“Polluting Paradise” (+ vidéo)

Pour terminer la semaine du développement durable, intéressons-nous à ce documentaire de Fatih Akin. En quelques films (Head-on, De l’autre côté, Soul Kitchen), il s’est imposé comme un des cinéastes allemands les plus intéressants du moment. Mais il n’a jamais oublié la terre de ses parents, un petit hameau de Turquie.

Un hameau dévasté par une décharge à ciel ouvert. La scène se passe en Turquie mais pourrait se dérouler dans de nombreuses régions de la planète.

Revenu sur ces terres, le réalisateur a tourné “Polluting Paradise”, un documentaire au propos universel.

Le film présenté hors compétition sur la Croisette a fait forte impression. D’après Fatih Akin,

il est question d’environnement mais le propos du film, ce n’est pas que ça. Il parle aussi de la stupidité humaine, comment des personnages kafkaïens peuvent réagir dans certaines circonstances. Le film évoque le courage des civils.

Fatih Akin
Fatih Akin

Fatih Akin est revenu sur la terre de ses grands-parents pour tourner ce documentaire. Pendant plus de cinq ans, il a braqué sa caméra sur cette lutte inégale de fermiers et de mères de famille qui tentent de retrouver un cadre de vie décent. David contre Goliath.

Ce que raconte le film

PPEn 2005, l’administration provinciale décide arbitrairement, sans concertation ni avec les habitants ni avec le maire, d’installer une gigantesque décharge.

Cette décharge se révèle à la mesure des craintes qu’elle inspirait : son impact sur l’environnement est terrifiant. Elle vomit  des eaux noires, la nappe phréatique est définitivement contaminée, l’air est irrespirable sur plusieurs kilomètres à la ronde.
Avec l’énergie du désespoir, le vieil Ismet s’obstine à jardiner alors que sa maison est à 50 mètres de la décharge, ramassant sans relâche les sacs plastique qui échouent dans ses arbres fruitiers.

Les images montrent la duplicité des technocrates qui mentent éhontément, prétendant que des systèmes d’évacuation préservent les nappes phréatiques et l’air ambiant.

Le film capte une conscience citoyenne qui s’éveille, une résistance qui se construit chez des habitants peu familiers avec le combat politique. Parmi les figures marquantes, il y a bien sûr le maire, exemple d’intégrité démocratique, mais aussi Nezihan Haslaman, une cultivatrice de thé qui a fait de la lutte son objectif de vie. Même si la cause semble désespérée.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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