Ségolène Royal et l’Assemblée nationale refusent de reconnaître des droits aux animaux sauvages

Lundi soir l’Assemblée nationale a rejeté les amendements d’une socialiste et des écologistes visant à reconnaître un statut aux animaux sauvages. Aujourd’hui ils restent considérés comme des  “choses” et vous pouvez leur faire subir des sévices graves et les torturer sans risquer grand chose aux yeux de la loi…

L’objectif de ces amendements était que les animaux sauvages dotés de sensibilité vivant à l’état de liberté et n’appartenant pas aux espèces protégées ne puissent être intentionnellement blessés, tués, capturés. Le texte précisait qu’ils soient vivants ou morts qu’on ne pouvait les transporter, colporter, vendre, ou acheter, sauf lors des activités régies par les règlements propres à la chasse, aux pêches, à la recherche scientifique ainsi qu’à la protection de la santé publique ou vétérinaire et de la sécurité publique.

Ségolène Royal opposée au changement de statut

L’UMP, Ségolène Royal, le Front de Gauche et le Parti Radical de Gauche se sont sévèrement opposés à ce texte. La ministre de l’écologie a précisé que ces textes n’auront “pas la moindre influence ni sur la corrida ni sur coqs de combat”  et que cela ne va pas “remettre en cause les activités de chasse et de pêche, règlementées” . Doit-on rappeler à Ségolène Royal que le combat de coqs est interdit en France ? Seul le Nord-Pas-de-Calais a obtenu une dérogation pour torturer les coqs ainsi que les régions d’outre-mer (la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe) et le Nord-Pas-de-Calais. Si vous faites un combat de coqs ailleurs en France, vous vous exposés à deux ans de prison et 30 000 € d’amende.

La député écologiste Laurence Abeille avait appelé à faire “une remarquable avancée” en adoptant “un amendement très populaire”. Malheureusement pour elle et pour les animaux ces amendements n’iront pas plus loin.

Les sévices graves envers les animaux sauvages ne seront pas condamnés

Les députés ont majoritairement supprimé à 15 voix pour contre 6 un article destiné à étendre aux animaux sauvages la répression pénale en cas d’acte de cruauté, de sévices graves ou de nature sexuelle. Les députés UMP qui ne veulent punir la maltraitance animale se sont défendus de la sorte : l’utilisation qui pourrait être faite de cette nouvelle disposition contre différents modes de chasse ou de capture, ou encore contre la régulation des espèces nuisibles, par certains adeptes du ‘welfarisme’ et autres opposants à toute forme d’utilisation animale“.

Les animaux sont des “choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous”

Selon l’exposé de l’amendement de la socialiste Geneviève Gaillard, rapporteure du projet de loi sur la biodiversité, les animaux sauvages qui ne sont classés ni chassables, ni nuisibles, ni protégées, sont désormais relégués à l’état de « biens qui n’ont pas de maître » ou de « choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous ».

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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