Procès de l’abattoir de Mauléon : le verdict

Verdict a été rendu dans l’affaire de l’abattoir de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), dont l’association L214 avait révélé les images.

Tournées au mois de mars 2016, juste avant les fêtes de Pâques, ces images révélaient les pratiques de mise à mort des agneaux de lait ainsi que l’abattage de veaux et de bovins adultes, dans un abattoir certifié bio et qui met en avant le Label Rouge et l’IGP (indication géographique protégée). Elles montraient de multiples infractions aux règles de protection animale et des scènes de souffrance animale sévère, ainsi que de graves manquements et violences de la part du personnel de l’abattoir1.

Voir la vidéo d’enquête (attention, images difficiles).

L214 avait porté plainte contre l’abattoir auprès du Procureur de la République de Pau pour maltraitances, sévices graves et actes de cruauté. Après examen de l’ensemble des images fournies par L214 à la justice, 195 infractions avaient été retenues par le Procureur pour engager des poursuites devant le tribunal.

Le mois dernier, le directeur de l’abattoir au moment des faits ainsi que quatre employés ont comparu.

Le tribunal a rendu son jugement lundi 29 octobre. L’abattoir et son ancien directeur ont été condamnés à une amende de 10 000 € et à 6 mois de prison avec sursis pour délit de « tromperie sur la qualité des produits », ainsi qu’à des contraventions notamment pour « installations non conformes ».
Les employés ont quant à eux été condamnés à des amendes allant de 80 € à 520 €.

Pour l’association L214, il s’agit clairement d’ « un jugement non dissuasif » :

Malgré des scènes d’une violence insoutenable, le seul délit – et la plus lourde peine – retenu par les juges dans le cadre de ce procès est la « tromperie sur la qualité des produits » (pour le non-respect du cahier des charges Label Rouge). Toutes les autres infractions ayant eu un impact direct sur les animaux ne constituent que de simples contraventions – soit rien de plus qu’un petit excès de vitesse.

Cela reflète une triste réalité : aujourd’hui, si notre législation reconnaît théoriquement la sensibilité des animaux, concrètement, elle ne la prend pas au sérieux.

Soutenez L214, pour les aider à révéler d’autres images comme celles-ci au grand jour. Merci pour les animaux.

Précisions :

  1. https://www.l214.com/enquetes/2016/abattoir-made-in-france/mauleon/?utm_source=Journalistes&utm_campaign=6d50e9844e-EMAIL_CAMPAIGN_2018_03_14&utm_medium=email&utm_term=0_85f7846899-6d50e9844e-195244349 []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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