aspirer à une nouvelle ère, à une société qui consommerait mieux et moins, où les consommateurs achèteraient avec conscience et réflexion.

Dans cette logique, Philippe Starck est végétarien depuis plus de 10 ans. “Végétarien tendance bio” selon le magazine Le Point2, dans les colonnes duquel il a déclaré en 2002 :

Je le suis par philosophie. Tuer pour manger est un acte qui éloigne de la civilisation, c’est la négation du progrès et de l’intelligence. J’ai fait mienne la devise : vous êtes ce que vous mangez. Etre végétarien fournit une énergie sereine qui influe sur la façon de penser, cela m’aide dans mon travail de création.

S’y ajoute l’argument santé :

Les gens sont capables de faire des kilomètres pour aller chercher telle huile de moteur pour leur voiture, mais ils ne se posent pas la moindre question sur ce qu’ils mettent dans leur assiette, alors que les conséquences sont bien plus graves.

Il a aussi expliqué dans Le Point :

On n’est pas tous président de la République ni Einstein. Mais on peut chacun apporter une petite pierre. Moi, je crois à l’exemplarité. C’est pour cela que je suis devenu végétarien. J’étais le roi des cochons, je ne me nourrissais que de boudin, et, tout à coup, je me suis dit: “Ça suffit !” Autour de moi, on a été surpris: “Tiens, il n’est pas devenu abruti, il est même plus cool qu’avant…” Et on m’a imité.

Philippe Starck est-il 100% végétarien ? Pas tout à fait. Mais il le reconnaît et le déplore :

J’ai parfois des rechutes qui me font honte. Cela m’arrive par exemple quand je me retrouve bloqué pendant quinze heures dans un avion. Je meurs de faim et je finis par manger n’importe quoi…

Je suis mentalement végétarien, en fait on va dire que je fais ce que je peux. J’ai cependant espoir de réduire mon rythme de vie et dès que je ne serai plus forcé de voyager, je vais redevenir végétarien dans la minute avec le plus grand bonheur. Je l’ai été très longtemps.

Dans le Huffington Post3, Philippe Starck se positionne fermement contre le fait de tuer pour manger, et fait un parallèle entre spécisme et racisme  :

Le fait que l’on puisse encore tuer pour vivre est une véritable hypocrisie. J’ai quand même l’impression que toute personne douée d’un peu d’intelligence, d’une vision un peu plus globale, sait bien qu’on ne devrait pas le faire. On n’arrête pas de se dire que les animaux n’ont pas d’idée de la souffrance, de l’amour, de l’attachement et ainsi de suite, c’est pas vrai ! Il y a aujourd’hui simplement un manque de connaissance ou de volonté d’aller vers cette connaissance. J’ai l’impression que plusieurs milliards d’humains ont travaillé pour s’éloigner de l’animalité et créer une civilisation, mais tant qu’on tuera, on ne sera pas civilisés. Que diront nos arrière-petits-enfants quand tout d’un coup, sortira grâce à l’imagerie que finalement, on tuait des vaches qui souffraient le malheur, qui pissaient de peur et ainsi de suite… Sans parler des racismes induits, comme ceux qui sont végétariens et qui mangent du poisson. Ah bon ? Donc il y a des races qu’on peut tuer et d’autres pas ? Je vais tuer des vaches mais je ne vais pas tuer des chats… Pourquoi ? Parce qu’on connait mieux les chats ? Donc ça veut dire que les gens que l’on ne connait pas on peut les tuer et les gens que l’on connait on ne peut pas les tuer ? Y’a pas un raisonnement qui tient là-dedans.

Il précise aussi ses convictions alimentaires :

Il y a plusieurs façons de manger. Il faut refuser toute forme de nourriture industrielle, être clair là-dessus, manger des choses naturelles et biologiques, si possible le moins transformées. Il faut boire des vins (si on en boit – mais moi je suis Français donc j’en bois !) peu alcoolisés, ou des bières peu alcoolisées. (…) Ce qui est fondamental, c’est le refus du meurtre causé par les nourritures industrielles. Là, le cynisme de ces gens épatants devrait être considéré comme des homicides, que ce soit la nourriture industrielle ou les fast food. Dans le livre Fast Food Nation, on a d’ailleurs une très bonne analyse de ça qui n’a jamais été démentie.

Espérons que le parcours de vie de Philippe Starck, qui a abandonné peu à peu le consumérisme pour la sérénité, fasse des émules dans notre société…

  1. http://www.lexpress.fr/informations/il-faut-en-finir-avec-le-design_630776.html []
  2. http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2007-01-19/ces-stars-folles-des-vegetaux/920/0/51027 []
  3. http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/10/philippe-starck-interview-la-vie-mode-emploi_n_4246744.html []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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