Marathon de Paris : Gurren Vegan a couru pour L214 et nous le raconte

Les onze coureurs vegans du Marathon de Paris pour L214 ont tous été finishers ! Un grand bravo à eux, et surtout merci de si bien nous représenter.

Nous vous avions présenté Gurren Vegan, Audrey et Jean-Christophe.

Maintenant que les 42 km ont été glorieusement avalés, voici le récit que Gurren Vegan fait de cet événement…

arc

lunettes

Courir un marathon pour L214

Nous étions onze. Onze runners véganes à prendre le départ de ce 40e marathon de Paris. Mon premier à titre personnel, et ma première course tout court. A 38 ans.
Accueilli quelques jours plus tôt chez un ami, et malgré quelques derniers tours des jardins du Luxembourg, ma préparation aura été courte. Intense mais courte, 4 semaines au total. Un sacré défi.
Le matin du marathon les sensations sont bonnes : j’ai relativement bien dormi, j’avale 3 bananes, et mes jambes me semblent répondre. Pas trop de stress.
Sur les Champs-Elysées, je rejoins mon sas, 3h30 étant l’objectif ambitieux que je m’étais fixé. Je rejoins Flavien et Bertrand de la team L214 et à 9h le départ est lancé. Les premiers kilomètres sont fluides, le parcours légèrement en descente aide, et nous nous plaçons devant la meneuse d’allure. Aux 10 kilomètres tout se passe bien, j’ai opté pour des gels véganes de la marque GU, validés à l’entraînement, et j’en mange un en buvant une bouteille d’eau. Les dix kilomètres suivants sont avalés aussi rapidement, et le ravitaillement du 20e se profile. Je mange encore un gel, je bois une bouteille d’eau, et le premier semi est bouclé en 1h40, soit 5 minutes en avance sur le temps prévu. Erreur de débutant, même en ayant lu tous les articles qui disent de ne pas partir trop vite, ça m’arrive à moi. Mais ce n’est pas mon plus gros souci. Depuis le ravito du 20e, je me sens lourd, j’ai la vessie pleine et quelque chose ne va pas. J’ai de bonnes jambes, le cardio ok, mais une sensation de lourdeur. Au 23e, Flavien me dépasse et je lui dis que je vais m’arrêter sur le côté pour vider cette vessie, espérant un changement. Je dois le rejoindre d’ici deux kilomètres. Mais rien ne se passe, même la vessie vidée je suis toujours aussi tendu. Comme des crampes abdominales. Je ne sais même pas ce qui m’arrive. Moi qui cours à l’entraînement jamais en-dessous de 5:15/km, là je descends en 6:00. Je ne rattraperai pas Flavien, je suis seul, et il me reste 19km.

finishline

Vers le 27e kilomètre, il y a les fameux tunnels de l’avenue Pompidou. L’un d’entre eux me fait souffrir plus que de raison, je suis contraint de marcher, mon mental tombe en rade, mon objectif de temps s’est envolé, je dois faire face. J’essaye de me dire qu’il faut continuer, déjà sortir de ce maudit tunnel, et aviser au 30e kilomètre.
Je pense à ma famille, à l’association pour laquelle je cours, et lentement, je dois accepter le fait de ne plus courir pour un chrono mais pour finir. Etre finisher, un objectif bien maigre pour mes ambitions, mais un sacré challenge sur le moment. Car au 30e je trottine, je claudique, et faire 12 kilomètres ainsi me paraît le bout du monde.

J’avais pourtant bien dormi, bien déjeuné, ne subissait pas de stress trop marqué, mais ces gels ne passaient pas aujourd’hui. Celui du 30e, au beurre de cacahuète, sensé être un truc gourmand qui me redonnerait du courage, je le vomis presque. Il ne me fait pas envie. Je bois encore une bouteille. Je commence à croire que j’ai trop bu finalement, ou trop vite.

Au 35e l’objectif des 3h45 s’est envolé, et celui des 4h, soyons honnête, est en train aussi de se dérober. Je vois des grand-mères me doubler, des gamins, des gens en surpoids flagrant, et mon égo se prend gifle sur gifle. Jeune j’aurais probablement abandonné et utilisé les circonstances pour me dédouaner. Mais là j’accueille ce sentiment du mieux que je peux. Je ne cours pas (que) pour ma paillasse, je cours pour une asso qui travaille dur. Dont les militants et bénévoles s’arrachent jour après jour et donnent de leur temps, de leur vie, pour défendre les droits des animaux. Et que moi et mon petit mal de bide ça passe après. Je ne peux certes pas courir vite, mais le faire doucement ça passe. Je ferai mieux la prochaine fois. Peut-être. Aujourd’hui je dois faire avec ces circonstances, et trouver l’énergie de passer outre, de regarder la foule, de compatir à ces coureurs et coureuses qui tombent sur les côtés de la route, qui sont perclus de crampes. Au ravito du 40e un homme s’effondre devant moi et perds connaissance. J’ai de la chance. Il me reste deux kilomètres. Je suis tranquille désormais. Je goûte à ces sensations d’extrême fatigue musculaire, mais mon cardio est à 127 pulsations, je suis donc bien.

Un dernier virage au bois de Boulogne et la ligne d’arrivée se dessine, je profite. Je pense à ma famille, à tous les gens qui ont compté sur moi, qui m’ont soutenu ou aidé. Ce premier marathon restera une expérience particulière, douce-amère, mais c’est la mienne.

4:03:41
(je t’exploserai, chrono)

Nous avons contribué à soulever 1548€ pour l’association L214, merci à toute l’équipe !

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L’aventure de Gurren Vegan pour L214 en vidéo :

Et voici pour finir une parodie tournée avec Jihem Doe, qui raconte le marathon sous un autre angle !

>> La chaîne Youtube de Gurren Vegan

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A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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